ET LA PLUS VERTUEUSE DES FEMMES, MORTE A LOURMARIN, LE 23 AVRIL 17S
« Écrit laissé par mon oncle de Girard pour Vinstruction de ses enfants, et dont fai conservé cette copie, dans Vespoir qu'elle sera utile aux miens, en leur inspirant le désir de ressembler à leurs ancêtres.
a ANTOINE DE COURTOIS. »
« L'amitié fraternelle et le respect pour une éminente vertu m'engagent à retracer ici quelques circonstances de la vie d'une personne qui sut vivre et mourir.
« Je voudrais conserver dans ma famille la mémoire d'une sœur chérie, qui lui donna les preuves les plus constantes d'une tendresse éclairée, et l'exemple d'une douceur , d'une modestie, d'une sagesse inaltérables. Je voudrais graver dans le cœur de mes enfants le souvenir de ses vertus et les voir renaître en eux. C'est pour eux et pour moi que j'entreprends d'en crayonner une faible esquisse 1.
a En faisant l'éloge de ma sœur, je fais l'éloge de sa grande raison ; car c'est en elle qu'elle trouva les mobiles de tous ses actes.
1. Rapprocher de cette notice le § XVI du Livre d'3 raison d'Antoine de Courtois, et ce qui a été dit plus haut, dans notre Etude préliminaire, chap. iv, p. 8i et suiv., sur la famille de Girard,
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« La nature lui avait donné une faible constitution physique. Elle voulut d'abord aller au couvent et y prendre le voile. Craignant que cet état ne lui convînt pas, mon attachement pour elle fit que je l'engageai, non sans peine, à y renoncer. Je fus bien récompensé du sentiment peu méritoire, qui me fit préférer le bonheur 1*e ma sœur à r ajigmentationde fortune que sa clôture m'aurait procurée.
« Sa détermination prise , elle examina le bien qu'elle pourrait faire dans la situation où elle allait vivre ; elle s'en imposa la tâche et s'appliqua à la remphr. Elle s'acquitta avec zèle de ses devoirs envers un père, auquel ses grandes occupations n'avaient pas permis d'abord de discerner tout son mérite, mais qui lui rendit bientôt toute la justice qui lui était due. Elle eut pour lui les soins les plus tendres jusqu'au dernier moment de sa vie. Après sa mort, elle se dévoua tout entière à mes enfants; elle était sans cesse occupée d'eux, elle veillait à leur éducation physique et morale. Sa méthode était simple : — pour le corps, une nourriture saine, de l'exercice, des jeux, et peu de remèdes; — pour l'esprit et le cœur, la vérité, la gaîté, des instructions proportionnées à leur âge et développant en eux les germes de la r uison et de la sensibilité.
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« Quoiqu'elle fut d'un tempérament fort vif, sa modération, son indulgence, sa patience ne se démentirent jamais; aussi mes enfants se plaisaient-ils beaucoup avec elle. Elle les amusait par de petits contes ingénieux, dans lesquels elle plaçait des moralités relatives à leur conduite et dont ils faisaient eux-mêmes l'application. Elle avait pour ce genre une facilité et une fécondité peu communes. C'est elle qui leur apprit à lire, et elle le fit avec une patience que n'aurait eue aucun maître; elle leur inspirait le goût de la lecture et le désir d'apprendre ce qu'on voulait leur enseigner.
« L'intérêt personnel et l'amour-propre, ces mobiles ordinaires des actions humaines, n'entrèrent jamais pour rien dans sa conduite. Que l'homme le plus honnête s'examine sous ce rapport : il se trouvera souvent prévoyant et calculant la considération ou la reconnaissance que peut produire une bonne action. Ma sœur faisait le bien pour le bien et ne calculait jamais.
« Il y a des âmes qui font le bien par instinct et pour ainsi dire d'une manière passive. L'ame de ma sœur était d'une autre trempe.
(c Dans son enfance, elle avait été espiègle et lutine; elle eût été méchante peut-être, si la raison chez elle n'eût agi de bonne heure. Elle commença
donc à faire le bien par amour du devoir et de la règle, plutôt que par tempérament. La force et la justesse de ses réflexions lui firent sentir la nécessité de l'ordre et de la charité en toutes choses ; elle y plia son esprit et son cœur, et, après avoir fait le bien par devoir, elle le fit par inclination.
c( Elle détruisit en elle tous les germes du vice. Rien ne résista à la fermeté de ses résolutions.
« Il est des penchants que l'on se pardonne et que l'on pardonne aux autres, parce qu'ils ne paraissent pas nuisibles à la société : je veux parler de la paresse. Ma sœur ne se la permit jamais; elle brisa ce penchant à force de le combattre. Quand il lui survenait une affaire, elle la faisait sur-le-champ, et elle employait moins de temps à la finir que d'autres n'en auraient mis à délibérer ou à s'en inquiéter, avant de l'entreprendre.
(( ]\Iaitresse de son esprit et de son cœur, elle en avait banni le ressentiment, la défiance, les craintes pusillanimes et toutes les chimères de l'imagination. Elle n'avait aucune des terreurs qui tourmentent les esprits inquiets et sombres. Elle ne soupçonnait jamais le mal, et elle se trompait moins souvent que ceux qui le soupçonnent toujourc. Ah! combien l'opinion que nous avons des autres influe sur notre conduite! On se permet d'être méchant
envers quelqu'un qu'on juge tel au tribunal de l'amour-propre ou de la haine, et souvent celui dont les vices nous servent d'excuse s'autorise des nôtres, pour justifier les siens. Je reviens au caractère de ma sœur.
« Beaucoup de personnes, avec moins de sensibilité qu'elle, se troublent au moindre accident et augmentent leur peine et celle des autres, au lieu d'y remédier. Mais elle, dont l'objet était toujours le bien, dirigeait vers ce but tous les mouvements de 6on cœur, toutes les facultés de son esprit.
« Etait-elle auprès d'un malade chéri ? Elle ne s'occupait point de la crainte de le perdre, elle ne pensait qu'aux moyens de le conserver et de lui procurer du soulagement. Quand elle ne pouvait soulager, elle enseignait du moins h souITrir, et c'était par son exemple bien plus que par des exhortations. Elle supportait avec patience et résignation les maux auxquels elle était sujette ; elle passait quelquefois des nuits entières avec une migraine violente et avec un mal d'estomac douloureux, sans éveiller une femme de chambre qui était auprès d'elle.
tt Elle avait beaucoup de support pour les domestiques et leur parlait toujours avec douceur. Elle disait qu'il fallait bien les connaître et ne rien exiger
d'eux au-delà de leur portée. Si l'on se fâchait, quand un étourdi faisait une étourderie, ou lorsqu'un domestique lent mettait beaucoup de temps à son ouvrage, elle trouvait cela aussi injuste et aussi peu conséquent qu'il le serait de gronder un boiteux de ce qu'il boite.
(( Elle était économe pour elle, et elle avait pour les autres la générosité d'une personne sensée qui veut que rien ne manque, mais qui ne prodigue rien. L'objet et le motif de son économie étaient le bon emploi de ce qu'elle économisait. Elle aurait pu dire comme Madame de Maintenon : « Je suis lin peu avare ; mais les pauvres s'en trouvent bien, » Elle dépensait à peine la moitié de son revenu : tout le reste était employé en aumônes et en petits cadeaux pour ses neveux. Elle faisait beaucoup d'aumônes qu'on n'a sues qu'après sa mort. Toutes les voix se sont alors réunies pour célébrer sa charité. A la mort du méchant, tout s'élève contre lui; chacun révèle ses iniquités. Pour ma sœur, ce lut un concert de louanges, un hommage public et solennel rendu à son grand cœur.
« Personne ne connut mieux qu'elle le néant des choses humaines et ne méprisa davantage les vanités du luxe, les puérilités de l'ambition. Ce qui n'avait que de l'éclat n'excita jamais chez elle le
moindre prestige ; elle ne faisait aucun cas du faste. Si tous les hommes pensaient comme elle, beaucoup de soi-disant héros exciteraient plus de pitié que d'admiration, et ceux qui voudraient être admirés seraient forcés d'être bons et justes.
« Ma sœur faisait peu de cas de l'esprit, quoiqu'elle en eût beaucoup. Elle avait surtout une pénétration singulière, et, sans aucune étude des mathématiques, elle résolvait des problèmes embarrassants. Mais elle ne faisait volontiers usage de sa sagacité que pour excuser les fautes des autres ; elle était ingénieuse à trouver des motifs pour leur pardonner, et elle ne manquait jamais de prendre la défense des absents dont on médisait.
(( Bien différente des personnes qui, remplies de passions et de faiblesses, se font un malin plaisir de censurer les moindres fautes , elle n'avait ni passions ni faiblesses, et elle pardonnait celles d'autrai. Telle était Tinclination de ma sœur ; elle louait les bonnes qualités et taisait les mauvaises.
« Sa santé délicate semblait devoir la rappeler sans cesse à la préoccupation d'elle-même et au soin de sa conservation ; mais elle s'en occupait peu, elle savait supporter le mal et ne craignait point la mort. Hélas ! la faiblesse de sa constitution abrégea sa carrière. A l'âge de cinquante ans, ses incom-
modités augmentèrent tout à coup, ses forces diminuèrent, elle connut son état et n'en fut point alarmée.
(( Elle avait laissé voir pendant sa vie la pureté de son cœur, la candeur et les vertus les plus douces. Elle déploya alors la sublimité de son âme, elle s'éleva sans effort à une hauteur dont il est peu d'exemples. On vit cette fille modeste fixer la mort sans la craindre, la regarder d'un air ferme et riant. Cependant, elle venait d'élever et elle allait quitter une famille qu'elle aimait tendrement et dont elle était adorée.
(( Elle aurait voulu prolonger sa \ie pour la consacrer encore aux plus tendres soins et à l'instruction de ses neveux ; mais aussi elle voulait mourir pour se réunir à Dieu. Dans cet état, elle s'abandonna à la Providence, disant que la mort lui semblait meilleure, que sa confiance en Dieu et l'assurance d'une meilleure vie la lui faisaient préférer.
« Elle remerciait Dieu des dispositions où elle était.
« J'ai toujours demandé à Dieu, disait-elle, la grâce de le bien aimer; il me Va enfin accordée. Je l'aime autant qu'il est en moi, je le rcjarde comme mon Créateur et mon Père, et je
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rentre dans son sein avec une entière confiance. J'éprouve, malgré mes souffrances, un avant- (joût du bonheur qu'il me destine. »
« Elle était la vérité, la candeur même ; elle avouait que, pendant sa vie, elle n'avait pas eu pour Dieu tout l'amour dont elle aurait voulu être pénétrée. Il est digne d'observation qu'elle porta ce sentiment à un degré éminent à l'époque de sa maladie. C'est dans le sein des maux qu'elle adora encore davantage l'Auteur de tout bien ; c'est dans les bras de la mort qu'elle redoubla d'amour pour l'Auteur de la vie.
a Quand elle vit que son état ne lui permettait plus de veiller au soin des pauvres, à celui de la maison et de ses neveux, elle se détacha de la terre et ne porta plus ses regards que vers le ciel. Elle y vit Dieu qui lui offrait une existence nouvelle ; et avec quel élan son âme ne s'éleva-t-elle pas vers lui ? Personne ne poussa plus loin cette sainte confiance en Dieu, qui est le plus bel hommage qu'on puisse lui rendre. Dans le cours de sa maladie et dans le travail d'une longue agonie, elle n'eut jamais la moindre idée des terreurs qui assiègent beaucoup d'hommes au lit de mort.
€ Elle était tourmentée d'une insomnie cruelle,
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d'un sommeil fatigant, d'une suffocation étouffante. Quand j'admirais sa patience à souffrir tant de maux, elle me répondait qu'il était possible d'en souffrir davantage et qu'elle rendait grâce à Dieu de lui avoir donné la force de les supporter, ajoutant qu'elle ne changerait pas son état pour un autre. (( Quand elle épanchait son âme dans les sages conseils qu'elle nous donnait, cette effusion suspendait ses douleurs. Elle se trouvait toujours mieux après ces entretiens. Aussi disait-elle souvent : « Profitons des moments que nous avons àrester ensemble, »
« Lorsque vous songerez à moi, disait-elle, souvenez-vous des conseils que je vous ai donnés. Faites en mémoire de moi ce que vous pourrez pour vous rendre heureux. La vie est un présent du ciel : il faut en user avec reconnaissance. C'est le plus grand des bienfaits pour ceux qui en font un bon usage, et un don funeste pour qui ne sait pas en jouir. »
« Elle entretenait souvent mon fils £-né des grands principes, de la nécessité de l'ordre et des règles du devoir. Se voyant à la veille d'être séparée pour toujours de ses neveux qu'elle avait tant
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aimés, sa prévoyante tendresse aurait voulu les prémunir contre tous les dangers de l'inexpérience et du vice, les couvrir de l'égide de la vertu. Elle écrivit à celui qui était en pension une lettre dictée par la sagesse même et par la plus tendre amitié. « Un jour, elle fit venir les deux plus jeunes et leur dit les choses les plus touchantes pour les exciter à la vertu.
« Quand vous serez tentés de faire quelque chose qui ne serait pas bien , leur disait-elle , songez à votre tata bonne i ; dites-vous à vousmêmes : Elle nous défendait cela, et c'était pour notre bien; elle désirait de nous voir heureux, et on ne lest pas lorsqu'on n'est pas sage. ^>
« Elle leur parla de leurs devoirs envers Dieu et envers les hommes.
«c Demandez à Dieu Cj[uil vous fasse la grâce de le bien aimer. Songez que vous lui devez la grâce de l'existence et qu'il faut être juste et bienfaisant pour être agréable à ses yeux.
1. Il 7 a cinquante ans encore, en Provence, une lante s'appelait a tata, » dans le langage affectueux de la familiarité.
« Ne faites jamais de mal à autrui^ j)^^ même 3iux animaux. Dans votre conduite et vos rapports avec vos semblables, demandez-vous à vousmêmes si vous voudriez qu'on vous fît cela.
« Soyez charitables, ef, quand vous ne pourrez pas donner autre chose, donnez de bons conseils; mais, pour être en état d'en donner, il faut être instruit et avoir une bonne conduite; car on a mauvaise grâce de conseiller les autres^ lorsqu'on ne sait pas se conduire soi-même.
a Sachez jouir de ce cfie vous avez. Faites-vous une habitude de ne pas désirer mille choses inutiles au bonheur et dont la privation rend malheureux.
a Soyez patients, indulgents ; pardonnez^ si vous voulez qu'on vous pardonne.
« Ayez de l'ordre et de l'exactitude. Lorsque vous aurez quelque chose à faire, ne renvoyez jamais. Quand on renvoie, les affaires s'accumulent, on les fait avec précipitation et l'on a plus de peine.
« Lorsque vous aurez quelques mauvaises pensées, détournez-en tout de suite votre esprit; occupez-vous d'un autre objet qui fasse diversion. Si l'oussuivezce conseil, il vous épargnera beaucoup de repentirs.
« S'il VOUS arrive malgré votre bonne volonté de faire quelque chose de mal, ne vous découragez pas; mais tenez-vous sur vos gardes, et redoublez d'ardeur pour bien faire. »
« Durant cet entretien, l'un des enfants était immobile, sa tête baissée, le cœur pénétré; l'autre sanglotait et fondait en larmes. Leur mère pleurait aussi, et moi je disais, en pleurant avec eux : « Ma sœur, vous êtes un ange. y>
<( Je pris mes enfants par la main, je les fis mettre à genoux aux pieds de leur tante, et ils lui dirent :
« Chère tata, adorable tata^ nous prions Dieu de bien graver dans nos cœurs les sages leçons que vous venez de nous donner. Nous ferons notre possible pour ne les oublier jamais, nous nous souviendrons toujours de notre bonne tata, de toutes les bontés qu'elle a eues pour nous jusqu'au dernier moment de sa vie. »
« Alors, elle leur donna sa main à baiser, les fit relever, et tout cela sans verser une larme.
(( Jusque-là, elle avait eu un air calme et serein, mêlé d'un peu de gravité. Elle prit dans ce mo-
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ment un air riant, et leur dit : « Mes enfants je suis bien malade; mais il est possiWe que je n'en meure pas. Si j'en relevais, cela vous ferait grand plaisir, n'est-ce pas? Le soir que je dînerais au salon serait une petite fête. »
« Dans le cours de sa maladie, et surtout à la fln elle cherchait toujours à s'égayer; elle voulait que les femmes qui la servaient fussent de bonne humeur, et, pour les tenir contentes, elle donnait des espérances qu'elle n'avait pas.
« Deux jours avant sa mort, on la promenait au jardm dans une espèce de chaise à porteur Elle admirait la beauté des arbres en fleurs et disait d un air doux et riant : « Je jouis de mon reste. > « Elle montra de la gai té, jusque dans les moments de l'agonie où la nature fatiguée suspendait le combat de la vie et de la mort.
« Elle remplit avec une grande foi les derniers devoirs de la religion. Quand elle vit sa fin approcher, elle me chargea d'écrire à notre sœur et de 1 exhorter à ne pas s'affliger, disant qu'elle nous permettait quelques larmes douces, mais non une grande douleur, que nous devions penser à son bonheur et n'y mettre aucun doute, que cette pensée devait nous consoler. Elle ajouta qu'elle aurait écrit a sa sœur une lettre de consolation, mais
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que, de la part d'une mourante, cela aurait un air d'ostentation qu'elle ne voulait pas se donner.
« Elle ordonna que ses funérailles se fissent comme celles des personnes de son état, ni plus ni moins, et l'on voyait bien qu'elle le voulait ainsi pour éviter toute affectation de modestie ou toute apparence d'éclat.
(( Elle prévint tout ce qui aurait pu causer de l'embarras après sa mort, et donna ses ordres avec la même tranquillité, la même présence d'esprit, qu'elle aurait fait les préparatifs d'un voyage.
(( Sa fermeté, sa sérénité, sa confiance en Dieu dans ce moment suprême auraient converti l'athée le plus obstiné, et elles seront élernellement dignes de l'admiration du chrétien. »
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