MON PARENT LE CURE
Il est au tond de la Touraine Un curé, mon proche parent.
A la face rouge et sereine, Au large rire, au regard franc.
Quoiqu'il entre dans sa besogne De baptiser journellement, Jamais à Bordeaux ni Bourgogne Il ne donna ce sacrement.
Il vous offre après chaque prise Un doigt de son vin mordoré; Et, sans le vouloir, on se gris2 Avec mon parent le curé.
l52 LA VIE EN CHANSONS
A deux pas de son presbytère, Habite un vieux, chauve et cassé; Moderne bedeau de Cythère, Il se maria l'an passé.
Son épouse est jolie et jeune.
Comme chez lui tout est petit, Il lui fait subir un long jeûne, En excitant son appétit.
Je ne le crois pas sur parole, Mais le sacristain m'a juré Que la brunette s'en console Avec mon parent le curé.
Ne courtises-tu pas ma bonne ?
Me dit-il un soir en causant, Elle t'enjôle, la friponne, Avec son minois séduisant.
Tu vois ce que son œil réclame, Il suffit d'être assez adroit Pour aller au fond de son âme Dont le chemin est bien étroit.
Et depuis, en parlant de Lise, A qui je me suis déclaré, Je dis plus d'une gaillardise, Avec mon parent le curé.