‹ La vie en chansonsChapitre 74 sur 97 · SARCEY-JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

SARCEY-JÉSUS-CHRIST

Le gros Sarcey dans la coulisse,

A la premier' de Germinal,

Dit à Zola : « Je rends justice

» A votre talent théâtral.

» La Terre est une œuvre classique.

» Débordant de verve et d'esprit.

» Fait's-en un opéra comique.

» J' vous chant' rai Y rôF de Jésus-Christ.

» — Çà pourrait bien être une affaire,

» Dit Emile, ouvrant des yeux ronds,

» Vous écririez la scène à faire,

» Et les couplets. Collaborons.

» Il faudrait que, pour une basse,

» En clé de fa ce fut écrit.

» Aurez-vous la voix assez... grasse

» Pour chanter Y rôl' de Jésus-Christ? »

» — Je le crois, reprit le critique, » Je vais vous pousser ma chanson. »

Ciel ! son organe... prophétique Fut plus aphone qu'un poisson.

Convulsant sa bouche fluette, De quelque façon qu'il s'y prît, Il mimait les airs de la Muette.

Mais ne chantait pas Jésus-Christ.

Pourpre sous sa noble calotte,

On vit soudain ce bon Sarcey

Porter les mains à sa culotte

Juste à l'endroit que chacun sait.

Vos moyens sont au d' sous d' la tâche,

Dit alors Zola qui sourit,

Vous venez de jouer relâche,

Non pas de chanter Jésus-Christ.

Lors, grave ainsi qu'un patriarche, F. Sarcey quitta l'écrivain.

D'autres ont refait sa démarche A Medan, mais ce fut en vain.

Bref, pour résoudre le problème, D'après ce que Busnach m'écrit, C'est Armand Sylvestre lui-même, Qui chant' ra Y rôT de Jésus-Christ.

Air : Les Anguilles et les Jeunes Filles.

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