‹ La vie des saintsChapitre 84 sur 151 · MÉDITATION SUR TROIS VERTUS DE SAINT FRANÇOIS DE BORGIA · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR TROIS VERTUS DE SAINT FRANÇOIS DE BORGIA

f~~^- ET illustre serviteur de Dieu est demeuré hum- \^ ble au milieu des honneurs. Vous n'avez pas les qualités éminentes qui distinguaient ce grand saint, et cependant vous êtes rempli d'orgueil. C'est

que vous ne songez pas, comme lui, que la figure de ce monde passe. Détachez-vous des biens du monde pour n'avoir point de peine à les quitter au moment de la mort. Soyons prêts à tout événement, de manière à ne rien regî'etter de ce que nous laisserons dernière nous. Tertullien.

IL Son austérité et sa mortification ont paru avec éclat au milieu même des délices de la cour. Il s'armait d'un cilice chaque fois qu'il devait se trouver dans la compagnie des personnes du sexe ; il jeûna pendant deux ans très rigoureusement. Mais ces austérités ne sont rien au prix de celles qu'il pratiqua après son entrée en religion. Cette conduite n'est-elle pas la condamnation de votre délicatesse ? Ne vous excusez pas sur vos mauvaises habitudes, vous pouvez, aussi bien que lui, vous en corriger et en contracter de bonnes.

III. Il avait une dévotion si tendre que les affaires les plus importantes ne pouvaient détourner sa pensée de Dieu : sajournée était une oraison continuelle. Chaque mois il choisissait un saint pour protecteur spécial ; c'est lui qui a introduit cette sainte coutume dans la Compagnie de Jésus. Où en êtes-vous par rapport à la dévotion ? De tous les âges de votre vie, en avez-vous donné un seul à Dieu ? Vous avez été e?ifant, adolescent, vous êtes arrivé à l'âge mûr, et vous rtavez jamais été vertueux. S Clément d'Alexandrie.

Pratique : L'humilité. — Prière : Pour la Compagnie de Jésus.

Oraison.

SEIGNEUR Jésus-Christ, modèle et récompense de la véritable humilité, daignez, après avoir rendu le bienheureux François, votre glorieux

imitateur dans le mépris des honneurs terrestres, nous faire nous-mêmes participer à ses vertus et à sa gloire. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.

11 Octobre. — SAINT GOMER, Confesseur.

Le Seigneur châtie ceux qtû il aime, et flagelle tout enfant quHl reçoit. — S. Paul aux Hébreux; ch. xij.

SAINT Gomer naquit à Emblehem, en Brabant, de parents riches et alliés à Pépin. Celui-ci, devenu roi de France, l'appela à la cour et lui procura un parti avantageux sous le rapport de la naissance et de la fortune dans la personne de Gwinmarie. Gomer eut beaucoup à souffrir du caractère vain et intraitable de sa femme, mais il souffrit ses caprices sans se plaindre, attendant de Dieu seul sa force et sa consolation. Le Seigneur récompensa sa patience : Gwinmarie rentra en elle-même, passa le reste de sa vie dans les exercices de la pénitence, et mourut de la mort des justes.

Méditation. — Comment nous devons nous conduire dans les afflictions.

NOUS aurons toujours des afflictions en cette vie ; notre corps est si faible et exposé à tant d'infirmités, notre âme est assujettie à tant de passions, la malice des hommes est si grande, que nous aurons toujours occasion d'exercer notre patience. Attendons ces occasions avec courage, et sans trembler. Préparons-nous à essuyer toutes les tempêtes que nous voyons fondre sur les autres, et disons à Dieu : Seigneur, me voici ; je suis prêt à porter ma croix et à souffrir tout ce que vous ordon-

nerez ou que vous permettrez qu'il m'arrive. Méditons sur les souffrances, et ?wus ne les sentirons pas. Tertullien.

IL Quand Dieu nous envoie une épreuve, il faut la recevoir avec humilité comme un châtiment dû à nos péchés. Un enfant qui se voit châtié par son père, ne se fâche pas contre lui ; il regrette la peine que sa désobéissance lui a causée et promet de ne plus retomber dans sa faute. Faites de même, quand Dieu vous châtie.

III. Il y a des chrétiens que le châtiment rend plus mauvais. Au lieu d'accuser leur propre malice, ils murmurent contre la divine Providence et la rendent responsable des maux qu'ils souffrent. Infortunés ! Vous ne voulez pas vous corriger de vos f.mtes en ce monde : vos peines ne sont que le prélude des supplices qui vous attendent en enfer. Nous sommes traités par le fer et le feu, mais nous ne sommes guéris ni par les cautérisations, ?ii par le tranchant du fer ; et ce qui est le plus grave, le remède empire notre état. Salvien.

Pratique : La patience. — Prière : Pour les personnes mariées.

Oraison.

ODIEU, gloire etjoie des anges, qui avez rendu célèbre par ses miracles Gomer, le glorieux confesseur de votre nom ; soyez propice au k vœux de votre peuple, et faites qu'en célébrant son auguste solennité, il parvienne, par son intercession, au port du salut éternel. Par N.-S. J.-C.

12 Octobre. — SAINT WILFRID, Evêque et Confesseur.

Travailles comme tin bon soldat de JE sus- Christ; celui qui s'est enrôlé au service de Dieu, ne s"* embarrasse point dans les affaires séculières. — S. Paul, II à Timothée, ch. ij.

SAINT Wilfrid, évêque d'York, offrit un asile à saint Dagobert, fils de saint Sigebert roi d'Austrasie, chassé de son trône par le maire du palais Grimoald. Il prit soin de l'éducation du jeune prince ; et celui-ci, rentré dans son royaume, reçut avec de grands honneurs le saint Evêque forcé lui-même de quitter sa patrie à la suite des vexations du roi Egfrid, et lui offrit l'évêché de Strasbourg ; mais Wilfrid refusa, se rendit à Rome pour réclamer la protection du pape, et retourna en Angleterre, où le roi Egfrid, le fit jeter en prison. Rendu à la liberté, mais ne pouvant obtenir l'exécution du jugement du pape, il alla prêcher l'évangile chez les Saxons. Remis enfin en possession de son diocèse, il reprit le gouvernement des monastères qu'il avait fondés et mourut en les visitant.

méditation sur les qualites d'un vrai soldat de Jésus-Christ.

POUR être un véritable soldat de Jésus-Christ, il faut résister généreusement au démon, qui est son ennemi capital, s'opposer partout à ses desseins, déclarer hautement la guerre à ses partisans. Etes-vous l'ennemi du démon ? Ne vous rangez-vous pas plutôt de son parti ? N'obéissez-vous point à toutes les mauvaises pensées qu'il vous suggère?

Lorsque vous recherchez vos plaisirs et vos commodités, lorsque vous travaillez uniquement en vue d'acquérir de la gloire, c'est à cet esprit superbe que vous obéissez.

IL II faut souffrir les persécutions des hommes, sans leur opposerde résistance et sans vous plaindre, si vous voulez marcher sur les pas de Jésus-Christ. C'est être victorieux que de céder dans ces circonstances, et de supporter avec résignation les railleries et les opprobres auxquels vous êtes en batte. Si vous aimez Jésus, vous l'imiterezen souffrant comme lui jusqu'à la fin de votre vie. Si on aimait la croix, on mènerait une vie crucifiée. S. Chrysostome.

III. Il faut vous vaincre vous-même, c'est la victoire la plus glorieuse, la plus difficile et la plus agréable à Dieu que vous puissiez remporter. Faitesvous violence dans les petites choses, aussi bien que dans les grandes. Ne pourriez-vous pas vous passer des agréments de la vie que votre mollesse vous fait rechercher avec tant d'empressement ? Sacrifiez-les à Jésus crucifié, de peur qu'il ne vous refuse la gloire préparée à ceux qui portent courageusement la croix. Renoncez à vous-même, pour n'être pas renié par le Christ ; fuyez-vous vous-même, afi?i d'être reçu par le Christ ; perdez-vous, afi?i d'être sauvé. Salvien.

Pratique : La force. — Prière : Pour les pasteurs de l'Église.

I^AITES, ô Dieu tout-puissant, que l'auguste solennité du bienheureux Wilfrid, votre confesseur pontife, augmente en nous l'esprit de dévotion et le désir du salut. Par N.-S. J.-C

13 Octobre. — SAINT EDOUARD, Roi et Confesseur.

Venez, les be'nis de mon Père ; possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du- monde. — J.-C, en S. Matthieu, ch. xxv.

JE ne m'étonne pas que ce saint roi d'Angleterre donne au pauvre une bague de grand prix, qu'il le porte sur ses royales épaules, qu'il garde une perpétuelle virginité avec Édita, son épouse, qu'il fonde des églises. Un homme qui conçoit comme lui la grandeur des récompenses qui nous sont préparées dans le ciel, méprise aisément tous les plaisirs de la terre. Il ne refusait rien de ce qu'on lui demandait au nom de S. Jean PEvangéliste ; aussi ce Saint l'avertit de l'heure de sa mort, qui arriva l'an 1096. On ne perd rien à honorer les Saints.

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