MÉDITATION SUR LA VANITE DES HONNEURS
LÀ gloire que le monde promet ne mérite pas que nous travaillions à l'acquérir, puisqu'elle ne peut remplir notre âme. Plus nous en avons, plus nous en sommes altérés. L'ambitieux a-t-il jamais dit : C'est assez ? Ses désirs lui causent plus de chagrin que ses honneurs ne lui procurent de plaisir. Mon cœur, quelle gloire attendons-nous de ce monde perfide ? Il promet les honneurs de la terre pour enlever ceux du ciel, il montre de faux biens pour ravir les biens; véritables. S. Cyprien.
II. Cette réputation, que vous estimez tant, ne dépend pas de vous : c'est un effet du caprice des hommes, qui estiment souvent ce qu'il faudrait
blâmer, et blâment ce qu'il faudrait estimer. De plus, il ne faut qu'un revers de fortune, qu'un moment de disgrâce pour ternir l'éclat de la plus haute réputation. Méprisons donc l'opinion des hommes, si injuste parfois, et toujours si inconstante. Si nous aimons la gloire, que ce soit là où elle 71 est jamais la récompense du vice. S. Pierre Chrysologue.
III. Toute gloire humaine finit avec la vie. Il faut laisser à la porte du tombeau les tiares, les couronnes et la pourpre. On vous louera peut-être en ce monde où vous ne serez plus ; mais à quoi vous serviront ces louanges, si l'on vous méprise et si l'on vous tourmente où vous serez ? Quand vous souffrez de quelque cruelle maladie, les louanges qu'on vous donne là où vous n'êtes pas, soulagent-elles vos douleurs ? Toute ma gloire désormais sera de m'humilier avec Jésus-Christ, comme Jésus-Christ et pour Jésus-Christ.
Pratique : Mépris des honneurs. — Prière : Pour les pauvres honteux.
Oraison.
Î^AITES, nous vous en prions, ô Dieu tout-puissant, que l'intercession du bienheureux martyr, Mammès, dont nous célébrons la naissance au cieî, nousfortifie dans l'amour de votre nom. ParN.-S. J.-C.
18 Août. — SAINT AGAPIT, Martyr.
Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais un esprit de force, d'amour et de modération. — S. Paul, II à Timothée, ch. j.
SAINT Agapit, martyr à Préneste,dans la Campagne romaine, fut arrêté à l'âge de 16 ans, fustigé avec des nerfs de bœuf, et jeté dans une
affreuse prison, où on le laissa quatre jours sans nourriture. L'ayant ensuite tiré de son cachot, on lui mit des charbons ardents sur la tête, et comme il ne cessait de rendre grâces à Dieu, on le suspendit par les pieds au-dessus d'un brasier ; on lui jeta ensuite de l'eau bouillante sur le corps et on lui brisa les mâchoires. Enfin, on le jeta aux lions, et, comme ceux-ci l'épargnaient, on mit fin à ses tourments, en lui tranchant la tête, vers l'an 273.