‹ La vie des saintsChapitre 62 sur 151 · MÉDITATION SUR LA PRESOMPTION DE SON SALUT · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LA PRESOMPTION DE SON SALUT

LA plupart des hommes vivent dans une vaine espérance du paradis. Personne ne veut être damné, personne ne croit l'être, et cependant personne ne fait ce qu'il faut pour éviter l'enfer. On pense toujours à la bonté de Dieu, rarement à sa justice. On se fait illusion sur l'exemple du bon larron, et on ne voit pas que cet illustre pénitent se convertit à un moment où tout le monde abandonnait Jésus, et qu'il obéit à la première inspiration de la grâce.

IL Sur quoi donc appuyez-vous cette confiance que vous avez de vous sauver? Est-ce sur vos bonnes œuvres ? Que faites-vous pour le ciel? Est-ce sur les mérites de Jésus-Christ? Il vous a racheté sans nulle coopération de votre part ; mais il ne vous sauvera pas, si vous ne coopérez à votre salut. Je le vois, vous fondez votre espérance sur la bonté de Dieu ; mais, parce que Dieu est bon, faut-il que vous soyez méchant et que vous péchiez autant de fois qu'il vous pardonne ? Tertullien.

III. Travaillez donc à votre salut avec crainte. Saint Pierre et sainte Marie Madeleine ont pleuré leurs fautes tout le reste de leur vie, quoiqu'ils fussent assurés d'en avoir obtenu le pardon. On a vu des saints, après avoir vieilli dans la solitude, trembler d'effroi à l'approche de la mort. Et vous, vous ne craignez rien ? D'où vient cette assurance ? N'est-ce point une marque de votre peu de foi, plutôt qu'une preuve de courage ? Je crains de quitter ce mo?ide et je tremble à Ventrée du port, parce que J ignore qui doit me recueillir au sortir de cette vie. S. Bernard.

Pratique : La défiance de soi-même. — Prière : Pour vos concitoyens.

Oraison.

EXAUCEZ-NOUS, ô Dieu, notre salut ; faites, qu'en nous réjouissant de la solennité de la bienheureuse Rosalie, votre vierge, nous sentions croître en nous l'esprit de piété, et que nous trouvions dans son intercession un abri contre les coups de votre colère. Par N.-S. J.-C.

5 Septembre. — SAINT LAURENT JUSTI- NIEN, Évêque et Confesseur.

Le disciple ?i est pas au-dessus de son maître ; mais tout disciple sera parfait, s'il est comme son maître. — J.-C, en S. Luc, ch. vj.

PLACE entre les agréments d'une position brillante et les austérités du cloître, Laurent se tourna vers Jésus crucifié. Seigneur, dit-il, vous êtes mon espérance; en vous se trouve mon refuge assuré ; et il entra dans la congrégation des chanoines réguliers de Saint-Georges, à Alga. Élevé au siège patriarcal de Venise, il continua à mener une vie simple et mortifiée, se retranchant même le nécessaire pour soulager les pauvres. Ce sont, disait-il, les portie7's du ciel, il faut les corrompre à prix d'argent. Il couchait sur la paille, et dans sa dernière maladie, il refusa le lit qu'on lui avait préparé, disant que son divin Maître était mort sur une croix. Il expira l'an 1455.

Méditation. — Le chrétien doit être disciple de Jésus-Christ.

JÉSUS-CHRIST est venu du ciel sur la terre pour nous enseigner une doctrine toute divine ; nous devons la posséder parfaitement. Rien de plus vrai que cette doctrine, rien de plus beau, rien

de plus nécessaire à l'homme. Pourquoi donc la négligeons-nous? Pourquoi quittons-nous cette source d'eau vive, pour nous désaltérer dans les citernes bourbeuses de l'Egypte?

II. La science du chrétien n'est pas une science purement spéculative : la doctrine que notre divin .Maître nous a enseignée, il ne suffit pas de l'admirer, il faut la réduire en pratique. Pour la bien entendre, il faut imiter Jésus-Christ, notre Maître, car >a doctrine n'est autre chose que l'abrégé de ses actes. O mon divin Maître, apprenez-moi à vous aimer et à vous imiter. La religion chrétiemie consiste

■ imiter ce que nous honorons. S. Augustin.

III. La vie du Sauveur a été un enseignement continuel. Dans la crèche, il nous prêche la pauvreté ; sur la montagne, il nous enseigne l'humilité ; du haut de la croix, l'amour des souffrances. Retenez bien ces trois grandes leçons, et surtout, mettez-les en pratique. Si personne ne vous crucifie, vous-même rrucifiez-vous par une mortificatio?i continuelle. S. Chrysologue.

Pratique: L'imitation de Jésus-Christ. — Prière: Pour les prédicateurs de l'évangile.

Oraison.

DIEU tout-puissant, faites, nous vous en prions, que l'auguste solennité du bienheureux Laurent, votre confesseur pontife, accroisse en nous l'esprit de dévotion et le désir du salut. ParN.-S. J.-C.

6 Septembre. — SAINT ÉLEUTHÈRE, Abbé.

•Sz vous voulez entrer dans la vie, gardez les commandements. — J.-C, en S. Matthieu, ch. xix.

SAINT Éleuthère imita fidèlement les admirables vertus de saint Grégoire le Grand, son maître dans la vie spirituelle. Le démon, chassé par ses prières du corps d'un enfant, y rentra parce que saint Eleuthère s'était vanté de ce miracle en présence de ses religieux. Le saint se mit en prières avec toute sa communauté et jeûna jusqu'à ce que le démon eût quitté cet enfant pour la seconde fois.

MÉDITATION SUR LES COMMANDEMENTS DE DlEU.

^J OU S devons observer tous les commandements \ de Dieu, autrement il faut renoncer au paradis. Dieu est notre souverain Seigneur, il a droit de nous commander; nous, ses serviteurs, nous devons lui obéir. Les sujets doivent à leurs princes le respect, la fidélité, l'obéissance ; les hommes ont envers Dieu les mêmes devoirs à remplir. Si vous vous acquittez de ces trois devoirs, vous observez ses commandements. Que faites-vous ? Rappelez-vous bien que vous ne pouvez servir deux maîtres : Dieu et le monde.

II. Il n'y a rien d'impossible, rien même qui ne soit facile dans tout ce que Dieu nous ordonne. Dieu est le souverain de toutes les créatures ; ainsi ses commandements obligent tous les hommes. Dieu est très sage, il ne commande rien d'impossible ; Dieu est très bon, ce qu'il commande est facile. Tant de personnes de tout âge, de tout sexe et de toute condition gardent les commandements ; pourquoi ne les imiteriez-vous pas, avec l'aide de Dieu ?

III. Observez donc tous les commandements ; celui qui en transgresse un seul sera condamné comme s'il les avait tous enfreints. Observez-les dès maintenant, de peur que la mort ne vous surprenne. Obéissez joyeusement, vous servez un grand Roi et un bon Maître. Obéissez courageusement, car : II faut supporter tous les maux plutôt que de commettre un seul péché. S. Augustin.

Pratique : L'observation des commandements. — Prière : Pour ceux qui sont en péché mortel.

Oraison.

FAITES, nous vous en supplions, Seigneur, que l'intercession de l'abbé saint Éleuthère nous rende agréables à votre Majesté, afin que nous obtenions par ses prières ce que nous ne pouvons espérer de nos mérites. Par N.-S. J.-C.

7 Septembre. — SAINTE REINE, Vierge et Martyre.

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? — S. Paul aux Romains, ch. viij.

C^ETTE jeune Vierge, en lisant la vie des raary tyrs, avait conçu le plus vif désir de donner, comme eux, sa vie pour Jésus-Christ. Le préfet Olibrius, à qui elle fut livrée comme chrétienne, chercha à la gagner par ses promesses ; mais ne pouvant réussir de cette manière, il eut recours aux plus cruels tourments. Reine, consolée par la vue d'une croix lumineuse qui touchait de la terre au ciel, supporta courageusement le martyre.

MÉDITATION SUR LA CONFIANCE EN DlEU.

IL y a des personnes qui vivent toujours dans Ja crainte des maux à venir. C'est une illusion du démon ; chassez ces vaines frayeurs. Pourquoi cher-' cher dans l'avenir des sujets de crainte et de tristesse? Le tem'ps présent ne nous en fournit que trop. Ayez confiance en Dieu, il vous a secouru par le passé, il le fera encore à l'avenir. Appuyez-vous sur Dieu, il ne se retirera pas afin de vous laisser tomber; jetez-vous dans ses bras avec une entière confiance, il vous recevra et vous guérira. S. Augustin.

IL Si les maux que vous redoutez, fondent sur vous ; si la pauvreté, la calomnie, le déshonneur, la maladie vous atteignent, ne désespérez pas pour cela. Quand vos souffrances paraissent sans remède, c'est alors que vous devez redoubler de confiance en Dieu ; c'est lorsque le monde nous abandonne qu'il se plaît à venir à notre aide. Mettez tout votre espoir en lui : sa main n'est pas moins puissante, son cœur n'est pas moins tendre qu'autrefois. Quels prodiges n'a-t-il pas opérés en faveur de ses fidèles serviteurs ? Ne vous a-t-il pas donné à vous-même infiniment plus que vous ne pouvez lui demander, puisque, pour vous, il a créé le monde et sacrifié son Fils unique ?

III. Recourez à Dieu en toute circonstance, mais surtout dans les afflictions. Invoquez-le, et ayez confiance en lui, comme si vous n'attendiez rien de vous-même. Cependant travaillez de votre côté ; employez, pour arriver à vos fins, tous les moyens honnêtes et licites, comme si vous n'attendiez rien de Dieu. Ne vous abandonnez pas, et il ne vous abandonnera pas, surtout, si à la confiance, vous savez joindre l'humilité.

Pratique : La confiance en Dieu. — Prière : Pour ceux qui vous gouvernent.

Oraison.

QUE la bienheureuse Reine, Vierge et martyre, implore pour nous votre miséricorde, Sei- *~^> gneur, elle qui vous a toujours été agréable par le mérite de sa chasteté et par son courage à confesser votre Nom. Par N.-S. T--C.

8 Septembre. — NATIVITE DE LA B. V.

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