‹ La Vie Ecclesiastique et ReligieuseChapitre 34 sur 55 · ORDONNANCE DE · texte numérisé non relu

ORDONNANCE DE

LA

Dieu et Père éternel tout-puissant, nous recognoissons et confessons, hélas, que nous sommes conceus et nez en péché, dont il advient, que remplis d'ignorance et incredulité envers ta divine parole, nous sommes enclins à tout mal, et nonchallans à tout bien, transgressans tes commandemens sans cesse, à cause de quoy nous sommes subjects à la mort eternelle, et de plus en plus nous nous mettons nous-mesmes en perdition :

Nous nous repentons de cœur de toutes ces choses, et en sommes marris à bon escient, et requerons ta grace et ton aide:

Dieu et Père tres benin, aye pitié de nous, pour l'amour de ton fils- nostre Seigneur Jesus Christ, donne nous le S'-Esprit qui nous enseigne à vrayment connoistre nos pechez, à avoir en hor-

O Dieu et Père éternel ! nous reconnoissons et nous confessons devant toi que nous sommes de pauvres et de misérables pécheurs : conçus et nés dans la souillure : Plongés dans l'ignorance et l’incrédulité : Naturellement sourds à ta parole, portés au mal et incapables par nous-mêmes de faire aucun bien.

Hélas ! nous avons transgressé tes saints commandements : En t’offensant nous sommes tombez dans la mort, et nous avons mérité toute ton indignation.

Mais, Seigneur, nous désavouons les déréglements de nôtre vie : Nous nous repentons de t'avoir offensé : Nous te demandons grâce, nous implorons ta miséricorde.

Père charitable, Dieu tout bon! aye pitié de nous, pour l'amour de Jesus-

reur notre injustice, et à apprehender par vive foy ta grace et la remission de nos pechez en ton fils bien-aimé Notre Seigneur Jésus-Christ : afin qu’estans morts à péché, nous vivions à toy en nouveauté de vie, à la gloire de ton nom et à l'édification de l’Église, par notre Seigneur Jesus-Christ, Ainsi soit-il.

PENCULTE

Christ ton Fils, nôtre Seigneur. Accorde et augmente-nous les dons de ton Saint- Esprit : Fai-nous sentir la profondeur de nôtre corruption : Apren-nous à connoitre nos péchez, à avoir le mal en horreur et à nous apliquer fortement au bien. Allume dans nos âmes une vive foi, pour profiter de tes grâces, pour em-

brasser les parfaits mérites de ton Fils nôtre Sauveur, et pour recevoir la rémission de nos péchez. Afin que mourant de plus au péché, au monde et à nous-mêmes, nous puissions te servir dans une nouvelle vie, à la gloire de ton Nom, et à l'édification de ton Eglise par Jesus-Christ Nôtre Seigneur, Amen."

D'autre part, il est impossible de lire le texte de 1559 sans être frappé de la ressemblance qu’il offre avec le texte ancien de la Confession des péchés qui est devenue celle des Églises réformées, tel, par exemple, que le donne M. Bersier dans son Projet de révision ou M. le professeur Doumergue dans ses Études sur le culte réfurmé. Ce sont les mêmes mots, c’est surtout le même lien logique des idées. On est invinciblement amené à se demander :

Quel est le texte primitif ? Est-ce celui de Calvin ?

Cela est incontestable, si M. le professeur Doumergue a vu

qui est-ce qui copie l’autre ?

juste. Pour lui, Calvin est le véritable auteur de la confession des péchés réformée. Utilisant des formules usitées avant lui, il les a combinées, il en a fait un tout, il a donc crée la confession célèbre. « Non seulement, dit-il en parlant de Calvin, la forme est de lui, mais une partie du fond ; et pour l’autre partie, il Pa empruntée à plusieurs formules. Il n'a donc pas seulement créé la forme de notre admirable confession des péchés avec son génie de Français ; il en a encore composé le fond ».

Je suis étonné que M. Doumergue ait cru pouvoir être aussi catégorique après la note que M. Ensfelder publiait dès

1860 dans le Bulletin du Protestantisme français. M. Ensfelder signalait déjà la ressemblance incontestable, parfaite, existant entre la confession des péchés qu’on attribuait à Théodore de Bèze et la traduction qu’il donnait de la confession des péchés insérée dans une ancienne liturgie de Strasbourg. Mais cette liturgie est de 1598 et on trouve le texte de notre confession dans la liturgie imprimée déjà par Calvin en 1542! s'écrie M. Doumergue, et il écarte dédaigneusement l’hypothèse de M. Ensfelder que Calvin aurait utilisé une ancienne liturgie strasbourgeoise. L’objection du savant professeur de Montauban ne porte pas. Car rien ne lui prouvait alors que la liturgie strasbourgeoise de 1598 n’était pas une réédition d’une liturgie antérieure, antérieure même à celle de Calvin.

D'ailleurs, puisque la dépendance des textes de Calvin et de la liturgie allemande de 1598 était incontestable, il fallait pousser la logique jusqu’au bout et affirmer que la liturgie de 1598 copiait tout simplement sur ce point la liturgie calviniste. Or, pour quiconque connait l'esprit du luthéranisme strasbourgeois en 1598, cette idée d’un emprunt fait par un luthérien à une liturgie calviniste est tout simplement absurde.

Aujourd’hui le débat est tranché par les travaux de M. Erichson. Ce savant a établi d’une manière incontestable que Calvin n’a pas créé la confession des péchés, ni pour la forme, ni pour le fond, mais qu’il a tout simplement traduit dans sa langue admirable un document liturgique qu’il trouva en usage à Strasbourg.

Or il se trouve — et ce point valait la peine de nous arrêter — que le texte allemand strasbourgeois utilisé par Calvin est le même que le texte allemand traduit par notre ordonnance de 1559. Calvin à Strasbourg, et Léger Grimault à Montbéliard, ont traduit, chacun de leur côté, un texte al-

PERGUILCME

lemand qui est presque mot à mot identique. Nous donnons

ici ces deux textes.

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