‹ La vie élégante à ParisChapitre 53 sur 85 · Il n*y a qu'une ville impériale ; il n'y a qu'un Vienne · texte numérisé non relu

Il n*y a qu'une ville impériale ; il n'y a qu'un Vienne

dire le cœur, tournés vers Paris, et dans l'ancien régime même, avec de longues habitudes d'indépendance féodale, c'était encore Paris qu'on aimarit.

n y avait à Cauterêts, en 1761, un certain abbé du bon temps, qui prenait les eaux par passe-temps^ pendant que Mme la duchesse de Choiseul les prenait par régime. Cet abbé, c'était Voisenon *, faiseur de jolis vers comme vous le savez. Mme de Choiseul lui disait : « L'abbé, mangez moins, et parlez-moi de Paris, h

L'abbé défendait son estomac, mangeait à étouffer, mais lui parlait de Paris ! et la duchesse passait l'un en faveur de l'autre.

Quant à la politesse, l'urbanité, la galanterie, Paris est le modèle du monde entier. Nous avons vu, pendant ces trois tristes journées de suicides français, le peuple presque nu, barbouillé de poudre, armé et en faction sur les barricades, offrir poliment , respectueusement même, la main à des femmes toutes tremblantes, qui, dans ces malheureuses tempêtes politiques, cherchaient à regagner leur domicile dont elles étaient éloignées depuis de

1. Claude Henri de Fusée de Voisenon, abbé du Jard, et ministre plénipotentiaire du prince-éyêque de Spire. Ami de Mlle Favart, qui l'appelait mon oncle ^ et le suppliait de guérir son asthme en mangeant moins : « Je ne demanderais pas mieux, disait'ilj mais c*est mon estomac qui ne veut pas. »

longues beyres, u'os^Pt psps $e hasarder 4^us U rue.

Toutes les cours de l'Europe, y compris la Russie, se sont façonnées, de temps presque impaémorial, à la galanterie de notrp chevaliBrie.

JTen reviens aux routs. Puisqu'il faut s'entasser aujourd'hui dans les grandes réunious tumultueuses où les femmes s'accrochent k toutes les croix des principaux assistants, où elles s^inent les diamants de leurs colliers et de leurs bracelets, où elles remplissent tout l'espacp avec leurs ridicules ballons ; essaye2i de vous douner les facultés vipérines des petites filles, qui se fourrent partout. Lorsque vous arriverez à la porte du premier salon, tâcbez de fixcir un moment l'attention des maîtres de la maison, qui doivent se trouyer près de la porte d'entrée pour recevoir toys les invités. Saluez -les, mai^ ne leur parlez pas ; vous les empêcheriez de remplir leur devoir près des. arrivants, qu'ils doivent recevoir d'un air sympathique et d'un regard exprimant ce peu de mots :

« Que vou:^ êtes bon de ne m'avoir point oublié!»

Votre salut aura répété cette muette foruiulp, et vous vous glisserea de votre mieux au travers de la foule pour tâcher de pénétrer dans quelque coin

de ceux des appartements où Ton respire sans être coudoyé, sans avoir son chapeau aplati, sa chaîne de montre accrochée, ou ses ordres brisés.

J'ai vu chez Mme de *** utie Ibule d'hommes réduits à statiôntiei* dans l'ailtichambre.

Si Voti poursuit ce système dMnviter plus de personnes qiie les appartements n'en peuvent ctinterlît^, je crois qu'il faudra qu'une partie des hommes se contentent de respirer sur le palier de l'escalier.

Je crains tant de vous voir vous jeter dans quelque conversation hasardeuse , que je vous recommande encore le rôle d'observateur prudent et de causeur î'éservé.

Pensez aussi que la patole et l'intelligence que Dieu nous a données ne devraient jamais servir que la vérité, malgré la maxime contraire prêtée au prince de . Talleyrand. Le mensonge mène plus loin qu'on tie pense ; c'est, du reste, le vice des laquaié, pensez-y. Dans quelques groupes, vous entendrez peut-être des gens atrabilaires exerçant leur malignité; soyez circonspect.

Vous entendrez peut-être aussi des insulaires de vieille roche, lecteurs studieux des Quaterly^Review et des comédies de Colmon*, attaquer la France.... soyez généreux.

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