‹ La vie des saintsChapitre 69 sur 151 · MÉDITATION SUR LES LARMES DU CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LES LARMES DU CHRÉTIEN

IL y a des circonstances où le chrétien ne triomphe que par la fuite. La chasteté est un de ces combats. Voulez-vous y remporter une victoire assurée ? Fuyez les occasions, parce que vous avez votre corps contre vous; c'est un ennemi domestique qui est d'intelligence avec le démon, et qui vous trahira. N'ayez pas honte de fuir, si vous désirez obtenir la couronne de la chasteté. S. Augustin.

II. Ne résistez point à ceux qui vous accablent d'injures et de railleries sanglantes, qui vous méprisent, vous calomnient ou vous maltraitent de quelque façon que ce soit ; taisez-vous, ne cherchez pas k les confondre, ne leur rendez pas le mal pour le mal. Oh ! qu'il est difficile de se retenir en ces occasions ; mais que la victoire que vous remportez sur vous-même est agréable à Jésus-Christ ! Le divin Maître ne répondit rien aux railleries et aux calomnies des Juifs. Imitez-le.

III. La foi, l'espérance et la charité sont les trois armes que saint Paul nous présente pour nous faire triompher de nos ennemis. Considérez des yeux de la foi ce que Jésus-Christ a souffert, et vos souffrances vous paraîtront légères ; levez vos

regards au ciel, et l'espérance d'obtenir la couronne soutiendra votre courage ; aimez Dieu, et ses commandements n'auront plus rien de pénible pour vous. Où il y a amour, Un* y a point de peine, ou si la peine existe, elle devient aimable. S. Augustin.

Pratique : La fuite des occasions. — Prière : Pour ceux qui sont tentés.

Oraison.

ODIEU qui avez voulu que votre Fils unique, élevé de terre, attirât tout à lui, faites, je vous en conjure, par les mérites du séraphique Joseph, votre confesseur, qu'élevés à son exemple au-dessus de toutes les choses terrestres, nous méritions de parvenir à ce même Jésus-Christ qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles.

19 Septembre.— SAINT JANVIER, Évêque, et ses Compagnons, Martyrs.

Je ne sais d'où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers oTiniqiiité : là seront les pleurs et les grincements de dents. — J.-C, en S. Luc, ch. xiij.

SAINT Janvier, évêque de Bénévent, fut jeté dans une fournaise ardente ; mais les flammes ne lui firent aucun mal. Il se mit à chanter les louanges de Dieu, et les anges répondirent à sa voix par un concert harmonieux. Il fut mis à la torture, puis exposé aux lions, enfin condamné à mort. Le juge avait à peine prononcé sa sentence, qu'il fut frappé de cécité ; mais saint Janvier lui rendit la vue et par ce miracle convertit cinq mille païens. Le tyran, irrité de voir cette multitude de peuple renoncer

aux idoles, condamna son bienfaiteur à avoir la tête tranchée en 306. Festus diacre, et Didier, lecteur, partagèrent son martyre et sa gloire.

Méditation. — Trois considérations sur

l'enfer.

LE feu qui torture les damnés est un feu ardent, mais sans lumière ; ce sont les ténèbres extérieures dont parle l'Évangile. Dans ces ténèbres on trouvera tous les maux imaginables, sans mélange d'aucun bien. Pensez à tous les supplices qu'ont endurés les martyrs, aux douleurs que causent les plus cruelles maladies, et dites après cela : L'enfer est quelque chose de plus effroyable que tous ces tourments. Il faudrait concevoir la toute-puissance de Dieu et la malice du péché, pour comprendre la grandeur des supplices de l'enfer. Les feux de V enfer sont le trésor de la colère de Dieu. Tertullien.

II. Représentez-vous tous les misérables que les démons tourmentent dans ces flammes. Ecoutez leurs plaintes, leurs lamentations, leurs horribles blasphèmes. Pensez à l'odeur infecte qu'ils respirent, au fiel dont ils sont abreuvés, au feu qui pénètre tous leurs os. Faut-il m'exposer à ces souffrances pour un plaisir d'un moment !

III. La mémoire des damnés leur représentera les misérables plaisirs qui ont causé leur perte, et le peu de temps qu'il leur eût fallu pour se sauver. Leur intelligence concevra alors la grandeur du bien qu'ils ont perdu et du mal où ils se sont précipités. Leur volonté restera à jamais obstinée dans le mal ; ils voudront mourir pour ne plus souffrir : il n'y aura plus de mort même. Faisons pénitence,

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maintenant qu'il en est temps encore. 77 sera trop tard de nous repentir en présence du feu de V enfer, qui pénétrera jusqu'à la moelle de nos os, jusqu'à nos pensées. Eusebe.

Pratique : La pensée de l'enfer. — Prière : Pour les âmes du purgatoire.

Oraison.

ODIEU, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie dans la solennité de vos saints martyrs Janvier et ses compagnons, faites dans votre bonté, qu'en nous réjouissant de leurs mérites, nous sentions notre piété s'enflammer au spectacle de leurs vertus. Par N.-S. J.-C.

20 Septembre. — SAINT EUSTACHE et ses

Compagnons, Martyrs.

Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur j je vous le . dis encore une fois, réjotiissez-vous. — S. Paul aux Philippiens ch. iv.

SAINT Eustache était un officier de l'armée de Vespasien. Un jour qu'il poursuivait un cerf, il vit un crucifix entre les bois de cet animal. Il se convertit et se fit baptiser avec toute sa famille. Dieu lui fit comprendre alors ce qu'il aurait à souffrir pour sa gloire. En effet, il fut réduit au plus complet dénùment, et tandis qu'il fuyait loin de sa patrie, il se vit enlever en route sa femme et ses deux fils. L'empereur Trajan, l'ayant fait chercher, lui donna le commandement de ses armées. Il remporta la victoire, retrouva sa femme et ses enfants ; mais ayant refusé de rendre grâce aux

dieux de sa victoire, il fut jeté aux lions avec sa femme et ses enfants. Épargnés par les lions, ils furent enfermés dans un taureau d'airain sous lequel on avait allumé un grand feu, et expirèrent en chantant les louanges de Dieu, l'an 120.

Méditation. — Il faut être toujours joyeux.

DIEU commande aux justes de se réjouir : il y a des plaisirs innocents qu'il leur permet ; mais il faut chercher Dieu en ces divertissements, et l'y trouver, comme saint Eustache trouva Jésus- Christ à la chasse. Au sein de la joie, rappelezvous la tristesse de Notre-Seigneur, et ne renouvelez pas les douleurs de .sa passion par vos plaisirs criminels. Ne pouvo?is-nous pas rire et nous livrer à la joie sans que nos divertissements soient un crime devant Dieu ? Salvien.

II. Réjouissez-vous au milieu de vos plus cruelles afflictions, à l'exemple de saint Eustache, qui supporta avec patience la perte de sa femme, de ses enfants et de tous ses biens, parce que la volonté de Dieu s'accomplissait en lui. O que cette pensée est consolante pour un cœur affligé : Dieu veut que je sois dans l'affliction, il y trouve sa gloire ; c'est mon plus grand bien ! Mon Dieu, que votre volonté soit faite ; je m'en réjouis et je m'en réjouirai toujours, Si mon corps gémit parce qu'il souffre, mon âme se réjouira parce qu'elle vous obéit.

III. Si Dieu vous retire les consolations spirituelles qu'il vous donnait dans l'oraison, humiliez-vous ; mais soyez content et joyeux d'accomplir la volonté de Dieu. Ne vous laissez point aller au relâchement, n'abandonnez aucun de vos exercices de dévotion : Dieu ne se retire que pour vous éprouver et vous humilier. Mon Dieu, c'est vous que je cherche

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dans mes oraisons, et non pas vos consolations. Pourquoi détournez-vous votre visage de moi, vous qui êtes toute ma joie ? Où étes-vous cachée, beauté après laquelle je soupire? S. Augustin.

Pratique : La joie spirituelle. — Prière : Pour les affligés.

Oraison.

ODIEU, qui nous accordez la grâce de célébrer la naissance au ciel de vos martyrs saint Eustache et ses compagnons, faites-nous jouir avec eux de la félicité éternelle. Par N.-S. J.-C.

21 Septembre. — SAINT MATTHIEU, Apôtre et Évangéliste.

Comme JÉSUS sortait de là, il vit un homme nommé Matthieu, assis au bureau des impôts ; il lui dit : Suivez-moi ; et lui, se levant, le suivit. — S. Matthieu, ch. ix.

SAINT Matthieu quitta volontairement, pour suivre Jésus-Christ, les richesses qu'il avait amassées en percevant les impôts. Après l'Ascension, il alla prêcher l'Evangile en Ethiopie et y fit de nombreuses conversions. La fille du roi, nommée Iphigénie, lui ayant entendu faire l'éloge de la virginité, s'engagea par vœu, avec deux cents jeunes filles, à garder la chasteté, perpétuelle. Hirtace ayant voulu l'épouser, saint Matthieu encouragea cette princesse à demeurer fidèle à son vœu. Ce barbare envoya des soldats qui massacrèrent le saint apôtre au pied de l'autel.

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