ÉVÊQUE DE QUIMPER ET DE LÉON
Ce petit ouvrage était sous presse quand nous avons appris la mort subite de M&r Nouvel, décédé le Ier Juin 1887. C'était le meilleur ami du P. Jean, et certainement un des plus saints évêques de France. Ses lettres nous avaient puissamment encouragé à poursuivre cette modeste vie, au milieu des obstacles qui avaient surgi avant son apparition ; aussi avions-nous résolu de la lui dédier. Qu'il daigne en recevoir l'hommage du haut du Ciel, où il est allé rejoindre son saint ami.
Il ne nous avait demandé que la suppression de quelques phrases qui blessaient sa modestie. Sa mort nous a permis de les conserver, bien sûr que tous ses amis ratifieront les jugements du P. Jean, qui le connaissait si bien. Ses lettres serviront d'introduction à cette histoire et sa bénédiction fera son succès. Ad majus pietatis incrementum.
Quimper, le 20 juin i885.
Monsieur l'Abbé.
Je ne puis vous exprimer le vif intérêt avec lequel j'ai lu les pages que vous avez écrites sur la vie de mon saint ami. Je n'ai pu en interrompre la lecture que lorsque mes devoirs me forçaient de le faire. Continuez la vie de mon saint ami, elle confond ma lâcheté, mais elle me fera et à beaucoup d'autres, le plus grand bien.
Quimper, le i«r juillet 1886.
L'intérêt dans la vie du bon P. Jean va toujours croissant. Je vous remercie de ces pages si belles, elles me font le plus grand bien et, pour me servir d'un de ses mots dont je me rappelle, nous ne sommes que de pâles peintures
Il y a, cependant, une erreur historique contre laquelle je dois protester. Vous dites : le saint M§r Nouvel. On voit bien que vous ne me connaissez pas. Je suis un fort pauvre homme ; je n'ai eu qu'une vertu : obéir quand on me commandait ; et l'obéissance est dure quand il faut cesser d'être moine pour devenir évêque.
Priez pour moi et soyez assuré
(La lettre du ij août 1886, est reproduite dans le texte, P- 23I)
Quimper, le 20 août 1886.
Je vous écris entre deux retraites ecclésiastiques en vous retournant votre manuscrit. Je vous parlerai toujours avec la même franchise, mais ne tiens pas à mon sentiment.
Je ne vous adresse pas le reproche qu'on vous fait d'écrire un livre trop mystique. Vous n'écrivez pas pour les personnes du monde, mais pour le clergé et les communautés religieuses : c'est un grand exemple que vous donnez.
(La suite de cette lettre se trouve à la page 277 J.
Quant au style, je le trouve très bon quand les incorrections du copiste seront corrigées. Cette vie ne demande pas la littérature qui plaît au monde ; le fond doit l'emporter sur la forme.
Priez pour moi et recevez l'assurance.
Quimper, le 10 septembre 1886.
Les retraites ecclésiastiques m'ont empêché de vous renvoyer plus tôt votre précieux manuscrit. Je n'ai supprimé que deux lignes, page 315. (Nous les avons rétablies après la mort de Msr Nouvel) .
Quimper, le 16 octobre 1886.
Je n'ai aucune remarque à vous faire sur le chapitre XV" je l'ai trouvé fort intéressant. Il montre le prix qu'on peut tirer des douleurs que le zèle pour la gloire de Dieu a occasionnées.
Quimper, le 5 novembre 1886.
Je trouve des choses charmantes et édifiantes dans ce que vous dites des vertus du bon P. Jean. J'aime beaucoup sa lettre sur la propreté dans la pauvreté. Continuez votre travail, il fera du bien surtout dans les communautés religieuses.
Quimper, le 29 décembre 1886.
Tout est édifiant dans la vie de mon saint ami ; mais il y a dans ses mortifications quelque chose d'effrayant, et cette vieillesse si douloureuse en montrant le saint, fait craindre qu'on n'ait pas le courage de demander à Dieu la grâce de l'imiter.
Quimper, le 16 janvier 1887.
Je vous adresse les derniers chapitres de votre manuscrit de la vie du bon P. Jean. Ils m'ont grandement édifié: mais il est effrayant de voir ce que Dieu lui a demandé de souffrances.
Quimper, le 15 mars 1887.
Je regrette que la vie de mon excellent ami ne paraisse pas actuellement. Elle aurait fait du bien, dans les communautés religieuses principalement. Le monde ne connaît plus l'Évangile.
Plouescar, en visite pastorale, 30 avril 1887.
Je suis heureux de la levée des oppositions à l'impression de la vie du bon P. Jean, car je suis persuadé qu'elle fera un grand bien.
Priez pour moi et agréez l'assurance de mes sentiments les plus dévoués en Notre-Seigneur.
f Dom Anselme, Évacue de Quimper et de Léon.
Nous pourrions donner d'autres lettres aussi explicites de plusieurs de Nosseigneurs les Evêques, mais comme ils sont encore vivants, nous ne nous croyons pas autorisés à le faire.
ÉVÊCHÉ Marseille, le 3 septembre ij
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