‹ La vie en chansonsChapitre 10 sur 97 · JE SUIS AMOUREUX DE LISETTE · texte numérisé non relu

JE SUIS AMOUREUX DE LISETTE

Moi, le philosophe moqueur.

Moi, dont la tendresse était morte.

Qui. depuis longtemps, de mon cœur Avais mis l'Amour à la porte; Est-ce bien vrai ? ce dieu sournois, Sous la forme d'une grisette.

Est revenu d'un air narquois De nouveau m'imposer ses lois?

Je suis amoureux de Lisette !

Quand, sans me voir, sur mon chemin

Lisette passe avec prestesse,

J'éprouve jusqu'au lendemain

Une impression de tristesse.

Par contre, un éclair de ses yeux.

Un mot, un semblant de risette...

Et me voilà le cœur joyeux.

Fou d'espérance, radieux :

Je suis amoureux de Lisette !

Souvent, brune à l'œil velouté A tourné vers moi sa prunelle, Et (soit dit sans fatuité) C'est moi qui n'ai pas voulu d'elle.

Mais Lisette m'a sans émoi Déclaré, dans une causette, Qu'elle ne voulait pas de moi, Et voilà justement pourquoi Je suis amoureux de Lisette.

L'Amour, en venant m'obséder, Rit de m'avoir fait cette niche:

Je lui suis, sans la posséder, Aussi fidèle qu'un caniche.

Vous savez qu'Alcibiade au sien Coupa l'appendice en trompette.

Hélas ! nuit et jour je sens bien Que, loin d'être comme ce chien, Je suis amoureux de Lisette.

Soleil, d'un trait plus diligent Darde tes rayons sur le globe ; Ciel, mets tes étoiles d'argent Pour broder l'azur de ta robe; Rossignols, merles et pinsons, Gazouillez avec la fauvette ; Roses, parfumez les buissons ; Chansonniers, faites des chansons Je suis amoureux de Lisette !

Air du vaudeville du Dîner de Garçon.

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