‹ La vie du dogme catholiqueChapitre 34 sur 49 · II. — Le Problème de la Liberté · texte numérisé non relu

II. — Le Problème de la Liberté

Nous donnons ici quelques-uns des jugements qui ont été portés en France et à l'Étranger sur ce bel ouvrage :

The catholic JJnwersity Bulletin, Washington, januarylSQS. — Le Polybiblion a souhaité que cette œuvre pût faire époque : c'est un vœu qu'elle réalise; elle arrive à son heure pour ramener la philosophie à son véritable équilibre, qui, comme l'histoire le prouve abondamment, consiste à se tenir entre les deux extrêmes.

Revue Philosophique ^ année 1894, M. Fonsegrive. — M. Fiat veut étudier à nouveau le problème de la liberté et il se propose en ce premier volume de décrire « les principales phases par lesquelles a passé cette longue et ardente discussion sur l'un des problèmes les plus importants de la vie humaine. Exposer Phistorique de la liberté au xix© siècle ; tel est le premier but de nos efforts. Il y a là, nous semblet-il, une œuvre utile à faire. Il faut se rendre compte de ce qu'ont pensé les autres avant de penser par soi-même. Procéder autrement, c'est s'exposer à réfuter ce qu'on ne com-

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prend pas, c'est aussi se diminuer soi-même en refusant de recourir aux lumières de ses devanciers (p. 6). »

Poli/bibHo7î,dinnée i 894, L. Couture. — Le premier mérite que la critique sera sans doute unanime à reconnaître au savant écrivain , c'est d'avoir classé avec autant de fermeté et de justesse que d'aisance et de clarté des essais de solution si nombreux et si divers. Il distingue d'abord trois périodes, moins chronologiques que logiques, dans l'évolution de l'idée de liberté au xix* siècle : — la première àlafois psychologique et métaphysique, psychologique en France avec Maine de Biran, Cousin et Jouffroy ; métaphysique en Allemagne avec l'iléalisme de Pichte et de Schelling; — la deuxième où le déterminisme domine, prenant un caractère scientifique chez les positivistes anglais et français, un caractère physiologique avec Ribot, Taine et les néo-criminalistes, un caractère psychologique avec M. Fouillée;— la troisième, où la liberté prétend se relever, surtout par l'effort désespéré des néocriticistes. — 11 faudrait parcourir successivement ces trois parties et leurs subdivisions pour donner quelque idée de la sagacité et de la hauteur de vues qui distinguent cette exposition tour à tour psychologique, méthaphysique et scientifique.

Le Correspondant, 25 févr. 1895. — M. l'abbé Piat publie un remarquable travail sur la question de la liberté, si longtemps agitée sans succès. Il relève d'abord, avec autant de bonheur que de courage, les preuves traditionnelles du libre arbitre, que la critique s'acharne depuis trente ans à démolir. Il esquisse ensuite une théorie originale de la liberté, où les données de la philosophie ancienne et celles de la philosophie moderne viennent s'unir dans une idée large et profonde. Il parle enfin du rôle de la liberté dans la vie intellectuelle et lavie morale. L'ouvrage est ainsi de pleine actualité, et il est écrit d'un style souple, élégant, qui attire le

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lecteur, ce qui n'est pas banal dans un ouvrage de philosophie. V Enseignement chrétien, le' mai 1895, Eug. Durand. — Dains un chapitre préliminaire qui n'est pas le moins original de l'ouvrage, définition et méthode sont dégagées avec une grande netteté de toute obscurité... Si les déterministes nient la liberté, c'est qu'ils prennent le problème à rebours. Au lieu de chercher, en premier lieu, si la liberté est un fait, ils commencent par se demander si elle est possible, et s'embarrassent aussitôt dans toutes les difficultés psychologiques, scientifiques et métaphysiques de la question. Mais ce que nous connaissons le mieux, ce sont les faits de conscience, et l'on ne peut les nier au nom des idées.

V Année philosophique, 1894, p. 230 — M.Piat tient, comme l'école spiritualiste, que la liberté se prouve directement par le témoignage de la conscience : et même cette preuve est, à ses yeux, fondamentale. « Il y a, dit-il, deux preuves de liberté : la conscience du devoir et la conscience de l'effort. Ce sont là comme deux astres qui brillent au ciel de notre pensée et projettent leurs rayons jusqu'au fond de notre nature qui est activité libre. Mais de ces deux astres, l'un n'a qu'une lumière dérivée. Tout se ramène à la conscience de l'efîort : là se trouve le foyer du libre arbitre » (t. II, p. 120).

Etudes religieuses, 23 décembre 1894. — Sans doute, tout n'est pas neuf dans cet ouvrage ; partout cependant on sent un effort pour tout renouveler, pour soumettre à une critique prudente, mais libre, les vieilles démonstrations, pour compléter ce qui peut y rester d'insuffisant, surtout pour les tourner contre les objections nouvelles et les adversaires récents. Qu'on lise par exemple la page oii M. Fiat démontre l'hétérogénéité du motif et du mobile... On trouvera dans d'autres écrits le germe de cette démonstration, nou3 ne

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croyons pas qu'elle ait jamais été donnée avec autant de netteté et de précision.

Bulletin critique, 25 février 1895, Momas. — M. Tabbé Fiat compare quelque part le philosophe à l'artiste. « C'est à force de ciseler son marbre que l'artiste en fait jaillir la beauté. C'est en affinant les données de l'expérience, à la lumière de la raison, que le philosophe, artiste d'un autre genre, s'élève à la pure contemplation du vrai. » A nul mieux qu'à lui ce rapprochement ne peut s'appliquer; car il es difficile d'unir au même degré la force à la délicatesse de la pensée.

Histor-Polit. Blatter, CJ7(189o), D'' Bach. — La science, pourvue de méthodes plus sévères, essaie, sous l'égide du Positivisme, de porter la lumière jusqu'aux profondeurs de rhumaine activité; et de fait elle a mis dans un meilleur jour certains aspects de notre nature, par exemple, le milieu ot éclot l'acte libre. L'auteur ne regarde point ces hardiesses en ennemi ; il sait tenir compte de ces facteurs nouveaux... Mais le Positivisme, avec sa méthode empiririsante, affaiblit la moralité et la santé de l'âme : c'est une sorte d'opium. « On nous a parlé assez longtemps de l'animal qui est en nous, s'écrie M. Piat; élevons-nous une bonne fois, et dans l'homme cherchons l'homme. »

American Ecoles iastical Review, mars i895, Philadelphia. — Ce travail fait croire à la force progressive de la philosophie catholique, dont les principes, un moment ébranlés, se relèvent sous l'effort de la spéculation nouvelle. C'est seulement dans des ouvrages de ce genre que cette restauration peut trouver son point d'appui. L'examen historique et critique de chaque problème, la défense des idées antiques soutenues à la lum.ière des faits récemment découverts • voilà le salut.

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