PROFESSIONS CÉRÉBRALES. — NATALITÉ
les gens adonnés à un travail cérébral considérable auraient généralement moins d'enfants que ceux dont le cerveau travaille moins. Le D' Hardy à soutenu récemment cette thèse devant l’Académie de médecine. Leurs enfants seraient, a-t-on dit, plus sujets aux névroses diverses que les autres. Mais ces données sont encore assez problématiques : il est difficile de faire 1c1 la part du travail cérébral en lui-même, celle du genre de vie corrélatif où du simple séjour dans les villes. Il faudrait pour cela de nombreuses statistiques; or celles que nous possédons ne sont pas toujours d’accord entre elles. Néanmoins les recherches du D' Lagneau ont montré que si 100 familles de patrons agriculteurs sont composées de 398 personnes, 100 familles de patrons industriels et commerçants comprennent de 298 à 273 individus, et 100 familles d'hommes livrés aux professions libérales ou vivant de leurs revenus n’en présentent plus que 174. « Aïnsi, dit-il, les familles des patrons agriculteurs sont supérieures de près d’un sixième et celles des patrons industriels, de plus d’un cinquième à celles des patrons commerçants et de plus de moitié à celles des rentiers on des hommes vivant de professions libérales. »
D'après Casper, c’est en dehors des professions libérales que se trouverait le plus grand nombre de cas de longévité : ce serait parmi les paysans et les domestiques, parmi ces derniers surtout, qui ont le moins de soucis, le moins de responsabilité et qui s’éloignent le plus du tableau tracé par Tissot des misères des gens du monde.
D’après Potiquet, les académiciens, qu’il a pris comme spécimen, auraient une longévité plus grande que celle qui est assignée par les tables de Deparcieux aux autres hommes. Mais, sans priver les immortels du respect auquel ils prétendent, on pourrait se demander, sans irrévérence, si la longévité n’est pas compatible avec une déchéance précoce du cerveau ; on pourrait encore arguer que quelques-uns d’entre les académiciens prennent, à partir de leur entrée dans l’Olympe, un repos
qui est précisément très hygiénique ; enfin on pourrait encore demander à l’auteur si les académiciens sont précisément bien choisis comme pouvant donner la mesure de ce surmenage cérébral, auquel donnent lieu les travaux originaux et indépendants. Ce ne sont pas des critiques littéraires que je veux faire ici; je me borne à réclamer la moindre des vérifications qu'il soit nécessaire de faire, lorsqu'on consulte une statistique, sur les valeurs qu’on y à fait figurer.
Quoi qu'il en soit, voici les chances de survie que possèdent à chaque âge les académiciens. D’après Potiquet elles sont plus grandes que celles qui sont assignées par Deparcieux aux hommes du même âge.
Académiciens Survie d’après d’après Potiquet. Deparcieux.
D DÉTSUS CUSTALUE Le ete 1 000 individus. 1 000 individus. HO PANS PAL TURRNE 964 — 947 — AT es CRE 930 — 896 — HO anse Ce ee 894 — 837 — DD EAN NN Din 819 — 158 — COPA RER s 144 — 667 -—- CHOPAT nas 30 — 16 — DOS RARES 7 — 0
On voit que sur 1:000 hommes quelconques de trente-cinq ans et sur 1.000 académiciens du même âge, 1l en restera davantage à chaque décade parmi les seconds que parmi les premiers.
Les tables de mortalité, où figurent toutes les professions, sont plus conmodes pour juger la mortalité relative que présentent les professions cérébrales.
En Suisse la mortalité annuelle et moyenne de trente à quarante ans et sur 1.000 vivants est de 11. Or elle est d’après Kummer,
Chez les LONDRES TETE PRES À 4 2! DOUCHOLS PARENT, 18