ÉQUIVALENCE DES PROFESSIONS
ceux que fait l’homme de peine. Ce n’est donc pas sans quelque justesse, que la langue française à confondu, sous la dénomination commune de travail, les efforts de l’esprit comme ceux du corps, le travail du cabinet et celui du mercenaire. » Les successeurs de Lavoisier ont démontré que la comparaison était juste jusque dans les moindres détails et que le travail du cerveau aussi bien que celui du muscle était le résultat d’une combustion : le phosphore et la graisse du cerveau en produisant la peusée donnent naissance, par combustion, à des phosphates et à de la cholestérine, comme le protagon du muscle produit le mouvement par une combustion qui aboutit à la formation de l’urée.
FE
Professions cérébrales. — Maladies des gens du monde. — Aliénation mentale. — Surmenage cérébral, — Stérilité chez les hommes à vie cérébrale active. — Névroses chez les enfants. — Influence des professions cérébrales sur la longévité. — Sur la mortalité. — La phtisie pulmonaire. — La prime d'assurance en Amérique. — Influence de la profession du père sur la mortalité des enfants.
L’équivalence des professions n’est pas moins saisissante, lorsqu'on les considère au point de vue des maladies qu’elles provoquent, car les professions dites libérales ne sont pas toujours celles où la mortalité est le moins considérable. Chacune d’elles offre cependant des conditions spéciales qui méritent une étude à part : c’est ainsi que Ramazzini a étudié les maladies des religieuses et qu’il a cherché également les moyens de conserver la santé des princes (de principum valetudine tuenda commentatio 1710), chapitre inutile en France, que je n’ai nullement le désir de reproduire dans ce volume. Stahl a étudié les maladies des gens de cour (pr0pempticon de morbis aulicis). Je dirai, comme Tissot, dans la préface de son Æssai sur les maladies des gens du monde, à
propos des maladies de cour : « Ce sujet n’est point de mon choix ; »s’iln’en parle pas, € c’est, dit-il, que ce chapitre ne pouvait être bien fait que par des médecins qui auraient vieilli dans des cours nombreuses et à qui leur position aurait fourni sur cet objet une grande quantité de matériaux, dont la mienne m’empêche heureusement d’avoir une provision aussi vaste. »
Quant aux professions libérales, je me bornerai à citer ce passage du même auteur, qui résume tout ce qu’on en peut dire de général : «€ L’ambition des honneurs, l’amour des distinctions et le désir de la fortune, que le luxe rend nécessaire, sont trois principes qui, animant sans cesse l’homme du monde, tiennent son âme dans une agitation continuelle, qui seule suffirait pour détruire la santé et l’exposent d’ailleurs à des revers très fréquents, à des mortifications, à des chagrins, à des humiliations , à des colères, à des dépits, qui empoisonnent tous les moments; et ce qui aggrave le danger de toutes ces impressions fâcheuses, c’est souvent la nécessité de se’‘contraindre et de les masquer. »
On pourrait cependant descendre plus avant dans les détails et mentionner la fréquence des migraines, celle de la constipation, de la dyspepsie et, d’une manière générale, de toutes les conséquences d’une vie sédentaire, de veilles prolongées et d’une congestion habituelle du cerveau. Si l’ouvrier montre avec un légitime orgueil ses mains calleuses, le cerveau de plus d’un savant, celui de plus d’un lettré présentent, aussi eux, une usure, qui pour être invisible du dehors n’est pas moins sensible par les manifestations qu’elle provoque : le ramollissement du cerveau, la folie et en particulier la paralysie générale progressive, les troubles cérébraux vagues, qui ont été décrits en Angleterre et que J'ai déjà signalés dans ce livre sous le nom de #ental strain, sont souvent la conséquence du surmenage cérébral.
On a noté comme une sorte d’alternance fonctionnelle entre le cerveau et les organes de la génération : c’est ainsi que
| LEE MUR RONES, : Le