LE PLOMB
due, et non la moins grave, est celle que détermine le plomb, le saturnisme.
Le D' Layet en a dressé un tableau fort complet dans lequel figurent : les affineurs, ajusteurs, apprêteurs d'appareils à gaz, coloristes enlumineurs, blanchisseurs (céruse) ; bronzeurs, broyeurs de couleurs, ceinturonniers (céruse et litharge entrant dans la composition du vernis siccatif) ; mécaniciens (emploi du mastic) ; doreurs sur bois, émailleurs, essayeurs * à la monnaie, fabricants de plomb de chasse, étameurs, fondeurs de caractères, imprimeurs, lapidaires, tailleurs et polisseurs de cristaux, fabricants de glaces, potiers, faïenciers, porcelainiers, verriers, vitriers, fabricants de verre mousseline, fabricants de papiers de tenture, fabricants de cartes glacées, ouvriers travaillant l’alpaga anglais, fabricants de bâches, marteleurs de plomb, fabricants de soldats de plomb, ferblantiers, bijoutiers, orfèvres, ouvriers employés à la fabrication du minium , de la céruse et de tous les composés plombiques. |
À cette liste déjà longue devraient être ajoutées une foule d’autres professions, où l’ouvrier est appelé à manier le plomb ou ses composés et dont il ne peut être question que dans un livre spécialement consacré à l'hygiène professionnelle.
Chez tous ces ouvriers peuvent s’observer à des degrés divers la colique saturnine avec anémie, liséré gingival et céphalalgie, la paralysie des muscles extenseurs, l’anesthésie et l’encéphalopathie saturnine grave avec accidents épileptiformes et mort.
Les effets du plomb ne se bornent pas à se faire sentir sur les ouvriers ; ils attaquent leur famille jusque dans leur descendance : d’après les études du D' C. Paul, sur 27 grossesses observées chez 5 femmes intoxiquées par le plomb pendant leur grossesse, on a compté 22 avortements, 4 enfants morts, 1 seul vivant. Sur 48 grossesses survenues après l’intoxication, 32 fausses couches, 3 mort-nés, 2? vivants très chétifs. l’auteur cite, comme preuve de l’influence professionnelle, une
femme qui abandonna la profession après avoir eu 5 fausses couches et eut alors un bel enfant.
Il en est de même de l’intoxication saturnine des pères : sur 141 grossesses chez les femmes de saturnins, le D' Napias cite 82 avortements, 4 naissances avant terme, 5 mort-nés: sur les 50 enfants vivants qu'ont donnés ces 141 grossesses, 20 sont morts de un jour à un an; 15 de un an à trois ans. Enfin, d’après les observations prises par M. Roque à la Salpétrière, les enfants qui survivent seraient souvent frappés d’idiotie où d’imbécillité.
Le cuivre fait également ses victimes parmi les chaudronniers, qui travaillent le cuivre rouge (bassinoires, bassins, casseroles) ; les fondeurs, qui emploient le cuivre uni au zinc (fHlambeaux, robinets, poids, etc.) ; les poéliers, qui travaillent le cuivre jaune (chaudrons ).
Les ouvriers en cuivre ont, en général, le visage pâle et cadavéreux ; leurs cheveux sont verdâtres ; la bronchite chronique, l’emphysème, la colique métallique s’observent chez eux.
Les travaux du D' Galippe ont toutefois montré que le cuivre était beaucoup moins dangereux qu’on le pensait; ceux de Burke tendraient à faire admettre que le cuivre donne à l’organisme qui l’absorbe une immunité réelle pour le choléra, la fièvre typhoïde et quelques autres grandes maladies infectieuses : les travaux de Pasteur sur l’infection microbienne, l’aptitude et l’immunité morbides rendent cette opinion très vraisemblable.
Le mercure doit figurer au premier rang sur -la liste des poisons professionnels : les ouvriers qui extraient le mercure des mines sous forme de cinabre (sulfure de mercure) sont beaucoup moins exposés que ceux qui sont employés à sa distillation; ces derniers sont occupés à remplir les fours de
mercure, à vider les cuves, à les nettoyer, enfin à recueillir le mercure déposé dans les chambres de condensation. On assure qu’à Almaden, où 4.000 ouvriers travaillent, il en meurt
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