‹ La Vie Ecclesiastique et ReligieuseChapitre 43 sur 55 · EL TS · texte numérisé non relu

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piété ès cœur des jeunes gens » le catéchisme devait être ap-

Q) Cf. L'ordre qu'on tient en l'Église de Montbéliard en instruisant les enfans et administrant les saints Sacremens, avec la forme du mariage et des prières, 1559. Ce catéchisme mériterait d’attirer l'attention des auteurs réformés. Il est simple, populaire, écrit d’une bonne langue. Nous regrettons que Toussain ait omis d’y faire figurer les paroles de l'institution du baptême et de la Sainte Cène.

(2) On trouve dans le Protestant de l'Est, rédigé par M. G. Goguel, une courte note sur Les catéchismes et autres livres d'instruction religieuse, 2°° année, page 114. Cette note renferme plusieurs erreurs. Celle-ci entre autres : « Le petit catéchisme de Luther, dont un extrait fut inséré dans l’ordonnance liturgique de 1560 et auquel on avait ajouté un court examen pour ceux qui veulent communier et quelques prières, était seul autorisé et seul en usage dans les écoles et les Églises du pays de Montbéliard, dès l’époque de la Réformation jusqu’à la première moitié du xvir®e siècle ». L'auteur de cette note passe sous silence le catéchisme de Toussain qui a été en usage dans nos Églises pendant environ trente ans. Il n’a pas vu que le catéchisme renfermé dans l’Ordonnance de 1560 est celui de Brenz, et non celui de Luther. En fait, le catéchisme de Brenz, avec des additions diverses, a été sans interruption en usage dans nos paroisses jusqu’au premier quart du xix”® siècle.

C’est encore une erreur de dire que l’Ecole sainte de F.-M. Barthol et l’Instruction générale catéchètique de Samuel Méquillet « n’ont servi que pour l'édification particulière ». Ils étaient utilisés dans la paroisse de leurs auteurs, comme nous le verrons plus loin.

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pris par cœur dans toutes les écoles (1). À l’école latine il était appris en français dans certaines classes, dans d’autres en latin et même en grec.

Les élèves de l’enseignement que nous appelons primaire devaient également parfaitement posséder le catéchisme qu’ils apprenaient, soit à la maison par les soins des parents, soit à l’école même.

Le catéchisme ainsi appris par cœur dans les différentes écoles «était récité le dimanche devant l’autel par les écoliers. Il était expliqué depuis la chaire par le pasteur (?). C'était la catéchisation à laquelle devaient assister non seulement les enfants, mais les adultes eux-mêmes. Les Surintendants, lors de leurs visites annuelles, devaient s'assurer de la manière dont le catéchisme était enseigné et appris. L’idée vint de bonne heure aux autorités ecclésiastiques de donner pour guide aux catéchètes un manuel suffisamment développé.

Le duc Christophe fit, dans ce but, traduire en français une exposition détaillée du petit catéchisme de Brenz (°). Ce manuel ne paraît pas avoir jamais été très répandu dans nos Églises.

Le petit catéchisme, au contraire, devenait de plus en plus la base de l’enseignement religieux dans toutes nos paroisses.

() Ordonnance de 1559.

(2) Grâce à Martin Crusius, nous avons quelques-uns de ces discours, dont le petit catéchisme de Brenz formait le texte. Crusius, qui suivait à Tubingue les catéchisations, comme tout le monde devait le faire à cette époque, prenait des notes en allemand, en latin et même en grec. Plus tard, il eut l’idée de publier à l'usage de la jeunesse du Wurtemberg, les meilleurs de ces résumés sous ce titre Civitas cœlestis, seu catecheticæ conciones a Martino Crusio editæ, Tubingæ, 1578 (Bibliothèque de Montbéliard). Il nous semble que, là où les services du soir sont institués, ils devraient plus souvent rappeler nos anciennes catéchisations.

(5) Le Catéchisme amplement déclaré, avec bonne et utile exposition, par Jehan Brence, à Tubingue, 1563, 458 pages. (Bibliothèque de Montbéliard et Bibliothèque du Protestantisme français).

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En Wurtemberg, il avait été complété par André Osiander. Le travail d'Osiander, traduit par Samuel Cucuel, fut bientôt introduit dans l’Église de Montbéliard (1).

Les troubles, les ruines de la guerre de Trente ans ne furent pas favorables, on le pense bien, à l’activité catéchétique. Aucun ouvrage, à notre connaissance, ne fut publié à Montbéliard pendant cette période (?).

Le petit catéchisme de Brenz restait le manuel officiel de l'instruction religieuse, mais beaucoup de ministres utilisaient pour leurs développements oraux des catéchismes réformés. F.-M. Barthol, vers la fin du xvrr* siècle, constate chez nous «le manquement d’instructions catéchétiques et familières, estant, dit-il, tres cognu à tous, que les livres qui se lisent chez nous sur cette matière, viennent de la main des Docteurs étrangers, et de différentes Religions ».

Pour mettre le peuple de nos Églises hors du « péril d’hérésie et de séduction », comme pour prévenir les effets du poison préparé par ceux qui tournent ciel et terre pour faire un prosélyte, et le rendre ensuite fils de la gehenne au double d’eux », Barthol publia son Ecole sainte () qui n’est, sous une forme intéressante et vivante, qu’une explication du petit manuel de Brenz.

() Livret des communicans pour les jeunes et simples gens, qui désirent se présenter à la table du Seigneur, comprenant :

TI. Le Catéchisme de Wirtemberg et Montbéliard.

II. Une instruction chrétienne pour les jeunes et simples communicans.

III. Les sept Pseaumes pénitentiaux avec certaines prières et actions de grâce

pour dire devant et après la réception de la St Cène.

Recueillis par André Osiander, Docteur, Chancelier de l’Université et Prevost de l’Église à Tubingue. Translaté d'allemand en François par M. Samuel Cucuel, Ministre en l'Église de Montbéliard. À Montbéliard, par Jacques Foillet, MDCIX.

(2) Le Protestant de l'Est (1848) dit bien que Viénot Barthol fit imprimer, vers 1620, un Grand catéchisme explicatif du Petit catéchisme de Luther. Malgré nos recherches, nous n’avons pas trouvé ce catéchisme.

(8) Montbéliard, 1678.

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F.-M. Barthol faisait suivre son Etrole sainte de quelques Instructions familières sur tous les livres de l’Écriture sainte, y compris les Apocryphes. Venaient ensuite de nouvelles Instructions familières sur la Confession d’Augsbourg et la personne de Luther. Un choix de prières terminait le volume.

Barthol mettait donc à la base de son enseignement le catéchisme auquel il ajoutait les compléments qui lui paraissaient utiles aux jeunes gens les plus avancés qu'il rencontrait en ville. Il faisait, comme on l’a vu, une part à l’histoire et cette première tentative est très intéressante.

L'Ecole sainte répondait à un besoin très réel. Il faut, en effet, se souvenir de ce qu'était alors l’enseignement religieux. Le petit catéchisme mémorisé par la jeunesse, était récité le dimanche devant l'autel et expliqué par le pasteur depuis la chaire. Les ministres se croyaient trop volontiers quittes envers la jeunesse quand ils avaient consciencieusement fait cette catéchisation qui n’atteignait pas son but. On le sentit bientôt en Wurtemberg et la Cynosure ecclésiastique, en constatant que les catéchisations n’ont pas atteint le but désiré, prescrit, en 1687, de composer un manuel complet d’enseignement catéchétique avec demandes et réponses. On se mit à l’œuvre en Wurtemberg, et chez nous aussi, il y eut des ministres qui cherchèrent à condenser, dans un manuel, l’enseignement catéchétique oral qui s’était donné jusqu’alors dans les prédications catéchétiques. L'œuvre de Barthol venait donc combler une lacune avant qu’elle eût été officiellement constatée par la Cynosure. î |

Quinze ans après l'apparition de l'Ecole sainte, J.-N. Binninger, alors ministre à Montécheroux, publiait à son tour et introduisait dans sa paroisse, une Explication du chrétien

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catéchisme (1) tirée des institutions catéchétiques de Conrad Dieterich. On sent que Binninger connaît la Cynosure et qu'il veut répondre au désir qu’elle exprime. Ce n’est plus le catéchisme seulement qu’il faut faire apprendre aux enfants, c'est l’explication elle-même qui, jusqu'ici, avait été orale. « C’est une chose commune à toutes nos Églises du pays, dit Binninger, de faire réciter le catéchisme aux Enfans à l'Eglise, mais je crois que cela est particulier à la N. (nôtre) de leur faire apprendre l’Explication par le soin du Maître d’'Ecole, pour la réciter en même temps... Le tout est partagé en cinquante deux Dimanches » (?).

L'exemple de Binninger fut suivi quelques années après par le ministre de Chagey, Samuel Méquillet, dans son Instruction générale catéchétique (®).

Voici la division de ce petit livre :

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