IDYLLE
Un jour, en traversant la plaine.
Avec la blonde Madeleine.
J'aperçus un petit cochon,
Eh ! digue don daine, eh ! digue don don. L*humble habitant de la campagne Avait près de lui sa compagne Qu*il frôlait d'un air folichon.
Eh ! digue don daine, eh ! digue don don.
Madeleine étant très timide,
Près d'eux passait d'un pas rapide,
Mais moi je lui dis : « Madelon!
Eh ! digue don daine, eh ! digue don don. « Contemple ce tableau champêtre; « Si tu crains de te compromettre, « N'ouvre qu'un œil. ouvre le bon,
Eh ! digue don daine, eh ! digue don don.
« Dans ce couple vois-tu, ma belle, « Le gros est une demoiselle, « Et le maigre un jeune garçon,
Eh ! digue don daine, eh ! digue don don. « Plus d"un amoureux qui soupire « Comme lui voudrait pouvoir dire « A fillette à l'œil polisson :
Eh ! digue don daine, eh ! digue don don. »
Madelon regarda, distraite.
Et fut tellement stupéfaite Qu'elle en lâcha son balluchon.
Eh! digue don daine, eh! digue don don. Puis, partit d'un éclat de rire :
Tableau qui ne peut se décrire; On ne voyait plus qu'un cochon,
Eh! digue don daine, eh ! digue don don.
Eh! dis-je, il n'est rien là d'étrange, Mais la fauvette, la mésange, Le chardonneret, le pinson.
Eh digue don daine, eh ! digue don don. Le coq à la crête éveillée, Les amoureux sous la feuillée, Tout chante la même chanson,
Eh ! digue don daine, eh ! digue don don.