CHAPITRE XVII
L'homme peut modifier artificiellement l'organisme social. — L'évolution de l'organisme social est modifiable par la culture, mais cet organisme est facilement déformé comme le sont les plantes par les florimanes. — Fort heureusement au-dessus des recettes des jardiniers sociaux, il y a les grandes lois biologiques, qui font la force de résistance de l'organisme social à leurs essais. — L'évolution de l'organisme social est fatale. — Les législateurs doivent marcher avec l'opinion publique, dans-le sens de cette évolution naturelle. — Dangers de la contention orthopédique. — La liberté. — Trop de lois. — Souveraineté de l'opinion publique. — Une société n’est pas un produit fabriqué. — Jardiniers et bandagistes. — Amour de la symétrie et de la centralisation. — L'unité excessive amène la rigidité. — Le temps des gouvernements paternels est passé. — L'administration. — Buckle. — La liberté.
Nous venons d'étudier dans les chapitres précédents les variétés de structure que présente l’organisme social dans ses différentes régions, où nous avons observé les hommes, autrement dit ses éléments anatomiques. Nous avons procédé en même temps à l'étude du milieu social, comme ferait un naturaliste qui étudierait l’action du milieu atmosphérique sur les êtres vivants plongés dans l’océan gazeux. Il observerait des êtres d'espèces différentes, c’est-à-dire remplissant au milieu de la population vivant dans l’atmosphère, un rôle, une fonction, j'allais dire une profession différente ; il en observerait de solitaires, d’associés en bande plus ou moins nombreuse ; il examinerait leur reproduction, leur multiplication plus ou moins rapide, la quantité de substances alimentaires qu’ils consomment ; il tiendrait compte du niveau auquel vit l’individu observé et par conséquent de la pression
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