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CHAPITRE VII

L'ENSEIGNEMENT CATÉCHÉTIQUE (!)

La “Réforme et le catéchisme. Le premier catéchisme de Montbéliard dans la liturgie de Toussain. Le catéchisme de Brenx remplace le précédent. Le Livret des communicans de S. Cucuel. L'École sainte de Barthol. Les manuels catéchétiques de Binninger et S. Méquillet. Abus de la mémorisation pure et simple. Réaction du pietisme. Le catéchisme de 1730. Le grand catéchisme de Zuegel et J.-F. Duvernoy. Introduction de la confirmation. Résultats des mesures prises dès 1724 pour le relevement de l’enseignement religieux.

L'Église chrétienne est un organisme vivant. Comme elle manifeste sa vie, elle doit aussi la transmettre. Une Église qui n’est pas missionnaire, c’est-à-dire conquérante, montre par là qu’elle ne possède pas la plénitude de la vie. On peut en dire autant d’une Église qui n’a pas le souci anxieux de préparer les générations nouvelles par la catéchisation. Aussi voyons nous chez tous les Réformateurs la préoccupation constante de refaire l’âme chrétienne du peuple par l’enseignement catéchétique.

(:) Cf. Ostervald, De l'exercice du ministère sacré, Amsterdam, 1737. Précis historique de la Réformation et des Églises protestantes dans l’ancien comté de Montbéliard, Paris, 1841. Th. Fritz, Esquisse d’un système complet d'instruction et d'éducation, Strasbourg, 1843. E. Tueflerd, pasteur, Essai historique sur les écoles de Montbéliard avant 1792. Mémoires de la Société d'Emulation de Montbéliard, 1857. G. Goguel, L’enseignement, l'éducation et les livres du peuple au temps de la “Réforme. R. Kübel, Katechetik, Stuttgart, 1877. André Meyer, Le petit caléchisme de Luther, Paris, 1880. Eug. Ménégoz, La nolion du catéchisine, Paris, Fischbacher, 1882. Eugène Bersier, Projet de révision de la Liturgie des Églises réformées de France, Paris, 1888. (Introduction historique et liturgie de la Confirmation). Edouard Vaucher, De la fhéologie pratique, Paris, Fischbacher, 1893. Louis Coulon, Essai hisiorique sur l'introduction de la confirmation dans les Églises du pays de Montbéliard, Paris, 1894.

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Luther, avant de pouvoir se mettre lui-même à ce travail, engagea ses amis (!) à faire un bon manuel court, précis, qui enseignât au pauvre peuple tout ce qu'il est nécessaire de de savoir pour être sauvé. Enfin, en 1529, parut son propre ouvrage, son Petit catéchisme, qui devait avoir, sur une suite ininterrompue de générations, une si heureuse influence.

Certes, il y avait déjà des catéchismes avant la Réforme, mais tout mélangés d'éléments extra-bibliques ou superstitieux (?). Ceux qui étaient en latin étaient plutôt des manuels de confesseurs inaccessibles au peuple. Ceux qui étaient en langue vulgaire ne pouvaient être possédés par les riches (*). L'idée féconde et originale des Réformateurs était

@) Cf. Kuhn, Luther, IT, 305, « Jonas, Brenz, Agricola, s'ÿ essayérent, dit M. Kuhn, mais sans grand succès ». Nous ne souscrivons pas à ce jugement en ce qui concerne le catéchisme de Brenz, nous en donnerons plus loin les raisons. M. le professeur Ménégoz, au contraire, place le catéchisme de Brenz parmi les quatre livres qui répondent le mieux à l’idée qu’il se fait d’un catéchisme parfait. Voyez La notion du catéchisme, page 43. Avant le catéchisme de Luther parut aussi le catéchisme dé Græter, aumônier du duc Ulric et devenu recteur de l’école d'Heïlbronn sur la recommandation de Brenz. Ce catéchisme est le plus ancien que nous connaissions (1528). Cf. Carl Jæger, Geschichte der Stadt Heilbronn, Heilbronn, 1828.

(2) La Bibliothèque nationale possède un grand nombre de cés catééhismes. A la Bibliothèque Mazarine (n° 809) on trouve une copie d’un catéchisme célèbre au Moyen-Age, la Somme le roi, datée de 1295 et signée d’un nom qui intéresse notre pays, Etienne de Montbéliard, vicaire perpétuel du saint Maclou de Pontoise. Cf. S. Berger, Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard, XIIIe volume, 2° fascicule, page 140, note). Nous pensons que cet Etienne de Montbéliard est le fils du comte Richard de Montbéliard qui est désigné ailleurs comme le doyen de lPéglise Saint-Jean de Besançon.

(3) M. S. Berger a signalé un de ces catéchismes écrits en langue vulgaire dans son étude : Une Bible Franc-Comtoise en 1500 (Mémoires de la Société d Emulation de Montbéliard, XIT”° volume, pages 128-r41). Ce catéchisme était à l'usage de là famille de Simon de Rÿe. Il fait suite à une Bible historialé et renferme les « points ptincipaux » qui se trouvent dans les catéchismes des Réformateurs, sauf le Notre Père qui se trouve ailleurs. Ces « points» d’après certaines ordonnances carolingiennes, civiles ou ecclésiastiques, devaient être enseignés aux enfants par les parrains, les parents ou le prêtre. Depuis le xv”® siècle, ils devaient être récités dans la confession. En fait, le peuple était tombé dans une ignorance profonde des choses les plus essentielles de la foi, ignorance que Luther déplorait avec tristesse. Cf. Tholuck, Das kirchliche Leben des siebxebnten Jabrhunderts, tome I, page 147:

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de mettre entre toutes les mains un petit livre qui fût le trésor commun de la famille entière.

Un des premiers soins de Toussain, l’organisateur de nos Églises, fut de les doter d’un de ces catéchismes. Ce catéchisme fut en usage à Montbéliard dès les premières années de la Réforme, mais ne fut imprimé qu’en 1559, avec la liturgie de notre réformateur (1). Il trahit manifestement l’influence de Brenz, du moins quant à la méthode, car lé fonds des idées est Zwinglien. Lorsque l'administration du duc Christophe d’abord, puis des tuteurs du jeune prince Frédéric, amena la luthéranisation de nos Églises, le petit caté: chisme de Brenz remplaça partout l’opuscule de Toussain (*).

En même temps qu’elle introduisait un nouveau manuel, Padininistration nouvelle prenait des mesures pour que l’enseignement catéchétique fût partout donné avec le plus grand soin aux adultes comme aux enfants. Pour «imprimer la

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