‹ La vie élégante à ParisChapitre 49 sur 85 · Vers leeo · texte numérisé non relu

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DE L'£LÉGA1SG£ dans LE MONDE. 231

l'esprit; si votre jeunesse virile a trouvé son complet emploi id,m le travail et la création de votre fortune, songez que vous êtes arrivé à cette époque de la vie où Ton regrette le temps perdu, mais aussi où Ton répare avec discernement les lacunes et où l'on emploie fructueuseipent le temps qu'on a. Vous le voyez, c'est toujours l'histoire de la femme de trente ans; pour elle, c'est le moment où l'âme a reçu tout son épanouissement aux feux radieux ^e l'intelligence parisienne. Pour Vbomme de trente à soixante, il réunit l'expérience, la modération, avec tous les trésors de facultés longtemps cultivées.

Ce§ facultés ont leur niaturité ; elles ont pu s'étendre, se développer, se perfectionner, et ce n'egt paa toiyours un indice certain de grand talent ou de géniq que de rencontrer de ces jeunes phénomènes qui paraissent avoir franchi, en les touchant, les borees 4e l'entendement et de l'esprit.

Vous ^le na^ttez certainement point en doutç l'esprit et les connaissances du roi Louis-Philippe ; eh bienl. voyez ce que Mme de Genlis dit dans ses Ménaoires de la première éducation du prince ; « M. le duc de Valais, à l'âge de huit ans, était d'une inap-

M. Sainte-Beuve, disait plus tard de ce même prince : « Louis-Philippe n'annonçait en rien la fleur

des anciens Valois. Il n'avait pas cette distinction suprême dans le goût, qui n'est peut-être pas toujours d'accord avec le bon sens et avec la science pratique de la vie.

« Il apprend tout, raisonne bien sur tout ; mais il n'est pas de ceux qui sentiraient naturellement ni la musique, ni la poésie, ni les beaux-arts, ni la fine littérature. »

Fénelon, après la mort de La Fontaine, voulant éclairer l'esprit de son royal élève * et lui faire connaître la valeur du grand fabuliste que le prince ignorait, lui dit ceci :

« Lisez-le, et dites si Anacréon a su badiner avec plus de grâce, si Horace a paré la philosophie d'ornements poétiques plus variés et plus attrayants, si Térence a peint les mœurs des hommes avec plus de naturel et de vérité , si Virgile enfin a été plus touchant et plus harmonieux! » Eh bien! le prince ne considérait ces précieuses indications que comme des fleurs de rhétorique pour lui sans parfums.

Dans un des salons de Paris où l'on cause le mieux, où Ton joue des proverbes, où l'on donne aussi des fêtes, chez Mme de ***, qui écrit sur l'Italie, on nous invita un soir, en grand nombre,

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