MÉDITATION SUR L'EXALTATION DE LA CROIX
L'AMOUR de la croix nous élève au-dessus de toutes les créatures. Donnez-moi un homme qui aime les souffrances, il est à l'abri de tous les coups de la fortune : la maladie, la pauvreté, le déshonneur ne sauraient troubler son repos. Pourquoi? Parce qu'il désire les afflictions et les souffre avec joie pour l'amour de Jésus-Christ. Tout ce qui est pour vous un sujet de crainte et de tristesse, est un bonheur pour lui. Le chrétien peut paraître malheureux, il ne V est jamais. Minutius.
IL Celui qui aime la croix est élevé au-dessus de lui-même. Ce n'est plus un homme soumis à ses passions, tyrannisé par la concupiscence, amolli par les délices. Il n'a qu'un seul désir, celui de souffrir
une seule crainte, celle de ne souffrir pas ; et comme en cette vie les occasions de souffrir se rencontrent à chaque pas, il est toujours content et joyeux.
III. Celui qui aime la croix ressemble à Jésus" crucifié ; il le contemple, et il se réjouit de voir que les souffrances font de lui une fidèle image du Sauveur. Il est crucifié au monde, il est mort à lui-même. Attachez-moi à la croix, ô mon Jésus, sans tenir compte des répugnances de ma chair ; car je vous dois mon âme et mon corps, comme à mon Rédemp- ' teur. Que mon corps donc soit crucifié, couronné d'épines, et semblable à ce corps adorable que vous avez offert au Père éternel pour moi ! Si vous devez votre corps à Jésus, donnez-le-lui, si vous le pouvez, tel qu'il a donné le sien pour vous. Tertullien.
Pratique : L'amour de la croix. — Prière : Pour les âmes du purgatoire.
Oraison.
ODIEU, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie dans la solennité de l'Exaltation de la sainte Croix, faites, nous vous en prions, qu'après en avoir connu le mystère ici-bas, nous méritions d'aller au ciel goûter les fruits de sa rédemption. Par N.-S. J.-C.
15 Septembre. — SAINT N1COMEDE, Martyr.
Ceci est mon corps, qui sera livré pour vous; faites ceci en mémoire de moi.]. -C, en S. Luc, ch. xxij.
SAINT Nicomède, prêtre de Rome, fut arrêté durant la persécution de Domitien à cause de son zèle à ensevelir les corps des saints martyrs. Il
refusa de sacrifier aux idoles, disant que le sacrifice n'était dû qu'au seul vrai Dieu qui règne dans le ciel ; pour le punir, on le fit frapper avec des martinets garnis de plomb. Il expira dans ce supplice, et son corps, jeté dans le Tibre, fut recueilli par un de ses lévites et enterré sur la voie Nomentane.