Chabas, Revue archéoloQique^ xxix, vol, de la l'* série
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à garder au sein des familles, et en même temps celles qui sont nécessaires au bon ordre de l'État.
Les lois de Manou, qui sont le code religieux des Hindous, ne sont pas moins formelles sur le principe religieux de la piété filiale :
« Un instiluteur est l'image de l'Être divin, un père l'image du Seigneur des créatures.
a Plusieurs centaines d'années ne pourraient faire la compensation des peines qu'endurent un père et une mère pour donner naissance à des enfants et les élever. Qu'un jeune homme fasse constamment, et en toute occasion, ce qui peut plaire à ses parents, ainsi qu'à son instituteur. Lorsque ces trois personnes sont satisfaites , toutes les pratiques de dévotion sont heureusement accomplies et obtiennent une récompense,
« Une soumission respectueuse aux volontés de ces trois personnes est déclarée la dévotion la plus éminente, et, sans leur permission, l'élève ne doit remplir aucun autre pieux devoir.
« Celui qui ne les néglige pas, devenu maître de maison, parviendra à l'empire des trois mondes. Son corps brillera d'un vif éclat, et il jouira d'une félicité divine *. »
1, Les Livres sacre's de l'Orient, traduits par Pauthier; liv, II, n" 22j-232 des lois de Manou, p. 351.
En Chine, la doctrine de la piété filiale est d'autant plus pure, d'autant plus lumineuse, observent les missionnaires, qu'on remonte vers sa première source. « Les rapports immuables de père à /îis, dit Confucius, découlent de l'essence même du Tien (de Dieu), et offrent la première idée de prince et de sujet. Un fils a reçu la vie de son père et de sa mère ; ce lien qui l'unit à eux est au-dessus de tout lien, et les droits qu'ils ont sur lui sont au-dessus de tout. Ainsi, ne pas aimer ses parents et prétendre aimer les hom' mes, c*est contredire Vidée de vertu ; ne pas honorei' ses parents et prétendre honorer les hom^ mes, c'est démentir la notion des devoirs.
ce Honorer et aimer ses parents est Vaccomplissement des lois fondamentales de la société humaine i. »
— « Soyez toujours pénétré de religion, est-il dit dans leLy-ki ; la religion seule rend indissolubles les liens qui unissent le prince et le sujetj les supérieurs et les inférieurs, le père et le fils, etc.. Le sage ne perd jamais de vue sa pre-
1. T. IV, p. 46 et sulv. des Mémoires sur la Chine, déjà cités, contenant le Hiao-kina ou livre canonique sur la piété filiale, qui fut composé par Confucius 480 ans avaut l'ère chré tienne.
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mière origine ; voilà pourquoi la religion est sa grande fin^. »
Les livres qui servent à l'enseignement, dans la famille et à l'école, font consister la science de la morale et de ses applications dans la connaissance de ces devoirs fondamentaux. Voici quelqiies-unes des maximes les plus répandues :
« Les anciens disaient : les pères et les mères les plus aimés sont ceux qui aiment le plus la vertu.
a Qui est bon fils est bon frère, bon époux, bon père, bon parent, bon ami, bon voisin ; qui est mauvais fils n'est que mauvais fils. — Tout scélérat a commencé par être mauvais fils. — Toutes les vertus sont en péril, lorsque la piété filiale est attaquée. — Les plus grands talents ne conduisent qu'à de grands vices, lorsqu'on ne les emploie pas à signaler son respect pour ses parents. — Si les pères et les mères achetaient des verges, les bourreaux vendraient leurs sabres. — La piété filiale a sauvé plus de vies que la médecine.
<c La piété filiale fixe les vrais principes du gouvernement ; si on l'abandonne, les lois portent à faux, et l'autorité chancelle ou n'a plus de borne.