LA VII<: ECONOMIQUE
imparfaite, suflîsante toutefois, non pour conjurer les événements et prévenir les accidents, mais pour en atténuer, en les répartissant sur un grand nombre d'intéressés, les conséquences les plus redoutables. Nous ne pouvons pas savoir que tel jour, et dans telles circonstances, telle maison brûlera, tel navire fera naufrage, tel champ ou tel vignoble sera .saccagé par la grêle, tel individu sera malade ou mourra; mais nous pouvons, grâce à l'observation et à l'enregistrement des faits do même nature ; grâce à ce (|u'on a appelé « la loi des grands nombres », savoir que, pour une période de...., pour un chiffre déterminé d'années, de personnes, de maisons, de navires ou de cultures, il y aura tant de maladies, de morts, d'incendies, de naufrages ou de récoltes ruinées. Et, forts de cette connaissance, faisant en quelque sorte à l'avance la part du mal, et nous entendant pour répartir entre nous le dommage prévu, nous arrivons, non pas à supprimer le risque, mais à en atténuer les effets.
Nous nous associons donc. Nous mettons dans une caisse commune, soit sous forme de mutualité, soit par l'intermédiaire d'une société qui nous garantit, en cas de sinistre, une indemnité convenable, des sommes équivalant et au delà à ce que peut représenter, pour chacun de nous, la mauvaise chance à laquelle nous sommes exposés. En réalité, nous payons à tour de rôle la totalité du dommage qui nous atteint; seulement, au lieu de subir le sacritice en une fois et comme un désastre qui nous ruine et nous écrase, nous l'avons divisé en une série de dépenses partielles, dont aucune ne dépasse ce qu'il nous a été possible de prélever sur nos ressources régulières : au lieu d'un coup de massue, pour reprendre cette expression, nous ne recevons plus que des coups de baguette, toujours désagréables, mais non mortels. Et nous arrivons de cette façon non pas à empêcher la maison de- brûler, le navire de couler ou la mort de nous faire disparaître, mais à réduire, dans une proportion considérable, le dommage résultant, pour nous ou pour notre famille, du naufrage, de l'incendie ou de la mort. La maison est briilée, le navire est perdu, le chef de famille est enlevé à ses affaires et à ses affections ; mais une compensation a été préparée, aux dommages matériels tout au moins. Par des sacrifices que l'on s'est imposés aux époques de sécurité, on a préparé une épargne pour le jour du sinistre. Admirable mécanisme, qui ne supprime pas le mal, encore une fois, mais qui permet de le supporter î On a fait, comme dit le proverbe vulgaire, la part du feu, et tout n'est pas dévoré.
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ClIAltCE IMPOSÉ!'. i'AU LA FORCE A LA t t* FAIBLESSE? LES DÉPENSES DU GOU- VERNEMENT AYANT POUR BUT l'INTÉRÊT DE TOUS, TOUS DOIVENT V CONTRIBUER; ET PLUS ON JOUIT DES AVANTACJES DE LA SOCIÉTÉ, PLUS ON DOIT SE TENIR HONORÉ d'en PARTAGER LES CHARGES, t 1" "t" î'