‹ La vie du dogme catholiqueChapitre 47 sur 49 · LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE

DE

M. B ALFO UR

Par a. RE Y

En Angleterre, les hommes d'Etat sont aussi théologiens, les ministres donnent leur avis dans les querelles dogmatiques, les leaders parlementaires spéculent sur les plus hautes questions de métaphysique. Est-ce un bien ? Est-ce un mal? Peu imports. Le livre que nous annonçons est destiné à faire connaître et à juger la philosophie et en particulier le livre sur les fondemenis de la croyance de M. Balfour, le propre neveu de lord Salisbury et le leader ministériel dans la chambre des communes. Il faut dire que ce livre a fait un bruit immense en Angleterre, peut-être parce qu'il favorise cet esprit d'hésitation, d'indécision, de doute, qui y est aujourd'hui sirépandu.ll est remarquable parlecharme du style, par la richesse de l'humeur, par l'esprit courtois dont il ne se départ jamais ; mais ce qui le caractérise surtout c'est l'esprit de négation qui dés l'abord ne se trahit pas, commence cependant à se manifester dés le troisième chapitre, et aboutit au fidéisme a priori, expression polie que les théologiens courtois substituent à celle du scepticisme. Cet esprit est combattu chez M. Balfour par un autre esprit, un esprit de foi qui veut rester chrétien, au moins d'intention. Or il faut bien choisir entre les deux ; mais M. Balfour ne peut le faire ; s'il se déclare chrétien, il ne peut le faire que par sa conscience et contrairement à ea logique ; car dans tout son livre il affirme que l'intelligence ne peut rien savoir, puisqu'il n'admet aucun principe rationnel, iiucune base de la certitude, de même que la volonté ne peutrieiî cho sir, puisque rien n'a en soi de quoi expliquer et motiver et. choix. Il nous faudrait donc être, au nom de la science, incrédules, ou, au nom de la croyance, voués à la superstition. En un mot, c'est le scepticisme qui renaît, déguisé sous le voile dune foi hypocrite. Ce livre de M. Balfour méritait donc d'être signalé aux vrais chrétiens, à cause des réels dangers que sa lecture inconsidérée peut faire naitre. C'est un vrai service que nous r>'nd M. J. Rey, qui, dans sa critique, fait preuve d'un jugement sur et d'un esprit philosophique remarquable.

{Vraie France.)

p. LETHIELLEUX, Éditeur, lo, rue Cassette, PARIS. 4t

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