Mot de M. de Vaudreuil
tacles commençaient généralement à deux heures et finissaient à quatre heures et demie. Voulez-vous aussi savoir le prix des places? Elles se payaient quinze sols au théâtre du Palais-Royal, occupé alors par la troupe de Molière. A la deuxième représention des Précieuses ridicules ^\e prix fut doublé.
En 1716, les stalles d'orchestre et les premières furent portées à quatre livres, l'amphithéâtre et les secondes à deux livres, et le parterre à vingt sols.
En parlant du Théâtre-Français, on île doit pas oublier les nonàs qui brillèrent en même temps que Mlle Contât ou qui la suivirent : c'étaient Mlles Claiipon , Arnould , Duthé , Guimard , Dugazon , Olivier, etc. Mlles Mars, Dupuis, Pix, Brohan.... Rachelj sont de nos jours*. En hommes, Préville, Fleury, Talma, Armand, Samsdn....
1. Je crois qu'on ne sera pas fâché d'avoir dans sa mémoire ou dans sa poche les noms des tragédiennes du Théâtre-Français, depuis 1658 jusqu'à Mlle Rachel.
Desœillets, 1668. — Champmesié, 1670. — Duclos, 1696. •— Desmares, 1699. — Lecouvreur, 1717. — Deseine, 1724. — Balicourt, 1727.— Gaussin, 1732. — ,Dumesnil, 1737. — Clairon, 1743. —Dubois, 1759.— Sainval, 1760.— Vestris (Mme). 1768.'
— Sainval cadette, 1772..— Raucourt, 1772.— Thénard, 1777.
— Talma (Mme) , 1785. — Fleury, 1786. — Desgarcihs, 1788. — Volnay, 1800 (à Versailles). — Bourgoin, 1801. — Georges, 1802.— Duchesnois, 1801 à Versailles, 1802 à Paris.— Maillard, 1808.— Paradol, 1819. — Valmonzey, 1821. — Rachel a débuté le 12 juin 1838.
3(l4 LÀ VIE ÊLËGANTE A PARIS.
On pourrait recueillir et citer une foule de bons mots des actrices d*élite. En voici un d'une femme qui ne s'en faisait pas faute.
Lorsque, après la fameuse aventure du Siège de Calais S Mlle Clairon quitta le théâtre pour avoir été mise au For-VÉvêque^ et qu'elle dit, avec une certaine emphase, que le roi était le maître de sa vie et de sa fortune, mais qu'il ne l'était pas de son honneur, Sophie Ârnould lui répondit : c Yous avez raison, mademoiselle; où il n'y a rien, le roi perd ses droits *. »
Quelques-unes eurent des ovations presque royales. On connaît les extravagances faites il y a quelques années par les Américains pour Jenny Lind. Les Marseillais ont au moins l'antériorité, s'ils n'ont la supériorité, par la manière dont ils reçurenl^ la Saint-Huberti. On iui"^prodigua les vers, les fêtes, les couronnes, dont plusieurs étaient d'un très-grand prix. Elle en emporta plus de cent sur sa voiture.
Elle arriva par mer sur une très-belle gondole poTtanX pavillon de Marseille, escortée de deux cents chaloupes. Elle débarqua sur le rivage au bruit des décharges de boîtes et des acclamations du peuple !