LA VIE ECONOMIQUE H
espérer se servir; observe comment fis se reiioiivcllenl cl coiument il est possible de les conserver et de les multiplier; et, peu à peu, se lait tics abris de l'euillage, de roseaux, de bois ou de terre et de ])ierre; se fabrique des vêtements de jx-aux, de feuilles, de jonc ; gratte la terre, sème, récolte, emmagasine; apprend à domestiiiuer les animaux, à perfectifmner les espèces végétales, à s'emparer du poids de l'eau, de la force du vent, de celle de la vapeur, du feu, de l'air, de la foudre elle-même et de l'électricité qui là produit. Et linalcmcnt, tout borné et imparfait (j,ue reste toujours son pouvoir, il devient le roi elle maître de ce monde extérieur qui semblait devoir 'à jamais l'écraser et qui parfois encore, par de terribles retours, lui fait sentir sa force imi)érissable.
Travail, application de la force humaine à l'utilisation ou au désarmement des forces extérieures, tel est donc le secret de la durée et du développement de l'espèce humaine sur le globe. Tout vient du travail et de l'utilisation de ses résultats. C'est ce que nous appelons la production. Production, non pas création, bien que souvent nous employions ce mot (rien ne se tirant de rien), mais transformation, appropriation, mise au poinl, ou, comme le dit le mot lui-même, mise au jour des ■utilités latentes dans les choses. Œuvre immense, œuvre sans fin, pour la(fuelle il faut d'abord observer, puis imiter, savoir, puis vouloir! En sorte que tout est pensée et etï'oi-t.
Cette tâche, qui comprend toute l'existence de notre race sur la teiTe, se compose de plusieurs périodes et prend plusieurs formes. Il faut, au début, quand on sait ou croit savoir que telles ou telles choses peuvent être utiles, s'en emparer : cueillir le fruit, ramasser là pierre ou le bois, pêcher le poisson ou abattre le gibier. Il faut, ensuite, de ces choses appréhendées, faire usage en lés adaptant à nos desseins, façooner le bois, la pierre ou la terre, débarrasser le sol des^ broussailles, des végétations parasites, des eaux stagnantes ; le dresser, le fouiller, le labourer, lui confier et soigner les phlntes et les semences qu'on veut lui faire nourrir, et, d'un espace inculte ou d'un fouillis stérile, faire un champ, un bois ou un jardin.
■Pour cela, il est évident qu'il est nécessaire de pouvoir s'jemparer de ce qui n'est à personne, et qui, par l'intervention de la pensée et de la main humaines, va devenir à quelqu'un, être approprié. Approprié dans deux sens, qui ne sont, en réalité, que deux périodes ou deux aspects du même fait. Tout est à tous, dit-on, dans l'état de nature, quand la main de l'homme n'y a pas encore touché. A tous, oui, c'est à dire à
y LE rnAVAiL
porsomic, foiiMiii' Its arlirt-s tU- lal'oi-t'l vit-rp:!'. h-s iiiiiK's cachées et ij,'iioréos dans le sol, et, i)ar coiisétuient, iiidillVit.iit. A personne, en ee sens que personne ne peut, au nnm d'un droit personnel, s'ojtposer à ce qu'un autre s'en empare. A celui donc qui, trouvant les choses inconnues ou délaissées, neutres en d'autres termes, s'en rend maître, parce qu'il a compris l'usatie (|u'il eu peut tirer, et leur fait suhir, dans son intérêt, les niodilicalions ou façons qui les rendront utiles.
Travail immense, encore une fois, travail sans lin, mais tra-. vail fructueux s'il est accompli en conformité des lois naturelles qui ]»résideut àson développement. Ce sont les diverses formes .et périodes de ce développement qui, dans les chapitres qui vont suivre, seront successivement étudiées d'une façon en ap})arence un peu irrégulrère et fantaisiste peut-être, mais avec un sincère désir, et non sans quehiue espérance, de contribuer, en éclairant les proMènies vitaux de la vie sociale, à l'amélioration matérielle, intellectuelle et morale de, notre pauvre humanité. •'
TOUT VIENT DU TRAVAIL. -;- LE TRAVAIL EST LA LOI DE LA VIE HUMAINE.^- ir ir IL EN FAIT LA BEAUTÉ ET LA MORALITÉ.