MÉDITATION SUR TROIS PENSEES DE SAINT CYPRIEN
N'EST-CE pas une grande folie, dit ce grand saint, d'aimer cette vie où l'on souffre tant, et de fuir la mort qui doit nous délivrer de tous nos maux? Chrétiens, vous croyez au paradis; pourquoi donc vous attachez-vous à cette vie qui vous en tient éloignés ? Pourquoi craignez-vous la mort qui met fin à vos peines et commence votre bonheur ? Si vous aviez une foi vive, seriez-vous dans ces sentiments ? Quelle folie d'aimer les afflictions, les peines et les larmes du monde, et de ne pas nous précipiter vers u?i bonheur qui ne peut nous être enlevé ! S. Cyprien.
II. Pourquoi aimez-vous le monde avec ses plaisirs et ses honneurs ? Si vous n'écoutez pas ses maximes, si vous ne suivez pas ses exemples, il vous méprise et vous maltraite ; si vous faites sa volonté, il devient votre ami, il vous flatte et vous caresse, mais ce n'est que pour vous perdre plus sûrement. Pourquoi donc aimer votre ennemi ? Pourquoi l'aimer, quand vous savez que votre complaisance ne le satisfera jamais et que ses plaisirs ne vous rendront jamais heureux ?
III. Pourquoi n'aimez-vous pas Jésus-Christ? Il vous a aimé lorsque vous étiez son ennemi ; il est mort pour vous sur une croix; il vous promet le ciel en récompense de votre amour. Cependant, bien loin de l'aimer, vous l'offensez tous les jours; vous vous rangez du parti du démon, son adversaire. Que vous a fait Jésus-Christ pour le traiter si cruel-
lement ? Puisque le monde vous déteste, pourquoi aimez-vous celui qui vous liait? Que ?f aimez-vous plutôt celui qui vous a racheté ? S. Cyprien.
Pratique : Le mépris du monde. — Prière : Pour ceux qui sont en péché mortel.
Oraison.
FAITES, nous vous en prions, Seigneur, que la solennité des bienheureux martyrs et pontifes, saints Corneille et Cyprien, nous fasse ressentir les effets de leur protection, et que leur intercession glorieuse nous rende agréables à votre divine Majesté. Par N.-S. J-C.
17 Septembre. — Impression des sacrés Stigmates de SAINT FRANÇOIS.
Quelqu'un d'entre vous est-il triste ? Qu'il prie ! — S. Jacques, ch. v.
SAINT François d'Assise, un jour qu'il était en prières, vit Jésus-Christ lui apparaître sous la forme d'un Séraphin crucifié. La vue de son Sauveur luicausaune joie inexprimable, mais son crucifiement lui perça l'âme comme un glaive acéré. Après un secret entretien, la vision disparut, laissant l'âme de François embrasée d'une ardeur séraphique et son corps marqué des plaies du divin Rédempteur. Le saint religieux s'efforça de cacher aux yeux des hommes la faveur qui lui avait été faite, mais Dieu se plut à la signaler par d'éclatants miracles.
Méditation. — Comment il faut vaincre la tristesse.
QUAND nous sommes accablés sous le poids de la tristesse, quand la malice de nos ennemis, l'infidélité de nos amis,les souffrances de notre corps et tant d'autres accidents fâcheux nous abreuvent d'amertume, nous cherchons un ami fidèle, pour décharger notre cœur dans le sien. Où trouver un ami plus fidèle que Jésus ? Allons donc au pied des autels, racontons-lui le sujet de nos larmes, prions-le de nous délivrer de nos peines. Interrogeons-le, écoutons ce qu'il nous dira au fond du cœur, et nous serons bientôt consolés. Je ??ie suis souvenu de vous, Seigneur \ et fai été dans la joie. Psaumes.
II. Pour chasser la tristesse, considérons qu'il y a beaucoup de personnes plus malheureuses que nous. Tant de pauvres dans les hôpitaux, tant de malades dans leurs lits souffrent bien plus que nous ! Les saintes âmes dans le purgatoire, les damnés en enfer, souffrent des tourments bien autrement cruels que ceux qui nous font gémir. Acceptons de bon cœur cette tristesse, pour expier nos fautes. Si une heure de chagrin vous est insupportable, comment souffrirez-vous les supplices éternels de l'enfer ? Pensez à cette vérité et vous ne verserez plus de larmes que pour effacer vos péchés.
III. Pensez à la tristesse qui s'empara du cœur de Jésus-Christ dans le jardin des Oliviers; pensez aux tourments qu'il -endura pour vous sur la croix, et dites avec lui : Mon Père, que votre volonté soit faite ; si vous voulez que je gémisse durant toute ma vie, je me soumets à votre volonté sainte. Après tout, nous ne devons pas espérer d'être toujours
joyeux et contents, puisque Jésus-Christ et les saints ont toujours été dans les afflictions et dans les larmes. Seigneur, je veux pleurer avec vous, puisque nul ne peut se réjouir sur la terre avec le mauvais riche et régner avec Dieu dans le ciel. Les chrétiens doivent redouter les joies de la vie présente et désirer les souffrances avec ardeur. S. Chrysostome.
Pratique : L'oraison. — Prière : Pour les ordres religieux.
Oraison.
OEIGNEUR Jésus-Christ, qui pour tirer ^5 Ie monde du refroidissement où il était tombé, et enflammer nos cœurs du feu de votre amour, avez imprimé sur le corps du bienheureux François les sacrés stigmates de votre passion, daignez en vue de ses mérites et de son intercession, nous accorder la grâce de porter constamment la croix et de faire de dignes fruits de pénitence. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.
18 Septembre. — SAINT JOSEPH de CUPER- TINO, Confesseur.
Ar?nons-nous en revêtant pour cuirasse la foi et la charité, et pour casque F espérance du salut. — S. Paulr I aux Thessaloniciens, ch. v.
SAINT Joseph déclara de bonne heure la guerre à la chair et au monde. Bien avant son entrée en religion, il portait un rude cilice et macérait son corps par diverses austérités. Admis d'abord comme frère convers chez les conventuels, il fut ensuite, à cause de ses éminentes vertus, reçu parmi les' reli-
gieux de chœur. Ordonné prêtre en 1628, il se retira dans une cellule incommode, se dépouilla de tout •ce qui lui était accordé par la règle, et se jetant aux pieds de son crucifix : Seigneur, s'écria-t-il, me voilà dépouillé de toutes les choses créées. Soyez mon unique trésor ; je regarde tout autre bien comme un danger, comme la perte de mon âme. Le Seigneur, pour récompenser sa générosité, le favorisa de nombreuses ■extases, et lui accorda les dons de miracles, et de prophétie. Il mourut le 18 septembre 1666.