MARIAGE MONOGAME
accroissement sur un sol infertile. Sans la polyandrie, secondée, dans ce sens, par le grand nombre des couvents de femmes, la population du Tibet cesserait rapidement d’être en rapport avec le stock de subsistances que le pays offre à ses habitants.
Le mariage monogame est au contraire en rapport avec une grande division de la fortune comme du sol, d’une façon générale avec une grande division de la propriété. IT résulte de ces conditions qu'il est plus que tous les autres modes d’union influencé dans la fréquence de sa production par le prix des denrées : en Europe, dès que le prix du blé baisse, la nuptialité baisse d’autant, et vice versa.
Il assure une plus grande fécondité et donne en cénéral plus de mâles que de filles, parce qu’il donne moms lieu à l’abus des plaisirs conjugaux et fatigue moins les parents. Il est en rapport avec un état plus pacifique; car la plupart des guerres de tribus ont pour but d'enlever des femmes. Enfin la situation sociale de la femme dans les pays monogames est toujours supérieure à celle qu’elle occupe dans les pays polygames : chez les Pueblos, qui sont. fortement démocratisés et monogames, la femme est très heureuse.
Il agit sans aucun doute comme un modificateur salutaire du milieu social, mais à la condition d’être, comme tous les contrats, soumis dans toute sa durée à un consentement mutuel, librement conclu, comme librement rompu ; sans quoi, considéré comme un dogme immuable, il dévient une source d’immoralité et ne fait que fausser les rapports sociaux. Comme tout contrat il est revisable, et le divorce est la meilleure garantie de l’action éminemment saine qu’il peut exercer sur la société. Dans bien des pays il n’est d’ailleurs que temporaire : l'engagement prend fin parfois à la naissance de l’enfant, c’est-à-dire quand il à exercé le maximum ou au moins l’essentiel de son influence sociale.