MARSEILLE
Mon bien cher Chanoine,
Le P. Jean est mort peu d'années après mon arrivée dans le diocèse. Néanmoins je l'ai assez vu pour comprendre la profonde estime et l'affectueux respect qu'il s'était attirés, surtout dans le clergé et les communautés religieuses de Marseille.
Il était excellemment au milieu de nous, par la sainteté de sa vie et par la sagesse de sa -direction, la bonne odeur de Jésus-Christ. Mais que de vertus, et de vertus héroïques il a tenues soigneusement cachées aux yeux des hommes ! Il convenait après sa mort de briser ce vase d'humilité et d'en répandre les parfums pour la consolation de ses filles devenues orphelines, et aussi pour l'édification des âmes qui sont vouées par état à la vie de perfection. C'est en effet pour elles, seion la remarque de Msr Nouvel, évêque de Quimper, le saint ami du P. Jean, que cette vie doit être écrite, et non pour les personnes du monde qui comprennent si peu la sublime et austère doctrine de l'Evangile.
Mais nous, prêtres ou religieux, qui sommes obligés de conformer notre vie aux maximes de Jésus-Christ, en ce qu'elles ont de plus parfait, nous trouverons de nobles exemples à suivre dans cette vie toute surnaturelle et qui s'est particulièrement inspirée et pénétrée d'un grand esprit de prière et de pénitence.
Vous avez eu l'heureuse pensée d'emprunter à l'office
de la messe de S. Joseph de Calasanct la devise que vous placez en tête de l'ouvrage et qui sert très-bien de conclusion à tous les chapitres du livre : Ad majus pietatis incrementum ! (i)
Tel sera bien, en effet, j'en suis assuré d'avance, le fruit que retireront vos lecteurs. J'en bénis Dieu de toute mon âme.
Veuillez agréer, mon cher Chanoine, la nouvelle expression de mon affectueux dévouement en Notre-Seigneur.
f LOUIS, évèque de Marseille.
(i) Pour le plus grand accroissement de la piété.
ÉVÊCHÈ A Valence, en cours de prédications,
de le 3 septembre 1887.