FRANCE. SEINE
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d'enfants et moins de vieillards que celle du reste du pays, et que, considérée comme un seul corps, comme un organisme individuel, elle représente un adulte robuste et vigoureux, formé par une véritable sélection des éléments les plus forts, les plus
robustes, en pleine période de rapport. Ainsi, tandis que dans la France considérée tout entière, le nombre des individus vivants diminue à mesure qu’on considère les séries par âge, chaque promotion annuelle perdant chaque année quelquesuns des siens, au contraire ce nombre, dans le département de la Seine, va en augmentant de 0 à trente ans et diminue à partir de ce maximum. La lecture du tableau ci-dessus, qui indique pour chaque âge le nombre des survivants, donne idée de cette différence.
Les villes ; et notamment les grandes villes comme Paris, représentent donc bien une élite, au moins sous le rapport de l’âge : tout ce qui est encore faïble ou déjà affaibli est éliminé : la population a précisément l’âge où la mort fait le moins de ravages, et pourtant la mortalité est plus considérable que partout ailleurs. Il faut donc que le milieu urbain présente d’autres conditions défavorables! nous les verrons plus loin.
Cette sélection est très flatteuse pour les gens des villes. Ils n’ont pas tort de se vanter d’être le cœur et même la tête du pays, mais elle est désastreuse pour le reste de la nation, pour l'organisme social que représente le pays tout entier et dont tous les organes doivent être également bien partagés. Que penserait-on d’un homme livré à un travail cérébral considérable, qui se féliciterait de ce que tout son sang affluerait dans son cerveau? Voyez, dirait-il, quelle congestion, quelle pléthore dans mon cerveau! Je ne digère pas, il est vrai; je ne puis plus marcher ; toutes mes fonctions sont languissantes, sauf celles du cerveau ; car tout mon sang, toutes mes forces ont quitté les autres organes pour ie au cerveau! Cet homme serait un fou, probablement un paralytique général avec idées de grandeur et manie ambitieuse! N'est-ce pas là un peu, avec la dose d’exagération compatible avec toute métaphore, l’écueil des très grandes villes? Sans doute il ya chez elles une sélection des intelligences, puisque la province a été écrémée ; mais, comme la province est, après tout, plus grande que la ville, il s'ensuit que toutes les forces de la nation,