Œuvres de Michel de L'Hospilal, t. Il, p
2. R. de Fontenay, Journal des économisles, juin 1856, p. 401. — Combien l'esprit de la tradition était difÏHrent! Un des membres de la famille Bonvêpre de Neufchâtel, dont nous avons parlé plus haut, perd son père en 1735, quelques années après avoir terminé ses études à Bâle; et il écrit dans son journal : — « Le 20 mat 17J5, mon très-cher père est mort, âgé de quarante-neuf ans, notre perte est trèsgrande. Hélas! il nous laisse dans un âge où l'on n'a encore aucune expérience, »
Voilà, trop exactement décrit, l'état de subversion qu'ont produit nos révolutions , et qu'aggravent chaque jour davantage ceux qui, confondant les sciences morales avec les sciences physiques, propagent en aveugles une notion absolument fausse du progrès. De là l'universelle instabilité; de là, le désordre des idées, où nous perdons le sens des vérités les plus simples, les plus élémentaires et aussi les plus nécessaires.
Il y a de longs siècles, le philosophe de l'antiquité qui se servit le plus de la méthode expérimentale disait : « Voulez-vous découvrir avec certitude la vérité? Séparez avec soin ce qu'il y a de 'premier, et tenez-vous-y. C'est là en effet le dogme paternel, le dogme divin i. » Belle maxime! Dans le débordement inouï d'erreurs où nous sommes, elle se recommande aux méditations de tous et particulièrement de ceux qui, divisés sur d'autres points, demeurent unis dans la même foi religieuse. Les chrétiens ont le privilège de posséder, avec la révélation du dogme divin, la loi morale parfaite, les principes sociaux dans leur plénitude. Appuyés sur la tradition universelle et sur la pratique actuelle des peuples prospères, ils ont plus que ja-