SARCEY-JÉSUS-CHRIST
Le gros Sarcey dans la coulisse,
A la premier' de Germinal,
Dit à Zola : « Je rends justice
» A votre talent théâtral.
» La Terre est une œuvre classique.
» Débordant de verve et d'esprit.
» Fait's-en un opéra comique.
» J' vous chant' rai Y rôF de Jésus-Christ.
» — Çà pourrait bien être une affaire,
» Dit Emile, ouvrant des yeux ronds,
» Vous écririez la scène à faire,
» Et les couplets. Collaborons.
» Il faudrait que, pour une basse,
» En clé de fa ce fut écrit.
» Aurez-vous la voix assez... grasse
» Pour chanter Y rôl' de Jésus-Christ? »
» — Je le crois, reprit le critique, » Je vais vous pousser ma chanson. »
Ciel ! son organe... prophétique Fut plus aphone qu'un poisson.
Convulsant sa bouche fluette, De quelque façon qu'il s'y prît, Il mimait les airs de la Muette.
Mais ne chantait pas Jésus-Christ.
Pourpre sous sa noble calotte,
On vit soudain ce bon Sarcey
Porter les mains à sa culotte
Juste à l'endroit que chacun sait.
Vos moyens sont au d' sous d' la tâche,
Dit alors Zola qui sourit,
Vous venez de jouer relâche,
Non pas de chanter Jésus-Christ.
Lors, grave ainsi qu'un patriarche, F. Sarcey quitta l'écrivain.
D'autres ont refait sa démarche A Medan, mais ce fut en vain.
Bref, pour résoudre le problème, D'après ce que Busnach m'écrit, C'est Armand Sylvestre lui-même, Qui chant' ra Y rôT de Jésus-Christ.
Air : Les Anguilles et les Jeunes Filles.