PORTRAIT DE LISETTE
A ses charmes, à ses attraits, Pouvais-je rester insensible ?
Notre cœur est l'humaine cible Que l'Amour perce de ses traits.
O la plus douce des maîtresses Par qui mes sens furent troublés !
Si vous voyiez ses blondes tresses :
On dirait des blés !
J'aime son rire aux notes franches Qui jusqu'aux cieux monte tout droit ; Dans sa bouche sont à l'étroit Trente-deux prisonnières blanches.
Lisette exilant le chagrin Plus que les pinsons et les merles, Quand le rire ouvre leur écrin, On dirait des perles !
Reflet du saphir le plus pur, Comme l'Aube, sœur de l'Aurore, Sous leurs longs cils noirs que j'adore Ses yeux sont un rayon d'azur.
Pourtant, ainsi que se carminé Les soirs d'été l'horizon bleu, Quand le désir les illumine, On dirait du feu !
Qu'elle exhale de poésie Sa joue aux si fraîches couleurs!
Auprès d'elle toutes les fleurs S'étiolent de jalousie.
Jamais il ne vint la creuser, Le souffle impur des jours moroses; Rougissante sous mon baiser, On dirait des roses!
Quand, préface du Paradis, Pendant la nuit, dans notre alcôve Fermant sur nous les rideaux mauve.
Je lui murmure : « Veux-tu. dis ? »
Lorsque sa poitrine me touche.
Que, dans un spasme sensuel, Ma bouche se colle à sa bouche, On dirait le Ciel !
A ma petite Rachel.