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Recommandation particulière à mes enfants pour qu'ils aiment et respectent leur mère.
0 Ma bonne Adèle, Charles, mon bon ami, et toi « ma chère Joséphine, je vous recommande à tous •: trois d'honorer d'un respect tout particulier votre a bonne mère.
€ Elle mérite de vous une tendresse sans borne et a une soumission absolue. Vous lui devez tout ce 0 que vous êtes et tout ce que vous avez. Par son « économie, elle a conservé les biens de la famille; « par ses exemples et ses leçons, elle vous a donné « toutes les vertus que vous pouvez avoir. C'est dans « son sang que vous avez puisé vos bonnes incli- « nations, et c'est à ses soins infatigables que vous « êtes redevables de la conservation de vos jours.
« On n'a jamais vu une meilleure mère, ni une « femme plus vertueuse ; elle fit le bonheur de ma « vie et l'honneur de votre nom.
«A vous, maintenant, de la rendre heureuse; « vous devez accomplir à son égard vos devoirs et a les miens.
a Ah! que nepuis-je vous laisser mon âme, pour a l'aimer comme je l'aimais !
« Il laut d'abord tâcher de la consoler par vos « soins et par voire tendresse, et puis lui obéir en « tout. Malheur à vous, si vous faisiez quelque chose « co!itre sa volonté ou sans son ordre !
et Je lui laisse en mourant mon cœur qui vous « aima et mon autorité qui vous protégea. C'est « votre père qui vous parlera par sa bouche, et c'est « lui encore qui, vous serrant dans ses bras, revi- « vra dans son cœur pour vous aimer.
« Je lui laisse la moitié des fruits de nos biens. « Vous serez sans doute fâchés qu'une loi, fort inu- « tile pournous, ait ainsi distingué des intérêts que
a VOS affections ne sépareront jamais et ait mis « des bornes à votre abandon.
« Elle sera votre tutrice, elle exercera sur vous <( une autorité que vous respecterez toute la vie, « j'en suis sûr.
« Votre mère a une prudence rare, un jugement « infaillible. C'est elle qui doit vous diriger dans le « choix d'un état, et c'est elle aussi qui doit présider « à votre mariage. Ne comptez pas que j'implore les a bénédictions du ciel sur une union que vous au- « riez faite contre son gré. Vous n'y trouveriez que « honte et malheur.
a Mais, que dis-je? Cesseriez-vous d'être mes ena fants, après ma mort? Ne seriez-vous pas toujours a d'aimables créatures, toujours soumises, toujours a caressantes ? Sans cesse auprès de votre mère, ne « mettriez- vous pas votre bonheur à ne jamais vous « séparer d'elle, à lui dire toutes vos pensées, à lui « confier jusqu'à vos faiblesses, à trouver dans son « approbation la plus douce récompense de votre « sagesse et dans ses conseils la règle de tous vos « devoirs ?
€ C'est dans vos mains que je dépose son
230 RESPECTER LA MÈP.E
« bonheur , c'est à Dieu que vous en rendrez « compte ^
c Je ne lui ai jamais donné volontairement un « moment de chagrin, et je lui demande pardon ici « de tous ceux dont j'ai pu être la cause involon- « taire, soit par défaut de réflexion, soit par la trop « grande impatience de mon caractère.
« Et vous, mes bons amis, vous me pardonnerez « aussi, si, par suite de mon humeur quelquefois « chagrine, j'ai commis à votre égard quelques pe- « tites injustices, si je vous ai fait des reproches que a vous ne méritiez pas , ou si j'ai négligé quelque (( chose que j'eusse pu faire pour votre plus grand « avantage. Vous me pardonnerez, et vous imploc^ rerez pour moi les miséricordes de Celui qui 0 nous jugera tous.
1. Rapprocher de ces pages admirables celles que beaucoup de Livres de taison et de testaments nous ont conservées, comme l'expression achevée de la beauté morale produite dans les âmes et dans les familles par la civilisation chrétienne. Des épouses, des mères formées selon le modèle offert par les Livres saints, sont investies d'une autorité sans borne au foyer, surtout pendant leur veuvage ; et les enfants ajoutent plus tard leurs recommandations à celles de leur père, pour que leur mémoire soit dans l'avenir Tobjet d'une reconnaissance qui ne s'efface jamais. — Les Familles, t. II, liv. II, chap. VIIl^ et liv. III, cbap. V..
« Faites en sorte qu'arrivés vous-mêmes à la fm « de votre carrière, vous n'ayez pas de pareils re- « proches à vous adresser. Ils sont tous pénibles, € chacun voudrait mourir innocent.
xxvu
Recommandation pour garder l'affection des parents.
c( Je recommande encore à votre affection et c( à vos respects tous vos parents. En cela, votre « devoir s'accorde avec vos plus grands intérêts. « Vos parents sont si bons que je voudrais pouvoir « les nommer tous, puisque vous devez avoir pour <i chacun d'eux un dévouement sans borne.
« Ma sœur et mon beau-frère R..., qui n'ont point « d'enfants, ont pour vous une amitié de père ; faites « vos efforts pour vous en montrer dignes. Votre « tante etvotre oncle G... vous ont toujours comblés c( de bontés. Votre tante G. .. a sauvé la vie à Adèle, « elle éleva Joséphine et toujours elle s'occupa de te Charles. Votre grand-père maternel et vos oncles « T... doivent avoir sur vous la même autorité que
23 i AIMER LES PARENTS
« moi-même, et je vous recommande à leur bon « cœur. Mes cousins G... m'ont secouru et protégé, « quand j'étais jeune ; ils porteront sur vous-mêmes « les sentiments qu'ils avaient pour moi, et, si vous € savez les conserver et en profiter, ils peuvent vous « rendre les plus grands services.
a Je les conjure tous ici de ne pas vous abandon- « ner, et je vous mets sous leur protection.
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Prier pour les parents.
a Voilà, mes bons amis, les conseils que mon € expérience et ma tendresse pour vous m'ont ins- « pires. Suivez-les avec confiance ; ils vous seront « plus utiles que vous ne pensez.
« Vivez chrétiennement, priez quelquefois pour a votre pauvre père. Faites de bonnes œuvres en « mémoire de lui, vous y trouverez de la satisfac- « tion, Dieu habitera parmi vous, et un jour il nous <( réunira dans le monde où Ton ne meurt plus. »