MÉDITATION SUR LA TIEDEUR SPIRITUELLE
ON appelle tiède celui qui sert Dieu avec négligence, qui ne commet point de péché mortel, parce qu'il craint l'enfer, mais qui ne se met point en peine d'éviter les péchés véniels. L'âme tiède fait son devoir avec négligence, elle va répétant qu'elle se contente de la dernière place au paradis ; en un mot, elle ne fait que ce qu'elle ne peut omettre sans pécher gravement. N'est-ce point là l'état dans lequel vous vous trouvez ? Quel soin avez-vous de faire toutes vos actions pour plaire à Dieu ? Évitezvous les plus petites fautes ?
IL Dieu menace le tiède de le vomir de sa bouche : les offenses qui lui viennent des méchants lui sont moins sensibles que celles qu'il reçoit d'un homme qui fait profession d'être son ami et son enfant. Cet homme peut faire du bien et il n'en profite pas. Écoutez ce que dit saint Ambroise : Aîieux vaudrait tour Vâme tiède ri avoir pas reçu la foi que la 7ièçliger.
III. Vous qui êtes dans cet état, vous avez été fervent ou vous avez toujours été dans cette funeste tiédeur. Si vous avez été fervent, vous avouerez qu'il est bien plus agréable de se donner généreusement à Dieu, que de vouloir partager son cœur entre Dieu et le monde. En effet, dans cet état de tiédeur vous ne recevez aucune consolation du ciel, et la crainte de l'enfer vous empêche de jouir des plaisirs de la terre. Si vous avez toujours été tiède,
ah ! de grâce, goûtez le plaisir qu'il y a de se donner tout à Dieu ! Celui qui vous a racheté tout entier exige que vous vous domiiez tout entier à lui. S. Augustin.
Pratique: La ferveur. — Prière: Pour l'accroissement de la dévotion.
Oraison.
FAITES, nous vous en supplions, Seigneur, que l'intercession du saint abbé Gai nous rende agréables à votre Majesté, afin que nous obtenions par ses prières les grâces que nous ne pouvons espérer de nos mérites. Par N.-S. J.-C.
17 Octobre. — SAINTE HEDWIGÈ, Veuve.
Obéissez à vos supérieurs et demeurez-leur soumis j car ils veillent pour le bien de vos â?nes, comme devant en rendre compte. — S. Paul aux Hébreux, ch. xiij.
SAINTE Hedwige, mariée à l'âge de douze ans à Henri duc de Silésie, fut véritablement la femme forte dont l'Ecriture fait l'éloge. Après que Dieu l'eut rendue mère de six enfants, elle persuada à son époux de garder la continence, et ils en firent le vœu en présence de l'évêque de Breslaw. Dès lors elle s'adonna tout entière aux exercices de la piété, de la mortification et de la charité. Elle ne mangeait ni viande, ni poisson ; et durant 40 ans elle ne dérogea qu'une seule fois à ce régime. Elle servait les pauvres à table, lavait et baisait les ulcères des lépreux. Après la mort de son mari, elle entra dans le monastère de Trebnitz et vécut sous
la conduite de sa fille, qui en était abbesse. Elle mourut le 15 octobre 1243.
MÉDITATION SUR LES TROIS MOTIFS QUI DOIVENT NOUS PORTER A L'OBEISSANCE.
VOUS devez obéir à vos supérieurs, quels qu'ils soient, puisqu'ils ont reçu de Dieu même l'autorité qu'ils ont sur vous. Ne regardez point leurs qualités ; voyez simplement en leur personne Dieu qui vous commande par leur bouche et leur inspire ce qu'ils doivent vous ordonner pour le bien de votre âme. Vous obéirez promptement, si vous ne considérez que Dieu dans la personne de votre supérieur. Celui qui a créé P homme est aussi celui qui lui donne P autorité sur ses semblables. U homme tient son pouvoir de celui qui lui a donné la vie. Tertul-