‹ La vie des saintsChapitre 64 sur 151 · MÉDITATION SUR L'ÉTERNITÉ · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR L'ÉTERNITÉ

IL y a une éternité de bonheur ou de malheur pour vous ; c'est une vérité dont nul chrétien ne peut douter. Comprenez-vous cette parole: Eternité? Y pensez-vous ?Travaillez-vous pour larendre heureuse? O éternité, que ta pensée a peuplé de solitudes ! Qu'elle a fait de saints! Pensez jour et nuit à ces deux mots: Je serai éternellement heureux, ou éternellement malheureux. Eternité! Eternellement

malheureux! ....

II. La fin de la vie est le commencement de l'éternité; il n'y aura plus de temps, vous ne pourrez plus rien faire pour gagner le ciel, ni pour éviter l'enfer. O moment de la mort, moment effroyable, duquel

•dépend une éternité de bonheur ou de malheur' •Quand arrivera ce moment? Peut-être aujourd'hui; et, insensé que je suis, je n'y pense pas ! Pourquoi ne pas employer le temps que Dieu me donne à me procurer une éternité bienheureuse? Méditez cette devise d'un grand prélat: L éternité dépend d'un moment.

III. L'éternité est une couronne de gloire poulies bienheureux, et une couronne de souffrances pour les damnés. Elle commence toujours et ne finira jamais. Les damnés sauront et ils croiront que leurs supplices dureront pendant toutel'éternité, sans relâche, sans interruption, sans espérance de consolation. Éternité, éternité! Que ton souvenir est effrayant, mais qu'il est salutaire! Pensons-y. On ne ^saurait prendre assez de précautioîis, lorsque V éternité est en danger. S. Bernard.

Pratique: La pensée de l'éternité. — Prière : Pour la conversion des pécheurs.

Oraison".

SEIGNEUR, que votre martyr Gorgonius nous favorise de son intercession, et nous fasse célébrer avec joie sa pieuse solennité. Par N.-S. J.-C.

10 Septembre. — SAINT NICOLAS DE TO- LENTIN, Confesseur.

J'ai appris à être content dans Vétat où Je me trouve Je sais vivre pauvrement, je sais vivre dans l'abondance; ayant éprouvé de tout ', je suis fait à tout. — S. Paul aux Philippiens, ch. iv.

SAINT Nicolas de Tolentin, malgré les austérités aux quelles il soumettait son corps, avait constamment le sourire sur les lèvres. Six mois avant sa mort,

il entendait toutes les nuits les concerts des anges. Méditez trois belles paroles de ce saint: Le cœur qui a une fois quitté Dieu, ne trouve plus rien sur la terre qui lui plaise; Il ne faut aimer la vie que parce qu'elle nous conduit à la mort; En peu de temps nous pouvons gagner l'éternité. Il mourut en 1306.

Méditation. — Trois avis pour vivre heureux CHACUN DANS SON ETAT.

VIVEZ heureux et content dans la position où Dieu vous a placés. Ne soyez point du nombre de ces personnes qui s'ingénient à se rendre malheureuses, soit en exagérant les maux qui leur arrivent, soit en comparant leurs malheurs imaginaires à la félicité apparente des autres. Dieu vous a mis' dans cet état, demeurez-)', vivez-y content et joyeux; Dieu le veut. Salomon a dit avec raison : J'ai reconnu qu'il n'y avait rien de meilleur que de se réjouir et de faiî'e le bien pendant sa vie.

IL Contentez-vous de la fortune et des talents naturels que Dieu vous a donnés, et n'en désirez pas davantage. Dieu sait ce qu'il vous faut; peut-être vous seriez-vous damné, si vous eussiez eu plus d'esprit, plus de santé, plus de richesses. Le bonheur ne réside ni dans la science, ni dans les richesses, ni dans les autres biens de ce monde; il existe dans la possession de Dieu. Ce ne sont pas les richesses qui rendent heureux, mais Dieu, qui est la vraie richesse de nos âmes. S. Augustin.

III. Contentez-vous aussi des biens que vous avez reçus dans l'ordre de la grâce, et ne vous tourmentez pas inutilement à en désirer de plus grands. Employez comme il faut les grâces que Dieu vous accorde, et les talents qu'il vous confie; il ne demande pas autre chose de vous. Songez, pour adoucir vos

souffrances, que vous avez mérité l'enfer par vos péchés, et pleurez continuellement les désordres de votre vie passée. La véritable componction produit la grâce et la joie de l'âme, et les larmes de la pénitence sont infiniment plus douces que les jouissances des pécheurs.

Pratique: La conformité à la volonté de Dieu. — Prière: Pour ceux qui sont dans l'affliction.

Oraison.

SEIGNEUR, écoutez favorablement les humbles prières que nous vous adressons en la solennité de votre confesseur saint Nicolas de Tolentin, afin que, ne mettant point notre confiance dans notre justice, nous soyons secourus par les prières de celui qui vous a été agréable. Par N.-S. J.-C.

11 Septembre. — SAINTS PROTE et HYA- CINTHE, Martyrs.

Je vous le dis, il y mira plus de joie dans le ciel pozir un seul pécheur quijait pénitence, que pour quatre-vingtdix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pétiitence. — J.-C, en S. Luc, ch. xv.

LES deux frères Prote et Hyacinthe, chambellans de sainte Eugénie, et baptisés avec elle par l'évêque Hilaire, s'adonnèrent à l'étude des. maintes Écritures. Après avoir séjourné quelque temps dans un monastère d'Egypte et l'avoir édifié par leur humilité et leur sainteté, ils suivirent sainte Eugénie à Rome. Arrivés dans cette ville sous le règne de Julien, ils furent arrêtés, cruellement flagellés et enfin décapités.

M ÉDITATIONSURTROISMOYENSDE FAIRE PÉNITENCE.

LA pénitence doit être intérieure; pour cela le pécheur doit offrir à Dieu un cœur contrit et humilié, recevoir avec patience et résignation toutes les afflictions qui lui sont envoyées et les faire servir à l'expiation de ses péchés. Vous souffrirez avec patience, si vous considérez que ces douleurs passagères peuvent vous exempterdes supplices éternels que vous avez mérités. Le pécheur est lui-même la cause de ses souffrances. Nous ?ie pouvo?is imputer à Dieu aucun des maux que nous souffrons, nous en sommes nous-mêmes les auteurs. S. Salvien.

IL Privez-vous, par esprit de pénitence, des plaisirs qui ne sont pas défendus par la loi de Dieu. Vous ne méritez pas de goûter les jouissances que l'on trouve dans la possession des choses créées, après en avoir tant abusé pour offenser le Seigneur. C'est aux âmes innocentes de jouir des plaisirs permis ; quant aux pécheurs, ils doivent faire pénitence et se persuader que Dieu ne prolonge leur vie que pour leur donner le temps d'expier leurs péchés.

III. Ce n'est pas assez ; il faut encore s'imposer des mortifications corporelles, pour expier le plaisir que l'on a goûté à offenser Dieu. Les saints ont toujours pratiqué ces austérités; dans leur histoire, on ne parle que de veilles, de jeûnes, de cilices,de'disciplines.. Croyons-nous être plus innocents qu'ils ne l'étaientPLechemindu cieln'est pasplus largeniplus commode pour nous qu'il ne l'a été pour eux. Ne nous nattons pas; faisons pénitence, et ne retombons plus dans les mêmes péchés. Là où il n'y a pas d? amendement, il n'y a qu'une pénitence vaine. Tertullien.

Pratique : La pénitence. — Prière : Pour la conversion des pécheurs.

Oraison.

SEIGNEUR, que la précieuse confession de vos bienheureux martyrs Prote et Hyacinthe ranime notre zèle, et que leur pieuse instruction nous protège constamment. Par N.-S. J.-C.

12 Septembre.— SAINT SACERDOS, Evêque et Confesseur.

Pourvu que JÉSUS-Christ soit annoncé d'une façon quelconque, que ce soit par occasion, ou par un vrai zèle, je ni en réjouis, et je nie?i réjouirai toujours. — S. Paul aux Philippiens, ch. j.

LA ville de Lyon, connaissant le zèle ardent de saint Sacerdos, le choisit pour son évêque. Mais le saint refusa, et il ne fallut rien moins qu'un ordre exprès du roi pour l'obliger à accepter cette dignité. Il donna au concile d'Orléans des preuves d'une science admirable. Sentant ses forces diminuer, il demanda un coadjuteur au roi Childebert, et il ne songea plus qu'à se préparer à la mort. Quand vous préparerez-vous à mourir ?

Méditation. — Quel doit être le zèle d'un chrétien.

VOTRE cœur doit brûler de zèle pour la gloire de Dieu, et ce zèle vous devez le faire paraître en publiant ses louanges, en attirant les autres à son service, en ornant ses autels, en un mot, en faisant tout ce qui peut contribuer à augmenter sa gloire. Voulez-vous travailler avec fruit au salut des âmes ? Faites que vos actions parlent pour vous.

Commandez peu aux autres, faites beaucoup vous-même. S.Pierre Chrysologue.

II. Que la recherche de vos intérêts n'altère jamais la pureté de votre zèle. Combien vous seriez malheureux de chercher votre propre gloire, sous prétexte de travailler à celle de Dieu ! Sacrifiez votre réputation, cherchez Dieu uniquement ; si vous êtes généreux envers lui, vous ressentirez bientôt les effets de sa libéralité. Réjouissez-vous de voir les autres travailler à sa gloire avec plus de succès que vous. Examinez vos plus saintes actions, et vous trouverez souvent que la vanité, l'intérêt et d'autres motifs humains vous font agir, alors même que vous paraissez travailler uniquement pour la gloire de Dieu.

III. La prudence et la charité doivent animer votre zèle, de peur qu'il ne devienne inutile et même nuisible au prochain et à vous-même. Peut-être négligez-vous votre salut pour travailler au salut de vos frères ; c'est une charité mal réglée que de se perdre pour sauver les autres. Que vos actes soient en harmonie avec vos paroles, autrement vous vous exposez à vous entendre dirt plus tard : Vous prêchiez Dieu et vous ne le cherchiez pas ; vous détestiez le démon en paroles et vous Fadoriez en effet. Ter-

TULLIEN.

Pratique : Le zèle des âmes. — Prière : Pour vos pasteurs.

Oraison.

FAITES, ô Dieu tout-puissant, que l'auguste solennité du bienheureux Sacerdos, votre confesseur pontife, augmente en nous l'esprit de dévotion et le désir du salut. Par N.-S. J.-C.

*# Jo

13 Septembre. — SAINT AME, Abbé.

Celui qui est fidèle dans les moindres choses, lest aussi dans les grandes. — J.-C, en S. Luc, ch. xvj.

SAINT Amé naquit à Grenoble, vers le milieu du VIe siècle, et fut élevé dans le monastère d'Agaume où il prit l'habit religieux. Après avoir passé quelques années dans son monastère, il se retira, du consentement de son abbé, dans une caverne située au haut d'un rocher. Il passa trois ans dans cette solitude, jeûnant au pain et à l'eau et opérant de nombreux miracles. A la demande de saint Eustache, abbé de Luxeuil, il s'associa à ses travaux apostoliques ; et il opéra un grand nombre de conversions. Il détermina un seigneur d'Austrasie, saint Romaric, à quitter le siècle, et ils fondèrent ensemble le monastère de Saint-Mont. Sévère pour lui-même, indulgent pour le prochain, saint Amé sut, par sa douceur et sa charité, se concilier l'amour de Dieu et des hommes. Il mourut sur la cendre, revêtu d'un cilice.

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