CRIMINALITÉ. — ALIÉNATION
Il est particulièrement intéressant, pour juger le milieu mental des campagnes, de constater la différence entre le mobile des crimes à la ville et à la campagne : à la ville, ce qui domine, ce sont les viols, les attentats à la pudeur, les coups et blessures, les assassinats. À la campagne, on observe plus souvent qu'à la ville le faux témoignage, le parricide et l’empoisonnement. Le campagnard a plus que le citadin le respect de la propriété et moins que lui le respect des personnes : les ruraux présentent 667 crimes contre les personnes pour 468 contre la propriété ;-les citadins présentent 314 crimes contre les personnes pour 458 contre la propriété. C’est que le campagnard est avant tout un propriétaire. C’est pour une raison inverse que les gens sans domicile fournissent 19 crimes contre les personnes pour 74 crimes contre la propriété ; ce qui prouve nne fois de plus qu’on apprécie surtout ce qu'on n’a pas!
Ce que j'ai dit du peu d’intensité de la vie cérébrale dans les conditions de ségrégation qui dominent à la campagne, fait pressentir que l’aliénation y est moins fréquente que dans les villes. Certaines statistiques donnent le tableau suivant des cas d’aliénation :
Villes. Campagnes.
France, #05... ARE 254 cas 82 cas IPÉUSSe AU nr. XIE 1837 — 102 —
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Il en est de même du suicide : pour 100 cas de suicide dans les campagnes, on en compte dans les villes”:
BAviStOR An deu PSM Saxe PER. CLS CR het 144 DÉSDCe NL R LA RER. NN nes 184 AT RU RS, Aie raee se 225 SUEUR.. Mure: RAD PETER Ed 249
Les déboires, les revers, qui poussent au suicide tant de
campagnards immigrés dans les villes, sont au moins épar-
onés à ceux qui, plus modestes dans leur ambition, sont restés au pays natal.
La ségrégation, c’est-à-dire l’état d'isolement relatif, où vit le campagnard, lui épargne le plus souvent certaines maladies contagieuses, la syphilis, par exemple; mais on trouve chez lui d’autres maladies, en quelque sorte professionnelles : de ce nombre est la kératite dite des moissonneurs, inflammation de la cornée, qu’on attribue à la piqûre d’un épi de blé et qui, en réalité, succède aux traumatismes produits par une foule de corps étrangers divers et parfois aussi est due au défaut de soins, au soleil ou à la position que prennent souvent les paysans au travail, la tête penchée vers le sol.
La cataracte est de même assez fréquente dans les départements agricoles, surtout dans ceux dont le sol de couleur claire renvoie dans l’œilavec intensité les rayons du soleil :
Les hernies, les varices sont également fréquentes.
Moins fréquente qu’à la ville est la p/éisie, sans être cependant aussi rare qu’on pourrait le croire.
Des recherches de Layet il ressort surtout que les maladies sont moins longues chez le paysan que chez le citadin. Il estjuste d’ajouter que, s’il est plus dur, plus rustique, il est aussi moins attentif, moins soigneux de lui-même ; 1l s’écoute moins : 100 années de vie donnent, chez le citadin, 176 semaines de maladie, approximativement plus de trois ans et quatre mois ; 100 années de vie donnent, chez le campagnard , 91 semaines seulement (un an et neuf mois environ) de maladie.
Le D' Andréas a fait une étude statistique des maladies des paysans en Bavière. L'auteur a fait porter sa statistique sur la presque totalité du territoire bavarois, d’après les documents officiels pour les années 1871-75.
Le résultat auquel il est arrivé, est que la mortalité à la campagne est moindre qu’à la ville. La diarrhée infantile présente un chiffre très inférieur à la moyenne urbaine : lait de meilleure qualité, air plus pur et moins chaud. Malgré des