LA CULTURE ET L'INSTITUTEUR
malaria sur la densité de la population, il ajoute que si, pour un espace donné, on trouve, dans les parties non marécaseuses du département de l’Aïn, 12 habitants, on n'en trouvera que à dans la partie marécageuse.
Quant à la vie moyenne, elle diminue en raison directe de l’étendue du marais, ainsi que l’a montré Becquerel.
Les besoins du recrutement donnent, d’ailleurs, l’occasion de se faire une idée de l’état des habitants des pays marécaseux : les exemptions pour défaut de taille, hernies, farblesse de constitution, atteignent, dans les cantons marécageux, des proportions effrayantes, qui, dans certaines parties des Dombes, vont ou plutôt allaient jusqu’à 62 et 65 %. Il s’est même rencontré des années et des cantons, où l’on ne trouvait pas un seul homme pour répondre à l’appel de sa classe. Toute la classe était morte avant l’âge de vingt et un ans.
Les polders de la Hollande sont également moins malsains aujourd’hui qu’autrefois, car les Pays-Bas étaient jadis une des contrées les plus meurtrières de l’Europe. Partout, à mesure que la culture et le milieu social s’améliorent, la fièvre intermittente diminue et disparait. |
Il en est de même du goître et du crétinisme, qui semblent si voisins de la fièvre intermittente et de la cachexie paludéenne, souvent compliquée elle-même d’un véritable crétinisme paludéen : à mesure que la charrue et l’instituteur s’avancent, à mesure que la culture entame le sol du pays et le cerveau des habitants, ces deux fléaux disparaissent :
Plus les communications d’un pays avec ses voisins augmentent et plus décroissent le goître et surtout le crétinisme. Les habitants sont, en effet, par suite de ces communications, mieux logés, mieux habillés, mieux nourris. Ils boivent plus de vin, plus de café, plus de bière. Tout cela contrebalance l’ation nocive de l’eau; tout cela soutient l’organisme et, retarde ou empêche la cachexie.
ES
Alimentation à la campagne. — Ration alimentaire. — L’azote de l'air. — Faible teneur en azote de la plupart des aliments végétaux usités à la campagne. — Tableau des unités de chaleur et de force mises à la disposition des paysans par l’alimentation. — Matières grasses et amylacées. — Rendement du paysan français.
Progrès dans l’alimentation des campagnes. — Le bon vieux temps. — Les famines sous l’ancien régime ; leur action sociale. — Impossibilité de leur retour.
Maladies alimentaires d'autrefois. — Leur disparition.
La culture du sol n’agit pas seulement en détruisant les germes qu, répandus dans l’air ou dans l’eau, amènent ces grandes endémies palustres ou crétino-goîtreuses ; elle agit plas radicalement encore par l’alimentation.
À l'heure actuelle, le régime des habitants des campagnes est loin d’être suffisant; il le serait bien moins encore, si l’azote atmosphérique ne fournissait très probablement, dans une certaine mesure, à leur alimentation; car aucun ouvrier travaillant dans les villes ne pourrait s’en contenter!
Bien que les éléments fournis par le règne végétal soient les mêmes que ceux qui sont fournis par le règne animal, il n'en est pas moins vrai que le régime végétal est insuffisant, parce qu'il obligerait, pour être équivalent au régime animal, à l’ingestion dans l’estomac d’une quantité trop condeb ie de nourriture. En tenant compte de la teneur moyenne des aliments végétaux et des aliments empruntés au règne animal, on calcule que la ration normale doit, pour 100 de matière végétale, contenir 28 de matière animale : pour 100 de matière végétale la ration du marin contient 31 de matière animale, celle du soldat 22 seulement, au moins
il y à quelques années ; or celle du paysan français contient en matière animale :
Dans le Nord....... 7, % — la Corrèze..... 4,5 — Vaucluse...... GE — Ja Suisse...... 17 (ce qui tient à l'abondance du lait). — Ja Lombardie... 2 — J'Irlande....... 1
Ces chiffres infimes cessent de surprendre, lorsqu'on considère la faible teneur en azote de la plupart des végétaux, qui entrent dans l’alimentation. Elle est en effet :
Dans'les pommes de terre........,..… 0,30 % ON CRALAIENOR ee nn ose 0,78 — Je seigle.......... Em rates 1:90 LR ete ae tre 9 NC TONNES EN en tigre mit PET ACTU LÉ tn pie que 229 RES TAPICONBS Re ne 2 meer e os 20) Te EDS ET re ne RÉEL EE Es NÉS RÉVErOlON Am M eue creer 4,60
Néanmoins, comme la force musculaire n’est que de la chaleur transformée et que les substances quaternaires, comme les substances ternaires produisent de la chaleur par leur combustion dans l’organisme, le tableau suivant, qui indique la quantité d’unités de chaleur et de force mécanique développée par 1 kilogramme des diverses substances alimentaires, permet de juger la valeur de l’alimentation des campagnes, comme source de chaleur, c’est-à-dire de force. Voici ce tableau emprunté à Gavarret.