G LA. VIE DU DOGME
l'assentimeiit n'est plus de même qualité. Il pourra s'inspirer du respect en telles circonstances données — mais non de la Foi. En présence de certains noms imposants, de certaines écoles séculaires, il y aura peut-être lieu de rappeler et de mettre en pratique les sages avis d'un théologien précédemment cité('l): de sorte qu'en présence de certaines formules systématiques, le dédain et le mépris seraient téméraires — mais le système n'a point l'autorité du credo.
11 n'est pas inutile de remarquer combien les adversaires del''écoIe tliéologique sont empressés à se placer sur ce terrain, soit pour minimiser le dogme obligatoire — soit pour mettre en défiance contre toute formule théologique une génération déjà trop prompte à s'effaroucher du spectre mé^ taphysique. Présenter toute terminologie comme le résultat d'un système (et partant non recevable) c'est une thèse chère aux rationalistes. Est-elle historiquement soutenable?
L'École, au contraire — surtout l'École du 'IS^^ siècle — loin de nous donner ses conceptions comme des résultats systématiques — nous les représente comm'e des conceptions communes^ vérités d'intuitioii, ou du moins très voisines de la région des vérités vulgaires accessibles à tous.
(1) Hurler, elle p. 109.
— Pour DOS grands docteurs (1), la métaphysique est surtout intuitive, bien que le procédé déductif n'en soit pas exclu. On a pu, interprétant et développant ces enseignements, présenter la métaphysique traditionnelle comme une métaphysique du sens commun, spécialement caractérisée par l'intelligence des premiers principes et par l'évidence des déductions qui s'y rattachent le plus immédiatement.
Nous n'avons pas à chercher jusqu'à quel point cette simple et lumineuse conception s'est maintenue dans l'École. Des luttes célèbres ont armé les uns contre les autres de puissants esprits ; ces luttes furent trop ardentes, sans éviter toujours l'esprit de chicane et le démon de la subtilité — ces tournois retentissants ont trop longtemps exercé les rudes jouteurs de la scolastique
— pour que la spéculation théologique ait pu demeurer fidèle à son programme primitif, tranquille contemplatrice des mystères de la Foi au moyen des vérités de sens commun (2).
(1) Non seulement pour eux, mais pour bien des penseurs d'élite — Voir Th. de Régnon Méia-physique des Causes : du sens commun (Liv. 1. cap. iv)-
(2) La chicane des sophistes et l'argutie des hérésiarques ont nécessairement aiguisé la métaphysique des conservateurs traditionnels. N'était-il pas nécessaire de subtiliser quand on se trouvait en présence d'ouvrages