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I. Voir notamment Pour la Paix. Fasquelle

li,') PAIX. — PATltlE. — HUMANITE

cristal se formo. La plante, pour Lrraiulir et s'enraciner, a besoin de re[)os, c'est-à-dire de paix. Les cdifices, pour sélcver et pour subsister, ont l)esoin de tran(niiiiité ; et c'est dans la longue patience <iui. suivant Buft'on, fait le génie, que les Newton, les Lavoisier, les Pasteur et les Copernic réalisent leurs découvertes et pénètrent les secrets de la chimie et de la mécanique. Partout la paix, la paix qui n'est pas la mort, mais le travail régulier et fécond de la vie ! Et c'est après cette paix, comme l'a dit saint Paul, que toute lia création soupire : (ïmnis crenhira ingetniscit.

Tout cela, encore une fois, il est inutile de le redire. Mais ce qui ne l'est pas. c'est de bien établir le caractère de cette paix que nous poursuivons au nom de l'intérêt comme au nom de la morale, et de la bien distinguer non seulement de l'antipatriotisme et de l'antimilltarisme (que l'on a affecté de confondre avec elle), mais de cette inditférencc ou de ce fatalisme mystique prêché tantôt par « des lâches i-ésignés à tout pourvu que la sécurité du jour présent leur soit laissé ; ^ » tantôt par de généreux mais imprudents visionnaires qui, par liorreur de toute violence, finiraient par livrer le monde à toutes les débauches de la cupidité et de la force.

« Ne résistez pas au mal ! » dit sur tous les tons l'illustre écrivain Tolsto'ï. Et si vous voyez un bandit lever la main pour égorger une femme ou un enfant, gardez-vous de l'en empêcher, car il faudrait le frapper et peut-être le tuer lui-même.

Mais, ô grand Tolsto'ï, si, par crainte de frapper l'agresseur, je le laisse frapper sa victime, n'est-ce pas comme si j'étais moimême l'assassin et le bourreau? Si, pour éviter de tirer l'épée et de faire parler la poudre, je laisse envahir mon pajs, ravager les moissons, mettre tout à feu et à sang, et réduire enfin en servitude, après les avoir ruinés, mes malheureux concitoyens, n'est-ce pas comme si j'avais directement attiré sur eux les fléaux qui vont les accabler ? Au nom de la paix elle-même, au nom de l'horr eur que doit soulever dans tous les cœurs l'emploi de la force, il est, hélas ! trop nécessaire encore, après avoir épuisé tous les moyens d'éviter cette cruelle extrémité, d'opposer la force qui résiste au mal à la force qui opère le mal. Un homme, comme individu, peut, s'il le juge à propos, se laisser sacrifier, victime innocente et peut-être inutile ; il n'a pas le droit, s'il peut l'empêcher, de laisser sacrifier son semblable

I Voir ma brochure : Revanche au Relh^'inent. 1872. Société Française des Amis de la Paix.

LA yiL kcayuMUjUE \m

Une patrie, c'est-à-dire renseml)le des hommes dont les âges ont tait une raniille, par le territoire, par la laiigno, ])ar les intérêts, par les sentiments et par les idées, n'a pas le droit de se laisser supprimer par un aveugle ac«iuiescement aux soi-disant fatalités de l'ambition et de la violence.

La patrie nest rien, disent d'autres; riiumauité est tout. Et les drapeaux, autour destjuels on rassemble comme devant des emblèmes sacrés les ditlerents groupes humains, ne sont que les vains hochets de l'antagonisme menteur au nom duijuel les calculs des princes et des diplomates poussent les uns contre les autres les malheureux troupeaux qu'ils conduisent à l'abattoir.

Nation, mot pompeux pour dire barbarie !

s'écriait, dans son admirable langage, le grand poète Lamartine.

Déchirez ces drapeaux ! Une autre voix vous crie : L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie. La fraternité n'en a pas!

Non, ne déchirons pas nos drapeaux ; unissons-les, ou plutôt, en les conservant et en les honorant, car ils sont, en effet, des emblèmes sacrés, emblèmes de nos souffrances, de nos joies, de nos malheurs et de nos gloires ; formons de leurs couleurs réconciliées un faisceau commun d'espérance, de confiance mutuelle et de grandeur partagée.

L'humanité n'existe que par les patries ; comme celles-ci par les familles qui les composent, et les familles par leurs membres. Faisons, autant qu'il dépend de nous, régner dans leur sein l'ordre et la justice. Apprenons-leur qu'elles ne peuvent prospérer durablement qu'à la condition de se respecter et de s'assister les unes les autres. Montrons leur tout ce que, d'un bout à l'autre du temps et de l'espace, nous avons reçu les uns des autres ; mais commençons par valoir individuellement, hommes, tribus ou nations, tout ce qu'il nous est possible de valoir ; et, sous prétexte de servir l'humanité, ne commençons pas par renier les patries sans lesquelles elle n'existerait pas. Si nous aimons les hommes, si nous professons qu'ils sont tous nos frères, reconnaissons cependant qu*ils ne le sont pas tous au même degré, et que notre prochain le plus proche c'est celui à côté duquel la naissance et la parenté nous ont placés.

« Il faut aimer la patrie d'autrui, » s'écriait, il y a un demisiècle, dans un beau livre sur la paix, l'un de ses plus fervents apôtres.

127 LETAT

Oui. il faut aimer la palrii' d'autnii, parce <nie les lioiiimes qui la coiuposent ont. comme ceux (jui coujijosent la nôtre, droit à leur place sur la terre, et parce que nous profitons tous, dans une mesure plus ou moins large, des travaux, des progrès, des découvertes réalisés sur un point quelconque du globe ; parce que nous sommes, eu réalité, hommes ou peuples, des produits de la lente élaboration du genre humain. Mais il faut aimer d'abord notre patrie, parce que c'est à elle que nous devons le plus, et parce que c'est en la faisant, par notre labeur, grande, riche, éclairée et juste, que nous travaillons le plus sûrement au développement de la famille universelle.

L ACTIVITE D UN PAYS EST EN FONCTION DIRECTE DE LA RESPONSABILITÉ DES t 'i* PERSONNES, ET EN RAISON INVERSE DE

l'ingérence DE l'État dans le domaine

ÉCONOMIQUE. -J- f "1' "i" "i" "i" 1" + 1" Contre-Amiral RÉVEILLÈRE.

I'ÉTAT, c'est moi», disait Louis XIV; et il disait vrai, ou peu s'en faut. C'était à lui que tout aboutissait, et de lui ^ que tout semblait venir ; eu lui que se concentraient, avec le pouvoir d'en user sans contrôle, toutes les forces et toutes les ressources de la nation ; de lui que s'obtenaient les grades, les distinctions et les grâces et jusqu'au droit de travailler : « droit domanial et royal, que les rois peuvent vendre, et les sujets doivent acheter. » « Tout ce qui est dans ce royaume,» lui avaient dit solennellement ses docteurs, « appartient à Votre Majesté. » « Tout [ce peuple vous appartient, » allait redire à l'enfant de cinq ^ans qui lui devait succéder, la foule servile des courtisans.

Aujourd'hui l'Etat, c'est nous, nous tous, en théorie au moins, et c'est de nous tous, sous forme de contributions et d'impôts, que proviennent toutes les ressources, à nos dépens, par conséquent, que sont faites toutes les faveurs et accordés tous les encouragements, tous les secours, les subventions et les dispenses qu'à tour de rôle nous sollicitons ou nous obtenons de l'Etat, comme si sa bourse était inépuisable et si le droit d'y

puiser était une des conséquences du titre de citoyen. La bourse de l'Etat c'est notre bourse, puisque les millions et les milliards qui s'écoulent par le budget des dépenses ne sont que le produit des francs et des centimes prélevés, pour le budget des recettes, sur nos revenus, petits ou grands. C'est-à-dire que, si nous recevons de l'Etat, d'un côté, c'est qu'il a reçu de nous d'un autre, et davantage, car, dans le trajet (pi'il l'ait pour aller de nos poches à la caisse qui le centralise et pour revenir de cette caisse à sa destination, notre argent subit nécessairement bien des prélèvements : frais de perception, frais de garde, frais de transport, et le reste. « Au bon vieux temps, » le Roi était heureux, parfois, quand il recevait le tiers ou la moitié de ce qu'on prenait pour lui à ses sujets. Nous sommes mieux servis ; et notre administration financière est honnête et relativement simple; mais elle n'a pu réaliser le miracle de travailler pour rien, et le Ministre qui réussira à rendre aux contribuables autant qu'il lui aura pris est encore à trouver.

« Monsieur l'économiste », me disait un jour une bonne vieille dame, fille d'un historiographe de Louis XVI, et qui avait vu bien des régimes divers, au moment où les journaux célébraient à l'envila générosité de l'Empereur, qui venait d'ouvi-ir aux Conseils municipaux un crédit de deux cents millions pour leurs chemins vicinaux ; « comment va-t-il s'j" prendre pour nous faire ce gros cadeau ? »

— « C'est bien simple, madame, répondis-je ; on vous fera prier, par la gracieuse entremise de M. le Percepteur, de verser vingt francs de plus pour vos contributions ; ce que vous ne manquerez pas de faire. On vous remettra ensuite, en la personne non moins gracieuse de M. le Maire, dix francs pour vos chemins, et l'on vous dira : « Faites la révérence et bénissez la libéralité du Gouvernement. » Et vous ferez la révérence, et vous remercierez le Gouvernement. C'est toujours ainsi que cela se passe; il n'y a de ditïérences que dans les sommes et dans l'emploi que l'on eu fait. »

Oui, c'est toujours ainsi, Jacques Bonhomme, mon ami, et tu devrais le savoir depuis le temps que tu en fais l'expérience. Qu'il s'agisse de chemins vicinaux, d'écoles, de subventions aux sociétés de secours mutuels ou d'encouragements et de participation aux caisses de retraites, on ne peut rien te donner que l'on n'ait commencé par te prendre, et c'est toi, de quelques belles phrases que l'on enguirlande l'avertissement du fisc ou l'avis de la somme allouée, qui a ouvert la main droite pour contribuer, avant de tendre la gauche pour recevoir.

129 LA LOI DU PnOGIiES

Et à ce ji'ii tu lie perds pas seulement la différence entre ce que l'on fe prend et ce que l'on te rend; mais tu perds, en partie au moins, la lii»t>rté de clioisir comme il te plairait l'emploi de tes ressources et la forme de tes mesures de prévoyance ou d'assurance; tu prends l'habitude, plus fâcheuse que tu ne le supposes, de la déptMulaiico et parfois de la servilité; tu mendies comme une faveur et tu recrois comme un bienfait ce qu'il dépend de toi de te procurer par Ii naturelle vertu de la prévoyance personnelle et de l'association volontaire : tu t'appauvris et tu risques de laisser diminuer ta dignité.

Et c'est pourquoi, si j'étais toi, je dirais a l'Etat, je veux direau Gouvernement qui le représente : « Donnez-moi, (je vous paie pour cela, et je ne vous marchande pas la note) la sécurité et la liberté ; protégez-moi contre les agressions extérieures et contre les violences intérieures; tenez à ma disposition, à toute heure, une police vigilante et une magistrature impartiale et rapide ; débarrassez-moi de tous les monopoles qui entravent mon activité et de toutes les mesures soi-disant protectrices qui enchérissent ma vie ; et laissez-moi me tirer d'affaii'e à ma façon et à mes risques et périls. Vous aurez assez fait pour moi le jour où, sciemment ou non, à bonne ou à mauvaise intention, vous ne ferez plus rien contre moi. »

L'Etat idéal, ce serait un gardien impartial et vigilant de la sécurité et de la liberté des individus. L'autorité, que l'on oppose trop souvent à la liberté, n'a d'autre raison d'être, au fond, et d'autre titre à notre[respect que son devoir d'être le bouclier de la liberté.

CE QU ON APPELLE LE PROGRES MATERIEL n'est que la forme EXTÉRIEURE DU PROGRÈS MORAL, f t t t t t t t Roger de FONTËNAY.

La Loi du Progrès.

J'AI cherché, dans les pages qui forment ce modeste volume, à indiquer, en termes simples et sans prétention, la solution, la solution vraie, des différents problèmes de la vie sociale ; et partout, sous la complication apparente des questions et à travers la contradiction des écoles et des formules, j'ai

LA VII': ECUNOMIQUE > 130

trouvé que cette solution, la même pour tous, au [fond, était simple et, à la condition de le vouloir sérieusement, à notre portée.

Il s'agit tout uniment de répudier, une bonne fois pour toutes, les innombrables remèdes de la pharmacie sociale que nous vantent à l'envi, en se déchirant mutuellement, les empiriques et les médicastres qui vivent de notre crédulité et de nos erreurs, et de nous eu tenir, non pas précisément au| régime de l'eau claire, mais au régime de la liberté, du respect mutuel et, s'il est possible, de la bienveillance : de cesser de nous faire du mal àjnous-mêmes par ignorance, ou d'en faire à nos semblables, individus et peuples, par jalousie ou par cupidité.

Il s'agit, en premier lieu, de l)ien employer notre temps et notre activité, par ^notre travail personnel ; puis de ne pas entraver, d'aider, au contraire, nos voisins, jusqu'aux plus éloignés, dans leurs efforts pour faire comme nous bon emploi de leurs facultés et de leurs ressources. Il s'agit de comprendre que notre société locale d'abord, puis la société plus grande qui s'appelle la patrie, puis la plus grande patrie, qui est l'humanité, sont des corps dont toutes les parties sont solidaires, et dont les membres, par conséquent, ne peuvent nuire aux autres sans se nuire à eux-mêmes, certains, d'autre part, de profiter de leur bien, comme ils les font, même inconsciemment, profiter de leurs propres avantages et de leurs propres succès.

C'est-à-dire qu'il faut et, comme disent les mathématiciens, il suffit de voir juste 'et 'd'agir lojalement, de travailler en laissant travailler les autres, et de faire bon emploi des forces et des ressources nouvelles, constamment croissantes, que la science met à notre disposition.

D'où, à mesure que le progrès matériel arme nos mains, comme il les arme à la fois pour le bien et pour le mal, comme la vapeur, l'électricité, les agents physiques et chimiques, les explosifs qui brisent les roches et exterminent les hommes, sont à nos oi'dres pour la besogne sainte comme pour la besogne maudite, l'obligationide savoir suffisamment diriger nos désirs et maîtriser nos passions, pour profiter de leurs bienfaits sans souffrir de leur révolte. Sans un progrès moral, égal et même supérieur, le progrès matériel est vain, s'il n'est pas funeste.

T^^lbU ds^ l^s^Uièrgs

Pages.

Préface 5

L'homme dans le inondf 7

Le Travail 9

La Loi du inoiiulre effort 1 1

Production 13

Surproduction 15

Division du Travail 17

La Propriété 19

L'Héritage 24

Consommation. — Epargne 27

Epargner, c'est dépenser 30

Le Capital ...... 32

Intérêt. — Usure 36

Salaire 39

Le Marteau 42

Les INIachines 43

Le Commerce 46

La Monnaie 48

Time is Money 52

Le Crédit 53

La Concurrence 5^

L'Echange 61

Matières premières 64

La Balance du Commerce 68

Coopération 72

Participation 73

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