MÉDITATION SUR SAINT MATTHIEU
NOTRE-SEIGNEUR, voyant saint Matthieu assis à un bureau de péage, l'appela pour en faire son disciple. Saint Matthieu se leva aussitôt et le suivit. Jésus-Christ passe, il nous regarde et nous appelle ; rendons-nous à l'invitation de la grâce : quand Jésus se sera éloigné, qui sait si nous pourrons le trouver encore ? Levons-nous donc promptement: renonçons au péché avec une volonté ferme de ne plus y retomber. Jésus-Christ nous appelle depuis si longtemps, et nous sommestoujours dans le même état, toujours tièdes à son service, toujours attachés à nos plaisirs.
IL Ce saint est un des quatre évangélistes ; mais il ne s'est pas contenté d'écrire l'admirable évangile que nous ayons entre les mains, il a voulu aller prêcher aux Éthiopiens ce qu'il avait écrit. Vous ne pouvez écrire ni annoncer l'Évangile comme lui, mais vous pouvez et vous devez obéir à l'Évangile aussi bien que lui. Vous avez la foi ; que vos actions soient conformes à votre croyance. Il faut mettre notre vie d'accord avec V Évangile. S. Chrysologue. % III. Saint Matthieu fut martyr, et martyr, peut-on dire, de la belle vertu de chasteté. Votre vie doit être un martyre continuel. Il faut vous priver de vos plaisirs les plus doux, mourir incessamment à vous-même par la mortification de vos sens, de vos passions et de votre propre volonté. Cela est dur, je l'avoue, mais le paradis mérite bien qu'on souffre quelque chose. Cela est dur, mais il sera bien plus dur pour les réprouvés d'entendre cette parole: Allez, maudits, au feu éternel.
Pratique : La fidélité à la vocation. — Prière : Pour la propagation de la foi.
Oraison.
ASSISTEZ-NOUS, Seigneur, par les mérites de saint Matthieu, votre apôtre et évangéliste, afin que son intercession nous procure les dons que nous ne pouvons obtenir de nous-mêmes. Par N.-S. J.-C.
22 Septembre. — SAINT THOMAS DE VILLE- NEUVE, Évêque et Confesseur.
Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. — J.-C, en S. Luc, ch. xj.
SAINT Thomas de Villeneuve fut contraint de quitter Tordre de Saint-Augustin pour monter sur le siège archiépiscopal de Valence, en Espagne. Il montra dans cette charge un zèle insatiable pour la conversion des pécheurs et une tendre charité pour les malheureux. Instruit par Dieu de l'heure de sa mort, il fit aussitôt distribuer aux pauvres son argent, ses meubles et même son lit, priant celui à qui il le donnait, de le lui prêter jusques après sa mort. Il s'endormit dans le Seigneur en 1555.
MÉDITATION SUR LA MISÉRICORDE DE DlEU.
DIEU est la bonté même : il fait sentir à toutes les créatures les effets de sa miséricorde. Imitez cet attribut de Dieu : faites du bien à tout le monde, mais faites-le pour l'amour de Dieu. Si dans vos bonnes œuvres vous avez en vue les louanges des hommes, vous perdrez la récompense que Dieu préparait. C'est afin d'imiter votre infinie miséricorde, ô mon Dieu, que je veux, autant qu'il est en moi, soulager les misères de mon prochain.
IL Dieu exerce sa miséricorde envers ses amis d'abord : il les a prédestinés de toute éternité ; et tout ce qui leur arrive, il le fait tourner au bien de leur âme. S'ils tombent en quelque faute légère, loin de les abandonner, il attend leur repentir, il les presse de se relever de leurs chutes. Etes-vous du nombre de ses amis ? Interrogez votre conscience, et travaillez à gagner cette amitié. Rien de plus facile. 77 ri y a pas de difficulté là où il suffit de vouloir. S. Chrysologue.
III. Dieu n'est pas moins admirable dans sa conduite à l'égard des pécheurs. Il aime leurs âmes qu'il a rachetées de son sang ; il n'est aucun péché qu'il ne soit prêt à leur pardonner, pourvu qu'ils fassent pénitence; il les attend, il les sollicite, il les prévient de ses grâces. O Dieu, votre miséricorde est infinie ; mais malheur à qui la méprise ! Ne méprisez pas la miséricorde de Dieu, si vous ne voulez pas éprouver les effets de sa justice. S. Bernard.
Pratique : La fuite des occasions. — Prière Pour les défenseurs de la foi.
Oraison.
ODIEU, qui avez orné le bienheureux pontife Thomas d'une insigne miséricorde pour les pauvres, daignez, par son intercession, répandre les richesses de votre miséricorde sur tous ceux qui vous invoquent. Par N.-S. J.-C.
MOIS DE SEPTEMBRE. iÔÇ
23 Septembre. — SAINT LIN, Pape et Martyr.
L'/iomme aura pour ennemis ceux de sa propre maison. — J.-C, en S. Matthieu, ch. x.
SAINT Lin, successeur immédiat de saint Pierre, avait une foi si vive qu'il chassait les démons et rappelait les morts à la vie. Il mit par écrit les actes du Pontificat de saint Pierre, et porta un décret ordonnant aux femmes de se tenir voilées dans les églises. Sa constance dans la foi lui mérita la palme du martyre. Il fut condamné à avoir la tête tranchée par l'impie Saturnin, dont il avait guéri la fille, en la délivrant d'un démon qui la tourmentait.
méditation sur trois sortes d'ennemis de l'homme.
L'HOMME a des ennemis invisibles ; ce sont les démons. Par leurs mauvaises suggestions, ils s'efforcent de l'entraîner à sa perte éternelle. Ils se servent de l'éclat de l'or, de l'attrait des plaisirs, de la pompe des honneurs, de toutes les créatures, en un mot, pour nous porter au mal. Combien de fois déjà serais-je tombé dans les filets de ce malin esprit, si mon bon ange n'en avait détourné mes pas ? L'ai-je remercié de ce bienfait?
II. Nos serviteurs, nos parents, nos amis sont souvent nos plus cruels ennemis. L'amour charnel et déréglé qu'ils nous portent, nous fait plus de mal que la haine des démons. Ils s'opposent aux desseins de Dieu sur nous, et leurs caresses ont souvent plus de pouvoir pour nous détourner du bien et pour nous pousser au mal, que les menaces et les supplices des tyrans. Cruels parents, amis infidèles, pourquoi voulez-vous la perte de ceux que vous aimez ? La
l66 LA VIE DES SAINTS.
perfidie d1 autrui nous a perdus, nos parents nous ont donné la mort. S. Cyprien.
III. Vous êtes vous-même le plus cruel de vos ennemis. Votre corps fait la guerre à votre esprit, votre esprit la doit faire à votre corps. Votre corps veut jouir des plaisirs et des biens de cette vie, et votre âme soupire après les biens de l'éternité. Ce combat doit durer autant que votre vie. Prenez garde à vous, et ne vous flattez point: la concupiscence ne mourra qu'avec vous; il faut toujours la combattre. La concupiscence peut être affaiblie dans cette vie, elle ne peut être détruite. S. Augustin.
Pratique : La force. — Prière : Pour les vierges. Oraison.
O DIEU, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie dans la solennité du bienheuteux Lin, votre pontife martyr, accordez-nous dans votre bonté, de jouir de la protection de celui dont nous célébrons la naissance au ciel. Par N.-S. J.-C.
24 Septembre. — NOTRE DAME DE LA MERCI.
Allons nous présenter avec confiance au trône de la grâce afin d'y recevoir miséricorde, et d'y trouver secours dans nos besoins. S. Paul, aux Hébreux ch. iv.
AU temps où les Sarrasins faisaient peser leur joug cruel sur l'Espagne et emmenaient en esclavage un grand nombre de chrétiens, la mère de Dieu, émue de leurs maux, et plus encore du danger qu'ils couraient de perdre la foi, apparut la même nuit à saint Pierre Nolasque, à saint Raimond
de Pennafort et à Jacques roi d'Aragon, les conjurant d'unir leurs efforts pour établir un ordre de religieux voués par état à la rédemption de ces infortunés captifs. L'ordre approuvé par Grégoire IX, sous le nom d'ordre de la Merci, ou de la miséricorde, prit une rapide extension et rendit d'immenses services à l'Église et à la société. C'est pour remercier la sainte Vierge de sa sollicitude maternelle, que l'Église a établi la fête de ce jour.