MORTALITÉ COMPARÉE POUR 1.000 HABITANTS
Villes. Campagnes.
FÉES PRET Le 20,1 215 Delsiiten ne it. 2" 25,1 211 ANOIC CT ne Me re 25 18 PE A rat 30,45 28 TEA RARE NC .. 81,60 27,60 OR CERN 32,15 27,9
Il est incontestable que, dans toutes les campagnes, la mortalité est d'autant plus grande que la proportion et le nombre des ouvertures aux maisons sont moins considérables : c’est done fort sagement que M. Martin Nadaud a proposé naguère de supprimer ou, au moins, de diminuer l'impôt des portes et fenêtres pour les maisons ayant moins de quatre ouvertures.
L'étude de la mortalité dans les campagnes, présente un résultat assez inattendu : c’est que les femmes lui payent un tribut plus fort qu’à la ville. En Italie, sur 1.000 décès des deux sexes, en ville, on compte 478 femmes, et à la campagne, sur le même nombre, 490 femmes ; de même en Roumanie, sur 1.000 décès de ville, on compte 443 femmes, et sur 1.000 décès à la campagne, 464 femmes. Il faut vraisembla-
blement chercher les causes de cette mortalité féminine dans le travail excessif des femmes à la campagne, dans le manque de soins au moment de l’accouchement, surtout dans le peu de précautions qu’elles prennent dans les jours qui le suivent, dans la privation du grand air, la femme jouissant trop pleinement de tous les inconvénients, de toutes les dispositions malsaines du logis, tandis que le mari travaille dehors une partie du jour. La femme des champs est, d’ailleurs, victime du milieu social encore peu avancé en évolution au milieu duquel elle vit : si elle n’est plus tout à fait l’esclave et la bête de somme, comme chez les populations primitives, sa condition n’est guère supérieure ; encore aujourd’hui, elle ne mange pas en général avec les hommes; elle les sert et mange à des heures variables, accroupie dans un coin. |
C’est encore une conséquence du travail excessif auquel se livrent la plupart des femmes de la campagne, que ce fait constaté partout de la fréquence des morts-nés, aux époques des grands travaux : alors, en effet, la femme, fût-elle sur le point d’accoucher, sans cesser en rien de s’occuper des corvées qui lui sont dévolues habituellement, s’associe, par surcroît, aux travaux des hommes, se levant avant eux pour préparer leur soupe et ne se couchant qu'après qu’elle à soigné le bétail.
Si la mortalité dans les campagnes est liée aux habitudes sociales de la population, elle ne l’est pas moins intimement à la culture elle-même. Les terres que la culture ne remue pas, que le drainage n’assainit pas, sont des foyers permanents de fièvre intermittente et de cachexie palustre (1). Or la première manifestation de la cachexie palustre sur une race est caractérisée par l'énorme augmentation de la mortalité infantile. Montfalcon, qui écrivait en 1824, cite des parties marécageuses du département de l’Aïn, où la population avait diminué de 1/8 depuis 1786 ; faisant allusion à l'influence de la
(1) Voir, pour plus de détails, Géographie médicale, par le D' Bordier, op. cit.