‹ La vie du dogme catholiqueChapitre 33 sur 49 · LES PASSIONS ET LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

LES PASSIONS ET LA VOLONTÉ

In-12 3.50

L'ouvrage sur les passions et la volonté complète la psychologie. 11 commence par un tableau de l'inclination dans tous les êtres; d'abord en Dieu et dans les êtres sans comiaissance, puis dans les êtres connaissants : Vanimaly l'homms et l'esprit pur.

Les passions sont ensuite définies dans leur nature et classées par ordre logique: elles se distribuent en deux appétits, l'appétit de concupiscence et l'appétit d'irascibilité. Cette classification comprend six passions dans le premier appétit : amowr, haine, désir, aversion, plaisir, douleur; et cinq dans le second: espérance, désespoir, crainte, audace, colère-

L'auteur étudie successivement et en détail la nature, les causes et les effets de ces onze passions, d'après Aristote et saint Thomas.

Les passions sont proprement de l'erdre sensible; mais il y a néanmoins des affections analogues dans l'appétit intellectuel, qui peuvent être appelées dans un sens large pas», sions de la volonté. Tout ce qui est dit des passions sensibles peut être transposé dans l'ordre des passions intellectuelles.

L'appétit intellectuel est considéré à part dans deux leçons : l'une sur la volonté et le libre arbitre, l'autre contenant la réfutation du déterminisme.

La volonté est éclairée par l'intelligence; et, comme Tabsolu réel et parfait est le dernier terme du mouvement de l'intolligence humaine, la tin dernière de la volonté est Dieu lui-même. Cette conclusion si importante est amenée par une analyse progressive des facultés de l'âme humaine.

L'inclination fondamentale de la volonté est nécessaire: n-anmoins dans le dévelcppemeut de ses opérations, la voloulé est libre.

p. LETHIKLLEUX, Editeur, lo, rue Cassette, PARIS 9

Après avoir donné sommairement la preuve du libre arbitre par le témoignage de la conscience et par la pratique des peuples, M. Gardair insiste particulièrement sur la preuve métaphysique, qui se résume ainsi : c'est précisément parce que la volonté est nécessairement inclinée vers le bien absolu et parfait, qu'elle est libre à l'égard des biens particuliers et imparfaits qui ne iui apparaissent pas comme nécessairement liés au bien absolu et parfait.

La volonté est libre aussi dans son exercice : elle a la liberté de vouloir ou de ne pas vouloir.

L'élection libre est acte de raison et de volonté.

Le déterminisme, négation du libre arbitre, est réfuté sous ses trois formes: phijsique, psychologie, métaphysique.

Le déterminisme physique exagère la portée de la loi de la conservation de l'énergie. On ne peut prouver, au moyen de cette loi, ni a priori, ni a posteriori, qu'une puissance supérieure n'intervienne pas pour modifier l'action nécessaire des forces physiques.

Le déterminisme psychologique prétend à tort que: 1© la conscience ne peut prouver la liberté des actes volontaires; 2° la volonté doit être déterminée nécessairement par un motif de vouloir; 3» en fait, les actions humaines sont déterminées nécessairement par les influences de la vie physiologique, des passions, des penchants.

Le déterminisme métaphysique met en avant trois arguments principaux qui n'ont pas la valeur qu'il suppose ; savoir: 1* incompatibilité du libre arbitre avec Tordre prétendu nécessaire de l'univers; 2° le mal moral, conséquence du libre arbitre, est inadmissible dans l'œuvre d'un Dieu parfait; 3o le libre arbitre est la négation de la prescience et du gouvernement infaillibles de Dieu.

L'auteur répond rapidement à toutes ces objections.

Il délimite ensuite Vempire de la volonté, en décrivant d*une part Vinfluence des autres puissances sur la volonté, d'autre part l'influence de la volonté sur les autres puissances.

Enfin, il précise, par une analyse pénétrante, les conditions du véritable bonheur, de la possession du souverain bien pour l'homme, en montrant d'abord ce' que le bonheur n'est pas, puis ce qu'est le bonheur. 11 va jusqu'au bout de ce que peut éclaircir la raison humaine par sa lumière naturelle dan^ l'exposition abrégée de la béatitude finale.

10 p. LETHÎELLEUX, Éditeur, 10, rue Cassette, PARIS

Page 1