‹ La vie en chansonsChapitre 71 sur 97 · EMBRASSONS-NOUS MON GENDRE · texte numérisé non relu

EMBRASSONS-NOUS MON GENDRE

LE BEAU-PERE

A seul' fin que j' t' en cont' trois mots,

Viens ici. bon à pendre.

Quand verrai-je cesser les maux

Que ta conduite engendre?

Contre moi tes tours clandestins

Excit' la populace, Tu s'ras cause, un d' ces quat' matins,

De la pert' de ma place.

LE GENDRE

De quoi, j' te conseill', vieux rasoir,

D'oser parler des autres, Tyran qui, du matin au soir.

Sur un billard te vautres.

Pour un homm' de ta condition,

C'est être assez volage, Tu vendrais la Constitution

Pour un carambolage.

LE BEAU-PERE

Quand j' donne, avec mon pauvre argent,

Un bal à l'Elysée, Toi qui t' prétends intelligent

Et d'un' natur rusée, Tu fais exprès de t' déhancher,

Pour échauffer ma bile; Tu t' crois toujours entrain d' guincher

Sous les palmiers d' Mabille.

LE GENDRE

Toi, tu vois la paill' du voisin

Quand dans l'oeil t'as un' poutre :

Au bal, t'as l'air d'un argousin

Enfermé dans une outre.

Malgré les partis déchaînés,

Moi, Y suis un honnête homme, Et tout' les fois qu' tu t' piques 1' nez,

Je n' vais pas Y dire à Rome.

LE BEAU-PERE

Tu t' conduis comme un vrai forban,

T'es caus' d'un tas d'histoires, Tu vends des mètres de ruban

A des prix dérisoires; Tu trafiqu' sur n'importe quoi,

Tu fais d' la politique En un mot, le Pays pour toi

N'est qu'un' vaste boutique.

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