MÉDITATION SUR LE BONHEUR DE L'HOMME EN CETTE VIE
TROIS choses peuvent nous rendre heureux, autant du moins, qu'on le peut être en ce lieu d'exil. La première, c'est la bonne conscience; sans elle, ni les plaisirs, ni les honneurs, ni l'accomplissement de tous vos souhaits ne sauraient vous contenter. Si vous avez l'âme pure, tout ce qui peut vous arriver de fâcheux ne doit pas vous troubler. Quelle consolation de pouvoir dire : J'ai fait ce qui dépend de moi pour me mettre bien avec mon Dieu. Pouvez-vous avec vérité dire ces paroles ? Votre conscience ne vous reproche-t-elle rien ?
IL La seconde condition pour être heureux, c'est de s'abandonner généreusement à la providence de
Dieu, de se consacrer à lui sans réserve, de ne vouloir que ce qu'il veut et de recevoir de sa main avec reconnaissance le bien et le mal, puisque l'un et l'autre sont des effets de sa bonté. Les afflictions, le jeûne, les maladies, ne sont point pénibles à ceux qui les supportent, mais seulement à ceux qui les reçoivent à contre-cœur. Salvien.
III. La troisième condition, c'est de considérer quelle est la volonté de Dieu dans tout ce qui nous arrive. Dieu a ses desseins et le démon a les siens. Quel est le dessein de Dieu dans cette maladiequ'il vous envoie ? C'est que vous la supportiez avec résignation, par la pensée de la mort et du paradis. Le démon, au contraire, cherche à vous pousser à l'impatience. Dieu est si bon qu'il 'ne permettrait jamais qu'il arrivât aucun mal dans le mo?ide, s'il ?i 'était assez puissant pour tirer le bien du mal. S. Augustin.
Pratique : La conformité à la volonté de Dieu. — Prière : Pour ceux qui vous gouvernent.
Oraison.
ODIEU qui avez couronné de la gloire éternelle le bienheureux roi Edouard, votre confesseur, faites, nous vous en prions, qu'en l'honorant sur la terre, nous puissions régner avec lui dans lescieux. Par N.-S. J.-C.
14 Octobre. — SAINT CALLIXTE, Pape et Martyr.
Rendes grâces en tout temps et pour toutes choses, au Nom de Jésus-Christ, à Dieu son Père. — S. Paul aux Ephésiens, ch. v.
SAINT Callixte gouverna l'Église sous le règne de l'empereur Héliogabale.Il érigea en précepte le jeûne des Quatre-Temps, édifia la basilique de Sainte-Marie au-delà du Tibre, et agrandit les catacombes situées sur la voie Appia et qui depuis portent son nom. Il opposait le jeûne et les larmes aux désordres et aux folles joies des païens et mettait tout en œuvre pour étendre le règne de Jésus- Christ. Son zèle apostolique fut couronné par le martyre le 12 octobre 122.
MÉDITATION SUR l' IN GRATITUDE.
VOUS êtes obligé de remercier Dieu de toutes les grâces qu'il vous fait. Combien en avezvous reçues ? Vous en connaissez beaucoup, vous en ignorez davantage encore. L'avez-vous jamais remercié de vous avoir créé, de vous avoir conservé la vie ? Il vous a racheté, il vous a fait naître de parents chrétiens, il vous a donné des richesses, de la santé, de l'esprit. Remerciez-le de toutes ces faveurs. Seigneur, je suis tout à vous, je m'offre à vous tout entier.
II. L'ingratitude tarit la source des grâces. Dieu est jaloux de sa gloire, il ne souffre point qu'on la lui dérobe ; ne pas le remercier, c'est le priver de l'honneur qui lui est dû, c'est l'obliger à ne plus vous accorder ce que vous lui demanderez dans la suite. Mon Dieu, je vous remercierai et de la pros-
périté et de l'adversité, puisque tout ce qui m'arrive, excepté le péché, est un effet de votre bonté pour moi. Nous sommes étrangement ingrats : nous ne remercions Dieu que lorsqu'il nous comble des biens de la terre, lesquels cependant sont souvent préjudiciables à notre salut. Apprenons à remercier Dieu ?ion seulement dans la prospérité, mais encore dans l'adversité. S. Grégoire.
III. Il y a trois degrés dans l'ingratitude. Le premier, c'est d'oublier les bienfaits ; le second, de rendre le mal pour le bien; le troisième, de se servir des bienfaits reçus pour offenser son bienfaiteur. Combien de fois vous êtes-vous servi de l'esprit, de la santé, des richesses, des talents que Dieu vous a donnés, pour l'offenser ? Si vous oubliez Dieu lorsqu'il vous fait du bien, il vous enverra des afflictions pour vous rappeler à votre devoir. Apprenez V ordre de la divine Providence : si on ne reconnaît pas Dieu à ses bie?îfaits, on le reco?inaitra à ses châtiments. S. Cyprien.
Pratique : L'humilité- — Prière : Pour vos bienfaiteurs.
Oraison.
ODIEU, qui voyez notre impuissance à faire le bien, daignez nous fortifier dans votre amour parles exemples de vos saints. Par N.-S. J.-C.
15 Octobre. — SAINTE THERESE, Vierge.
Je vous glorifierai donc volo7itiers dans mes i?ifirmités,
afiti que la force du Christ habité en ?noi. — S. Paul,
II aux Corinthiens, ch. xij.
SAINTE Thérèse partît de son pays, à l'âge de sept ans, pour aller chercher le martyre dans le pays des Maures. Ce dessein n'ayant pas réussi, elle entra dans un couvent, où elle trouva un véritable martyre, soit dans les austérités qu'elle pratiqua, soit dans les maladies du corps et les sécheresses d'esprit qu'elle souffrit pendant vingt ans, soit dans les calomnies qu'elle eut à subir, et les contradictions qu'elle rencontra dans le projet qu'elle conçut et exécuta, de réformer l'Ordre du Carmel. Elle mourut en 1582.