TUBERCULOSE
« de plafond, pour toute une famille. Il n’y a qu’un lit dans « cette pièce, celle où couchent le mari et la femme. Le soir, & on étend un lit de fer ou on met un matelas pour les en- « fants. Le père, la mère, deux ou trois enfants couchent et « respirent dans cet air confiné. Que le père ou la mère ou « l’un des enfants devienne phtisique, ce sera miracle s’il « est le seul malade, si la maladie ne se communique pas à « presque toute la maisonnée. »
La découverte de la nature parasitaire de la pthisie et la possibilité de son inoculation par l’intestin nous permettent en outre de comprendre comment l’usage, plus fréquent dans les villes qu’à la campagne, de lait tuberculeux, de viande tuberculeuse, d’aliments quelconques ayant pu être souillés par des bacilles, peut, toutes les fois que la cuisson n’a pas
détruit la puissance germinative du bacille, engendrer la.
tuberculose dans les villes.
C’est encore la contagion parasitaire qui nous explique comment les populations demeurées jusqu’ici en dehors des grands
courants de civilisation ont été, par cela même, à l’abri d’un
mal qui éclate chez elles aussitôt que nous l’y portons, avec une intensité d'autant plus grande qu’elles sont jusque-là vierges de toute atteinte de la maladie. C’est ainsi que depuis 1844 la phtisie a pris, au Brésil, une extension exactement proportionnelle à l’arrivée des étrangers de plus en plus nombreux dans ce pays; c’est ainsi encore que les Polynésiens sont décimés par cette maladie depuis que nous la leur avons apportée.
Après s'être expliqué sur ce mécanisme de la fréquence de la maladie dans les villes et de son mode de contagion, on peut dire, sous ces réserves, que toutes Les fois que le milieu social change brusquement, la phtisie fait son apparition ; c’est que le changement brusque du milieu social suppose l’apparition de conditions mauvaises d’encombrement; il entraîne un mélange de populations, toutes conditions qui sont favorables à la contagion.
La syphilis est un autre fléau des villes. L'état social des populations influe sur sa forme comme sur sa fréquence. Ici, comme pour la phtisie, la maladie arrive avec la civilisation, avec les marchands d’un pays voisin, aussi bien qu'avec les soldats ; c’est pour cela que chaque pays à cru devoir donner à cette maladie le nom du pays voisin. Les populations isolées sont plus à l’abri.
L'état social influe même sur sa forme : chez les populations primitives, qui ne connaissent pas encore le chez soi, le ome, qui vivent, surtout dans un climat chaud, dans une promiscuité presque complète, le mal, lorsqu’ane première fois il a fait son apparition, se communique moins souvent encore par les rapports sexuels que par toute autre façon banale ; c’est alors qu’on voit apparaître ces petites épidémies locales, d’abord méconnues, que nous avons nous-mêmes subies en Europe à une certaine époque et qui ont recu des noms divers : #al de charane, Falcadine, etc.
La fréquence de la syphilis dans les villes augmente avec la densité de la population, et cela, il est bon de le dire, en dépit des mesures répressives, qu’on à cru devoir prendre à des époques diverses contre cette maladie. En 1496, le Parlement de Paris ordonne que tous ceux qui sont atteints de grosse vérole et qui ne sont pas nés dans la ville doivent en sortir par la porte Saint-Denis et la porte Saint-Jacques et s’en aller & où bon leur semblera ». Quant à ceux qui sont Parisiens, ils doivent se renfermer dans leurs maisons jour et nuit! À Édimbourg, en 1497, « Sa Majesté (Jacques IV) ordonna expressément à toutes personnes domiciliées dans l’intérieur du bourg, lesquelles sont infectées ou ont été infectées et non guéries de ladite peste contagieuse appelée grandgor (grosse vérole), de partir et d’aller hors la ville et de se réunir sur la grève de Leith à dix heures avant midi; là, elles trouveront des bateaux préparés pour elles, convenablement pourvus de vivres et destinés à les transporter à Inche, où elles resteront jusqu'à ce que Dieu ait. pourvu à