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XVIII. - SEMENCES D'ACCLIMATATION

(1 PORTEUR NyAMOUÉZI.)

Pour cet article, tout spécial, nous avons recours à Tami ^oger, agriculteur expérimenté, dont nous nous contenterons de transcrire les notes suivantes :

€ Il importe beaucoup, dans Tintérôt du confort et, partant, de la santé, que. les Européens, voyageant en Afrique, avec Tintention de s'y fixer, emportent les semences de tous les légumes et plantes potagères d^Europe, — ou, tout au moins, de celles qui entrent le plus généralement dans notre alimentation journalière.

Je citerai, en première ligne, comme indispensables, les Graines u'oiONONS, dé Carottes, de Navets, de Radis, de Raiforts, de Petits Pois et de Choux de toutes variétés.

J'y adjoindrai diverses Salades, de préférence les Endives frisées et les Escaroles, que Ton mangera le moins souvent possible à Thuile et au vinaigre, mais, de préférence, étuvées; car, en Afrique, il m'a paru qu'il fallait généralement bannir toute nourriture crue, verte, aqueuse, d'une digestion difficile, qui provoque des acidités d'estomac et,par conséquent, prédispose aux accès de fièvre et au.x maux de ventre.

J'ai pu expérimenter que les aliments bien cuits, ayant rôti, bouilli ou mijoté convenablement, sont bien plus hygiéniques dans les régions équatoriales.

Je recommanderai également les semences de Tomates, d* Aubergines, de Chicorée, de Cresson, d'Oseille, de Cerfeuil, de Persil, d'Epinards, de Céleri, etc. etc.

Gomme à Karéma je n'ai point réussi à développer plusieurs de ces semences, j'attribue mon insuccès à ce que les graines, employées par moi, ^étaient peut-être trop vieilles.

En conséquence, je conseillerai d'emporter les semences les plus fraîches, c'est-k-dire de la dernière récolte. Ne point négliger, surtout, de les mettre dans une Caisse que l'on soudera soigneusement et qui ne sera ouverte que lorsqu'on arriveraà destination, et qu'onsera prêt h, ensemencer.

Si j'avais encore à retourner dans l'Afrique Orientale, j'emporterais certainement des Pommes de terre en tubercules et en graines, car j'ai la conviction que, bien soignées ^éiles s'acclimateraient parfaitement dans les régions similaires, comme qualité du sol, au district de Karéma.

Si je ne parle point des fôves, c'est qu*oû en rencontre partout en Afrique.

Celles que j*avais plantées à Karéma n ont pas levé, parce que les graines employées était trop vieilles.

Une observation importante, que Texpérience m'a suggérée, à propos des légumes à acclimater :

Dès que les jeunes pousses commencent k pointer, il convient, en général, de les protéger, pendant quelque temps — disons une dizaine do jours — contre les ardeurs du soleil. Pour ce, on emploiera efficacement les nattes indigènes ou les claies en herbages, semblables aux claies de paille de nos paysans et que Ten disposera au-dessus des semis en guise d'écrans.

J*ai remarqué, à difiérentes reprises, que les jeunes pousses se recroquevillaient sous les rayons du soleil ; plusieurs môme, entre autres les oignons et les petits pois, se desséchaient et finissaient par périr.

En les protégeant, au début, on leur donne le temps de se fortifier et de mieux résister aux ardeurs du soleil d'Afrique.

Les Européens qui iront se fixer dans l'Afrique Orientale, trouveront, dans les Colonies arabes de Tabora, d'Oudjiji et de Nyangoué, des oignons, des aubergines, des tomates et des radis. Ce sont les seuls légumes que les Arabes aient introduit dans ces régions. Il conviendrait, cependant, de changer de semences tous les deux ou trois ans, car les produits, provenant des semences locales, finissent par dégénérer et par s'abâtardir.

Quant aux Céréales, j'estime qu'il ne faut songer, dans les établissements nouveaux, à introduire, comme produit de Ivxe européen ^ que le seul Froment, devenu, pour nous, une nécessité.

Pour la culture du blé, on peut se borner à imiter les Arabes de l'Ou- Nyaniembé et d'Oudjiji, mais en y apportant, toutefois, l'activité et la vigilance que l'homme du Nord déploie généralement dans ses travaux agricoles.

Je ne parlerai point des autres céréales, des féculents, des arbres à fruits et des troupeaux de gros et petit bétail, encore jnconnus en Afrique. Leur introduction s'impose naturellement et immédiatement à l'ambition de l'Européen qui veut produire le bien-être et l'abondance, au sein de rétablissement qu'il est appelé à fonder dans ces régions trop longtemps abandonnées à l'incurie indigène. »

RocKu.

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