‹ La Vie Ecclesiastique et ReligieuseChapitre 2 sur 55 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Ce fut cependant Farel qui, aidé de Gayling, prècha le premier, dès 1524, la réforme dans ce pays. Mais Farel ne séjourna que peu de temps à Montbéliard et il ne put rien organiser. Le véritable réformateur de ces Églises est Pierre Toussain, un homme d'énergie et de foi qui mériterait d’être mieux connu.

Toussain, appelé à Montbéliard par Ulric de Wurtemberg, l’un des descendants du prince à qui était échu par mariage notre pays français de langue, de race et de traditions, avait organisé nos Églises sur le pied des Églises évangéliques de Suisse et ce ne fut que plus tard que les idées, la liturgie et les usages du Wurtemberg luthérien furent introduits dans les Églises du comté de Montbéliard. Les princes de Montbéliard ont été, sous la pression de leurs théologiens, les auteurs principaux de cette transformation; elle leur a été vivement reprochée. Les historiens qui ont jusqu'ici étudié ce que M. Buisson appelle « notre petite, mais intéressante histoire », sont bien sévères pour ces princes et leurs théologiens. C’est que — sauf M. Charles Duvernoy — la plupart n’ont pas vu les choses d’assez près.

En fait, la transformation n’a pas été tout à fait aussi brutale qu’on l’a dit. Ulric, le premier prince qui ait tenté d’introduire à Montbéliard l’ordonnance ecclésiastique du Wurtemberg, penchait, sur certains points, vers les opinions des Suisses, et dans le conflit de Toussain avec les théologiens wurtembergeois, c’est à Toussain qu’il donna finalement raison. Le duc Christophe son fils était un homme vraiment sérieux et pieux, très ferme sur la doctrine et qui recula devant les violences dans un temps où le mot même de tolérance, était pour beaucoup une hérésie. Les théologiens luthériens dont le zèle convertisseur froissa par trop vivement les habitudes et la foi des Montbéliardais furent d’abord désavoués et

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