‹ La vie en chansonsChapitre 18 sur 97 · PREMIÈRE INFIDÉLITÉ A LISETTE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE INFIDÉLITÉ A LISETTE

Ma voisine a dix-huit printemps, Pourtant elle n'est plus novice.

Amour, je crois, depuis longtemps.

A dû la prendre à son service :

Car souvent, sans nul embarras, Folle et rieuse, elle m'invite A prendre un baiser au plus vite Sur le velouté de son bras.

Quand ma lèvre effleure sa peau.

Je sens monter à mon cerveau Une ineffable griserie; Puis, devenant malicieux, Mes yeux semblent dire à ses yeux Une grivoiserie.

Oser n'étant pas mon défaut,

Elle ajoute avec ironie :

» Vous pouvez embrasser plus haut,

» Allons! vous en mourrez d'envie. »

Comme un enfant qui fait joujou,

J'écarte un coin de mousseline

Et j'embrasse de la câline

La blanche épaule, un vrai bijou !

Quand ma lèvre effleure sa peau, Je sens monter à mon cerveau Une ineffable griserie; Puis, devenant malicieux, Mes yeux semblent dire à ses yeux Une grivoiserie.

Vous y prendriez goût pour sûr, Reprend mon aimable voisine, Et sa prunelle (un coin d'azur !) Me lance une œillade assassine.

Je me trouble, je deviens fou, M'enflammant comme un brin de paille, Je prends la belle par la taille, Je pose un baiser sur son cou.

Quand ma lèvre effleure sa peau, Je sens monter à mon cerveau Une ineffable griserie ; Puis, devenant malicieux, Mes yeux semblent dire à ses yeux Une grivoiserie.

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