MON PARENT LE CURE I
Certain soir, las de l'existence.
Parmi vingt flacons débouchés, Je voulus faire pénitence Et lui confesser mes péchés.
J'entrepris de les dire en ordre, J'eusse parlé pendant huit jours, S'il ne s'était mis à se tordre Au chapitre de mes amours.
Sa gaîté touchant au délire Secouait son bonnet carré.
J'ai cru que j'en mourrais de rire Avec mon parent le curé.
Je pense en voyant sa bedaine.
Qu'il a fait vœu de pauvreté; A chaque nouvelle fredaine.
Je constate sa chasteté.
— « Sans avoir la toute-puissance, « Je fais, dit-il, ce que je veux. »
Et cependant l'obéissance Est le troisième de ses vœux.
Je connais plus d'un prêtrophobe, Dont l'athéïsme est avéré, Qui voudrait être dans la robe De mon cher parent le curé.