II. — PERSONNEL DE LA CARAVANE
Un Stonédi, ou domestinue particulier (par voyageur européen), portant le fusil et la giberne, garnie de cartouches du Maître, servant à Toccasion d'interprète, et se «chargeant des missions de confiance.
Un cniainier, formé à l'école des Arabes et, de préférence, ayant déjà servi dans une caravane européenne.
Un Ànier.
Un tambour.
Un Akida en chef, des Askaris Zanzibar ites et de la Mrima. (Responsable de ses hommes).
Un Nyampara, ou chef, également responsable, des porteurs Oua- Nyamouézis.
10 Alddas, ou brigadiers nègres, un par groupe de dix Askaris. Jouissant de la haute solde, ils sont directement placés sous les ordres eu grand Akida et participent aux Chaouris, grands conseils tenus dans les circonstances importantes.
10 Nyamparas, ou brigadiers des porteurs de l'intérieur, chargés eux-mêmes du ballot, et rentrant dans le nombre global de ces derniers.
100 Askaris, soldats d'escorte, portant le fusil et soumis au régime de la charge réduite.
100 Oua-Nyamouézis, ou porteurs à charge entière, voire double et triple.
Le personnel d'une caravane se compose de deux éléments, ^ nous dirons deux races — avec les aptitudes, les traditions, l'organisation particulière desquelles il importe de compter :
Les Oua-Ngouanas, ou Hommes libres — parmi lesquels on recrute principalement les Askaris, ou soldats, comprennent les nègres zanzibarites et ceux du territoire de la Mrima, commandé par le port de Bagamoyo, où s'organisent la plupart des caravanes. Ce sont, comme nous l'avons vu, les gentlemen do l'escorte. Ils montrent beaucoup de répugnance lorsqu'il s'agit de s'enfoncer dans l'intérieur et provoquent de nombreux retards. De plus, difficilement entraînés, ils sont exténués au bout de deux ou trois étapes, un peu longues. Aussi est-il prudent de ne leur confier que des charges légères, encore progressivement allégées en route, par des emprunts quotidiens.
On désigne, sous le titre global de Oua-Nyamouézis, tous les porteurs de l'intérieur, à quch^ue région qu'ils appartiennent. Tout au contraire des Askaris, sur lesquels ils l'emportent en vigueur et en patience, sinon en intelligence et en courage, ils sont toujours pressés de partir pour regagner leurs villages. Il résulte de ces deux tendances de continuels tiraillements. Souvent, au début du voyage, les Pagazis vont do
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rayant, lorsque les Hommes de la Côte s'en sont retournés, k la sourdine, festoyer àBagamoyo.
Mais à l'approche des peuplades guerrières de l'intérieur , tout le monde se serre, car les Oua-Nyamouézis ont tout intérêt à rester sous la protection des fusils de Tescorte.
L' Askari est généralement engagé à raison de 5 dollars par mois.Mais ce n'est là qu'une base, dépassée ou non atteinte, selon la réputation et les antécédents du sujet, l'état de ses finances, qui lui permet de tenir la dragée haute aux recruteurs, ou le force à accepter leurs conditions telles quelles, etc.
Les services rendus à des caravanes précédentes, font naturellement grossir les exigences. Mais il y a tout à gagner en s'entourant de gens qui ont fait leurs preuves et connaissent les ressources, comme les dangers, de l'itinéraire à suivre.
Les Akidas et les Nyamparas simples réclament jusques 8 dollars et l'Akida et le Nyampara en chef 15. Pour ce qui me concerne, je n'ai jamais payé à mon petit état-major, plus de 6 dollars par homme.
Le nombre de 10 Akidas et de 10 Nj-amparas, pour 100 Askaris et 100 Oua-Nyamouézis, peut être majoré ou minoré. Cela dépend du plus ou moins d'ascendant que les brigadiers exercent sur leurs hommes.
Les Nyamparas, bien que traités de sauvages par les Oua-Ngouanas, sont d'ailleurs gens à ménager. Ils se recrutent fort souvent parmi les Gaoués, ou nobles, de leurs cantons respectifs, et traitent directement avec les chefs de caravane, (|ui les consultent en Chaouri. Mirambo, comme nous lavons dit, porta le ballot, avant d'orner sa poitrine de l'insigne impérial.
Quant au Kirongozi, ou guide des porteurs, c'est lui qui règle la marche, chargé, par point d'honneur, du fardeau le plus pesant. Et comme personne n'a le droit de le dépasser, il vaut mieux lui voir assumer double charge, afin qu'il n'arrive point trop tôt au Cambi, et ne laisse s'éparpiller, derrière lui, son personnel attardé, guetté, dans le désert, par les Rougas-Rougas .